Magie d'ombres... et autres tours: Philippe Beau sort de l'ombre!

Durant les 20 premières minutes du spectacle, Philippe Beau... (PHOTO CHRISTOPHE MANQUILLET, FOURNIE PAR LA TOHU)

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Durant les 20 premières minutes du spectacle, Philippe Beau nous donne un aperçu de son extraordinaire savoir-faire. Placées devant un projecteur, ses mains se transforment en oiseau, en orignal ou en lapin sur un immense écran placé au centre de la scène.

PHOTO CHRISTOPHE MANQUILLET, FOURNIE PAR LA TOHU

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Jean Siag

CRITIQUE

La Presse

Au commencement, il y eut les ombres, et puis les ombres devinrent magie. À force de magie et d'illusion apparut le cinéma. C'est ainsi qu'on pourrait résumer l'argument de ce très bel hommage de Philippe Beau au 7art. Un spectacle intimiste qui mêle habilement magie, jeux d'ombres, musique et cinéma.

Magie d'ombres... et autres tours emprunte une forme hybride qui n'a pas vraiment d'équivalent. Nous sommes ici en présence d'un artisan qui partage avec délicatesse et virtuosité cet art de l'ombromanie, à l'origine de la magie, qui consiste à faire des jeux d'ombres avec ses mains.

Durant les 20 premières minutes du spectacle, Philippe Beau nous donne un aperçu de son extraordinaire savoir-faire. Placées devant un projecteur, ses mains se transforment en oiseau, en orignal ou en lapin sur un immense écran placé au centre de la scène. On verra aussi un éléphant, une girafe, un chameau, alouette!

La magie des jeux de mains

Les formes animales cèdent le pas aux formes humaines. Ici un homme avec un cigare ou un chapeau, là une femme aux cheveux ondulés. Tout ça grâce aux mouvements de ses mains qu'on finit par ne plus du tout remarquer. Le tout porté par des musiques de film grandioses qui rythment ces petites histoires sans paroles.

Puis, Philippe Beau projette sur ce même écran des extraits de films réalisés au tournant du dernier siècle, dans lesquels la magie est particulièrement présente: Le roi des dollars par exemple, de Segundo de Chomón, ou Les cartes vivantes de George Méliès, tous deux sortis en 1905.

Après chaque extrait, le magicien prend le relais de l'ombromane pour faire écho à l'extrait qu'on vient de voir. Philippe Beau choisit un spectateur au hasard, l'invite sur scène et exécute ses tours de magie. Ici en faisant apparaître des pièces de monnaie, là en transformant des bouts de papier en billets de banque (le rêve!).

Le procédé est un peu répétitif, mais chaque fois le magicien capte notre attention. Car il est doué et déroutant ce Philippe Beau, qui collabore régulièrement avec Robert Lepage. Sa gestuelle est élégante, solennelle. Il n'y a absolument rien de tapageur dans ce spectacle. Son hommage au cinéma est fait avec beaucoup d'humilité.

D'autres extraits de films seront projetés. Le cirque de Charlie Chaplin, Pickpocket de Robert Bresson ou Judex, de Georges Franju, dans lequel l'acteur et magicien Channing Pollock transforme ses mouchoirs en colombes. Chaque fois, le lien entre la magie et le cinéma s'éclaircit, se raffermit.

Une finale réussie

La finale est particulièrement réussie, Philippe Beau s'amusant à faire apparaître des personnages épiques du cinéma en se contorsionnant les mains. On pourrait croire à un spectacle enfantin, mais l'univers de ce magicien est beaucoup plus complexe qu'on pourrait le croire. On sort de ce spectacle totalement bercé d'illusions. Ça fait du bien.

À la TOHU jusqu'au 6 avril.

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