Koalas: un fruit pas tout à fait mûr

Dans Koalas, Félix-Antoine Boutin dénonce un monde superficiel,... (Photo fournie par le Théâtre d'aujourd'hui)

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Dans Koalas, Félix-Antoine Boutin dénonce un monde superficiel, vide, sans émotion, «entre les clichés et le sauvage et magique», même si cela ne va pas plus loin.

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Mario Cloutier

Présentée au Théâtre d'Aujourd'hui, la pièce Koalas de Félix-Antoine Boutin parle d'indécision et de sexe, d'animaux et de fruits. On y décèle de belles choses, mais cette écriture jeune, parfois juvénile, n'est pas tout à fait mûre.

La beauté de la jeunesse, c'est de dire les choses franchement, de se sentir libre et de l'afficher, de déborder d'énergie, d'espoir et d'imaginaire.

Il y a de tout cela chez Félix-Antoine Boutin. Presque. L'espoir n'est pas tout à fait au rendez-vous. Il se dégage de sa pièce Koalas, qu'il a écrite et mise en scène, un humour noir, certes, mais aussi un parfum de cynisme frôlant parfois le mépris.

La pièce expose cinq membres de la classe moyenne souffrant de dépendance affective, pour ne pas dire sexuelle. Ils se montrent incapables de décider quoi que ce soit, sinon de baiser quand le désir finit par les submerger.

Ces personnages sans envergure parlent toujours au conditionnel. Ils s'expriment mal et font de la poésie avec les pires clichés amoureux. Ils survivent à la mort et tentent d'aimer tout aussi maladroitement.

On rit d'eux. On se rit d'eux, en fait, presque méchamment. De plus, le procédé s'avère éminemment répétitif et un peu vain. Surtout que ces dépendants non anonymes lisent souvent leur texte sur un bout de papier.

Félix-Antoine Boutin dénonce un monde superficiel, vide, sans émotion, «entre les clichés et le sauvage et magique», même si cela ne va pas plus loin. Il manque du «vécu» à ce monde déprimé et à son auteur, probablement.

BEAUCOUP AVEC PEU

Sinon, la troupe fait beaucoup avec des moyens limités. La direction d'acteurs est homogène, bien ancrée dans une gestuelle animalière, la scénographie et les costumes sont imaginatifs.

Les cinq comédiens portent avec courage ce texte en quête d'auteur. Ils jouent «distancié». Marie-Line Archambault, Philippe Boutin, Sébastien David, Daniel Desputeau et Julie Desrosiers ne sont pas les personnages, ils les montrent comme le veut la technique brechtienne.

On voit aussi que le jeune dramaturge connaît bien le théâtre de l'absurde et les grands personnages de tragédie. Mais cela confine sa pièce, encore une fois, davantage à un exercice de style qu'à une oeuvre véritablement aboutie.

À la salle Jean-Claude-Germain du Théâtre d'Aujourd'hui jusqu'au 25 octobre.

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