Jean-François Mercier: le gros cave 
n'a pas changé

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Que les fans de Jean-François Mercier et ceux qui le haïssent se rassurent: il n'a pas changé! Dans son deuxième spectacle solo, Subtil, sensible, touchant, dont c'était la première médiatique hier soir au Théâtre St-Denis, il y a toujours autant de crises de nerfs, de grossièretés et de moqueries...

Après Le show du gros cave, en 2006, l'humoriste voulait nous faire croire qu'il s'était assagi. Que nenni. L'humoriste de 47 ans est arrivé sur scène décontracté, en runnings et bermuda blancs, prétendant qu'il était devenu calme et posé pour préserver son coeur, mais son premier pétage de coche n'a pas tardé. Ni son langage ordurier qui a pour but de masquer sa grande sensibilité.

Il a commencé fort. Son numéro «Cruiser à l'épicerie» était fort drôle, avec des anecdotes malheureusement impossibles à raconter ici! Celui sur les céréales était plus léger. «Le capitaine Crunch est rendu avec un crochet, ses céréales sont tellement sucrées qu'il a pogné le diabète et on a dû l'amputer!»

Mais ensuite, il a été moins convaincant quand il a abordé le thème de la démocratie, un système qu'il a dit rejeter et un sujet où, justement, il aurait pu faire preuve de subtilité. Mais les arguments étaient plutôt terre à terre. «Au lieu de donner la job à celui qui a le plus de votes, pourquoi on la donne pas à celui qui est le plus compétent?» Et comme il ne fait pas dans la dentelle, il n'a surpris personne quand il a évoqué «un obèse morbide devenu ministre de la Santé»...

Quand il a raconté qu'il avait trouvé un téléphone cellulaire au gym, ça ressemblait sur l'échelle de la vulgarité à du Mike Ward... en moins percutant.

Son dernier numéro de la première partie aurait pu être plus efficace s'il avait moins crié. Il est encore revenu sur les critiques médiatiques négatives qu'il avait reçues pour son gala Juste pour rire de juillet 2013, des critiques qui l'avaient «blessé» et «humilié», a-t-il dit. Réagissant sur son blogue, des gens s'étaient moqués de lui, minimisant sa peine en la comparant à celle des enfants qui meurent de faim. Il profite donc de l'occasion pour planter les BS qui ne donnent pas de petit-déjeuner à leurs enfants... et qui font trop d'enfants. Mais c'était crié si fort qu'on n'a pas compris la chute...

De retour de l'entracte, il reprend avec une autre de ses grosses colères tout en glissant une anecdote sur sa jeunesse, un poème à une fille qui n'avait pas franchement fonctionné. Touchant.

Son segment sur la sécurité dans les aéroports n'était pas mal et on a bien ri quand il a critiqué les services à la clientèle des grands magasins qui ne sont plus ce qu'ils étaient.

Finalement, l'humoriste a livré un bon show qui a plu au public. Avec des textes revus par François Avard, il fait mouche la plupart du temps. Il a toujours cette façon unique de raconter et ses chutes sont extrêmement efficaces. Seul bémol, il n'y a pas de véritable surprise dans ce spectacle. Mercier est égal à lui-même.

En première partie, Katherine Levac, qui fait la tournée avec Mercier, a conquis la salle avec ses histoires savoureuses, coquines, bien écrites et faussement naïves. Et d'une subtilité ambiguë qui s'apparente à celle de Jean-François Mercier.

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Subtil, sensible, touchant de Jean-François Mercier est présenté ce soir, demain et samedi au Théâtre St-Denis, à 20 h.

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