Dragao à la Cité de l'Énergie: comme le feu et l'eau

Dragao met en vedette Amos Daragon (à gauche)... (PHOTO STÉPHANE LESSARD, LE NOUVELLISTE)

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Dragao met en vedette Amos Daragon (à gauche) et son compagnon de route, Béorf, mi-homme, mi-animal.

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Daniel Lemay
La Presse

Il est rare qu'une histoire porte comme titre le nom du méchant. Comme dans Dragao, le nouveau spectacle estival de la Cité de l'Énergie de Shawinigan, où un dragon à l'esprit mauvais menace d'étendre sa loi de feu à l'ensemble des territoires connus.

C'est sans compter sur Amos Daragon, le personnage créé par Bryan Perro, qui, pour la deuxième fois, met lui-même en scène son jeune héros dans un spectacle multimédia où se mélangent théâtre et arts du cirque, musique et technologie.

Mardi, 900 personnes emplissaient l'amphithéâtre tournant, couvert et chauffé, au pied de la tour de la Cité de l'Énergie qui, depuis Éclyps, sa première production, est toujours restée fidèle au conte fantastique... et à Bryan Perro, l'homme de lettres le plus célèbre de Shawinigan.

Nombre de ses concitoyens avaient profité de l'offre deux pour un de la première, sexagénaires sortis en quête de spectaculaire et de surprises ou partis en éclaireurs pour leurs petits-enfants, lecteurs d'Amos Daragon. Dragao est un spectacle intergénérationnel...

« Je n'ai jamais lu ça, mais je vais essayer de comprendre quand même », a lancé une dame à son groupe. Comprendre, suivre, placer l'action... Pas facile, dans ce spectacle, malgré l'aide contextuelle de Mastagane le Boueux, un druide qui fait « de l'humour de druide » avec la voix de Marcel Sabourin - comme dans le spectacle précédent, toutes les interventions sont préenregistrées.

Amos Daragon, explique en gros le boueux à la sacoche de hippie, n'est pas grand, mais il en a dedans: il est le maître des masques, en plus d'avoir été désigné par le grand livre des prophéties gardien de la paix universelle.

Mais voilà justement que s'avance vers le port le bateau pirate des vilains Bonnets Rouges, suppôts sautillants des forces du Mal. Après avoir lancé ses dizaines d'engins pyrotechniques - premier clou de la soirée -, l'ingénieux bâtiment accoste et Amos et ses amis masqués se voient engagés dans un long combat corps à corps contre les « Rouges » peut-être supérieurs en nombre.

La suite n'est qu'un prélude au retour du balancier: Amos avec son ami Béorf l'« homanimal » dont le ton nous ramène à La boîte à surprise, au début de la télévision canadienne; le duo en voyage dans un engin volant, ingénieux, certes, mais le spectateur aussi a hâte à l'atterrissage parce que l'effet s'émousse vite. Même chose pour le forgeron à tête de cheval qui aurait plus de punch dans un numéro musical avec le feu, le marteau et l'enclume.

Magicien des éléments, Amos Daragon prend par contre une sérieuse coche comme « maître des eaux » quand le destin le met en contact avec le water jet, système de propulsion aquatique au fort potentiel spectaculaire. L'acrobate plonge dans le Saint-Maurice tel un fou de Bassan pour en émerger 10 mètres plus loin en missile mer-air: très applaudi. Ce numéro, qui prendra de la force avec le temps, est le seul valable dans les séquences acrobatiques, où ni le cerceau ni le tissu n'ont de véritable effet sur les spectateurs.

De la concurrence

Parlant de cerceau, Dragao et Le monde est fou, avec la musique de Beau Dommage qui débutera le 15 à Trois-Rivières, sont offerts ensemble dans un forfait « Mauricie ». 

On ignore si Ginette va danser dans son cerceau à l'amphithéâtre Cogeco, mais une chose est certaine: face au spectacle du Cirque du Soleil, Shawinigan doit être content de pouvoir compter sur son dragon qui, tout méchant qu'il soit, s'avère une formidable présence scénique.

Les petits vont aimer. Dragao crache la boucane et pète le feu. Et il parle français, en plus!

C'est tout juste s'il ne se met pas à danser sur la musique de Jeannot Painchaud, dans le mille dans le numéro du squelette géant (beau travail dansant des marionnettistes) et dans la chorégraphie finale où spectateurs et artistes - une trentaine - célèbrent ensemble cette autre victoire de la Lumière sur les Ténèbres.

Dans la ville de l'électricité, personne ne s'attend à autre chose...

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À la Cité de l'Énergie de Shawinigan, du mardi au dimanche, jusqu'au 22 août.

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