Paramour: le Cirque ajuste le tir

Les artistes Martin Charrat, Myriam Deraiche et Samuel... (Photo Joan Marcus, Archives Associated Press)

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Les artistes Martin Charrat, Myriam Deraiche et Samuel William Charlton dans un numéro du spectacle Paramour du Cirque du Soleil

Photo Joan Marcus, Archives Associated Press

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Dans un geste qui a surpris le monde du spectacle à Broadway, le Cirque du Soleil a décidé de suspendre la présentation de sa nouvelle comédie musicale Paramour la semaine prochaine - entre le 22 et le 30 août - pour y apporter des changements. Au moins quatre représentations seront annulées, une pause inhabituelle qui pourrait être perçue négativement par le public new-yorkais.

Le producteur américain Scott Zeiger, à la tête de la division théâtrale du Cirque depuis janvier 2014, a indiqué que les changements visaient essentiellement à «étoffer les personnages» et à «revoir les séquences acrobatiques». Une décision motivée par les résultats d'un focus group et des commentaires formulés par le public.

Le spectacle mis en scène par Philippe Decouflé a été écorché par la critique new-yorkaise après la première du mois de mai dernier. The New York Times, qui a qualifié le spectacle de «frénétique et fastidieux», a notamment déploré la minceur du scénario - «un triangle amoureux convenu», selon Charles Isherwood, pour qui le scénario d'une actrice rêvant de devenir star fleurait «les boules à mites».

«Notre marque de commerce, c'est l'expression work in progress, s'est défendu le PDG du Cirque Daniel Lamarre. C'est dans notre ADN! Ça me fait sourire quand je vois le monde de Broadway s'émouvoir parce qu'on fait des changements. On fait toujours ça! Et si on fait ces changements, c'est qu'on pense à long terme. On est là pour rester.»

Plus de profondeur

Selon Scott Zeiger, les personnages de la pièce - dont l'auteur est inconnu - ont été étoffés de manière à leur donner plus de «profondeur». «L'histoire est demeurée la même, mais on a voulu donner plus de substance aux personnages, préciser leurs motivations, a-t-il ajouté. On veut que les spectateurs s'attachent aux personnages, ce qui n'était pas tout à fait le cas.»

D'un point de vue acrobatique, le Cirque a l'intention de mettre de l'avant ses artistes dans certaines scènes (notamment dans le numéro d'ouverture). Dans d'autres, il s'agit plutôt d'alléger des scènes où il y a «beaucoup trop de choses qui se passent en même temps». Enfin, le numéro de drones sera clarifié, «parce que certaines personnes croient qu'il s'agit de marionnettes tirées par des fils.»

«Plus de 85 % des spectacles de Broadway débutent à l'extérieur de New York. Nous, on a démarré notre show ici à froid, note Scott Zeiger. Ces changements sont normaux et l'équipe est très emballée à l'idée de les mettre en place.»

«En ce moment, il y a beaucoup de touristes et d'amateurs du Cirque qui viennent voir le spectacle, mais on veut qu'en septembre, les amateurs de théâtre musical viennent aussi voir le show en grand nombre.»

«S'il y a une erreur qui a été commise jusqu'à maintenant, c'est peut-être d'avoir voulu se positionner de façon exclusive comme un spectacle de Broadway, nous dit Daniel Lamarre. On est le Cirque du Soleil et les gens qui viennent pour le Cirque adorent le spectacle. C'est pour ça qu'on veut augmenter le facteur wow! Par le fait même, on en profite pour améliorer le contenu.»

Des recettes de 1 million par semaine

Paramour avait démarré le 16 avril dernier sur les chapeaux de roues. Deux semaines plus tôt, Scott Zeiger avait annoncé le renvoi d'une des vedettes du spectacle, le chanteur et acteur Bradley Dean. Selon lui, «la chimie avec le groupe et la dynamique sur scène n'étaient pas à la hauteur de [leurs] attentes». Il a été remplacé au pied levé par Jeremy Kushnier.

Malgré ces ratés et les critiques mitigées de la presse new-yorkaise, le spectacle a enregistré des recettes de 1,1 million à sa première semaine. Dans les semaines qui ont suivi, les revenus du box-office ont légèrement baissé, mais ils ont tout de même oscillé entre 950 000 $ et 1,3 million par semaine, selon Daniel Lamarre, qui croit que Paramour est «proche d'un énorme succès sur Broadway».

«J'accepte le principe que je ne plais pas et que je ne plairais peut-être jamais aux critiques de Broadway. Mais sincèrement, je n'en ai rien à cirer. C'est sûr qu'on est un nouveau joueur qui dérange. Ce qui est important pour moi, c'est le public et à ce jour, la réponse du public en terme de vente de billets nous place déjà parmi les leaders sur Broadway. Je ne pars pas d'un échec, mais je veux un succès total et on est juste pas encore là tout à fait.»

Scott Zeiger, toujours l'homme fort

Daniel Lamarre a réitéré hier sa confiance en Scott Zeiger, qui demeure selon lui l'homme fort du Cirque à New York.

«C'est lui qui a piloté le partenariat avec la NFL - qui donnera une tribune au Cirque pour créer une expérience interactive et immersive sur Times Square [à partir de novembre 2017], insiste Daniel Lamarre. C'est pour nous un projet majeur. On va aussi annoncer un nouveau projet au New Jersey qu'il a mené. Dans ce contexte, oui, Scott est toujours pour nous l'homme de la situation.»

Le spectacle entièrement remanié du Cirque reprendra l'affiche du Lyric Theatre de New York, une salle de plus de 1800 sièges, le 31 août.

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