Flip Fabrique: un dernier slow à six!

Présenté à la TOHU dans le cadre de... (Photo Norbi Whitney, fournie par Montréal complètement cirque)

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Présenté à la TOHU dans le cadre de Montréal complètement cirque, Transit pourrait être le dernier spectacle réunissant les six membres fondateurs de la troupe Flip Fabrique.

Photo Norbi Whitney, fournie par Montréal complètement cirque

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Le collectif de Québec Flip Fabrique ouvre le festival Montréal complètement cirque le 7 juillet avec sa nouvelle création, Transit, qui pourrait être la dernière création réunissant ses six cofondateurs. La Presse a rencontré les circassiens à Vaudreuil-Dorion dans le cadre du festival international de cirque de la région.

« Si on sait qu'on mange une pomme pour la dernière fois, on ne va pas la manger de la même manière, se plaît à dire le directeur artistique de Flip Fabrique, Bruno Gagnon. Si on sait que c'est peut-être notre dernier spectacle, on va le vivre vraiment différemment et plus intensément. »

Les six membres de Flip Fabrique croquent des pommes ensemble depuis déjà cinq ans. Leur première création, Attrape-moi (2012), a été jouée plus de 400 fois en Amérique du Nord et en Europe. Crépuscule a suivi l'été dernier à Québec, attirant plus de 118 000 personnes.

Malgré la vigueur de ses acrobates, le nouveau spectacle de tournée de Flip pourrait bien être le dernier où ils partagent la scène.

«Transit parle de tournées, de déplacements, mais aussi des changements inévitables dans la vie d'un artiste de cirque», nous dit le metteur en scène Alexandre Fecteau, bien connu dans le milieu théâtral pour sa pièce The No Show.

«C'est un spectacle qui parle du jour où on doit quitter la scène ou revoir notre façon de faire ce métier-là.»

«Les artistes de Flip Fabrique envisagent le moment où ils seront à la croisée des chemins, poursuit-il. J'ai pris le temps de discuter avec chacun d'eux et je peux vous dire que cette réflexion-là, ils l'ont amorcée il y a longtemps.»

Des idées à réaliser

On le sait, une carrière d'acrobate dure en moyenne 15 ans. Les artistes de Flip Fabrique roulent leur bosse depuis plus de 10 ans. Le directeur artistique Bruno Gagnon a maintenant un bébé de 9 mois. L'aîné du groupe, Francis Julien, aura bientôt 35 ans.

«Il y a un certain tabou quand on parle de la carrière de cirque parce que c'est très éphémère, croit Bruno Gagnon. On peut être au sommet de notre art à 25 ou 30 ans, mais, à moment donné, on se rend compte qu'on a plusieurs milliers de spectacles derrière la cravate. Que les choses, forcément, évolueront différemment.»

Pour écrire le scénario de Transit, les six amis de Québec se sont mis à fantasmer sur ce qu'ils n'avaient encore jamais fait sur scène.

«On a discuté de tout ce qu'on n'avait pas eu l'occasion de faire depuis 10 ans, détaille Bruno Gagnon. Par exemple, moi, j'ai toujours voulu faire un numéro avec des diabolos géants, Francis, lui, rêvait de faire du trampomur, et Hugo voulait faire un numéro de sangles dans un déguisement de "gros monsieur". Dans Transit, on retrouvera tous ces numéros.»

Québec, Édimbourg, le monde

Comme le Cirque Éloize et Les 7 doigts avant eux, les membres de Flip Fabrique songent déjà à poursuivre l'aventure collective sans être les vedettes de leurs spectacles.

«Chaque membre de Flip Fabrique est appelé à être plus qu'un artiste, insiste Bruno Gagnon. On conçoit des spectacles, on fait des brainstorms, on passe des auditions, on a des idées acrobatiques, on coache, on est déjà dans cet engrenage-là où on n'est plus uniquement des artistes sur scène.»

En attendant, Flip Fabrique a du pain sur la planche: après sa série de spectacles à Montréal, la troupe présentera le deuxième chapitre de Crépuscule à Québec. En août, Attrape-moi sera présenté au festival d'Édimbourg, et Flip partira en tournée avec Transit à l'automne, qu'il présentera en alternance avec Attrape-moi.

«Flip Fabrique est une compagnie qui va grandir encore pendant de nombreuses années, croit Bruno Gagnon. On est un tronc d'arbre très solide, dont les branches poussent et poussent...» Parlons de pommiers, et de pommes accrochées à ces branches, qu'ils continueront sans doute de manger, même s'il s'agit d'une autre variété...

À la TOHU du 7 au 17 juillet

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Quatre autres spectacles à découvrir

The Elephant in the Room du Cirque Le Roux

Du 8 au 13 juillet au Théâtre Outremont

Intrigante proposition que celle de cette troupe française qui offre un mélange de burlesque, de film noir hollywoodien et d'acrobatie. On retrouve donc le mari, le valet, l'amant et Miss Betty dans le salon de cette dernière, en 1937, dans une ambiance élégante où on devine que les chassés-croisés seront nombreux. Mais le niveau de difficulté des acrobaties risque d'être tout aussi élevé, puisque les quatre membres de la troupe - dont trois ont été formés à l'École nationale de cirque de Montréal - ont travaillé entre autres sur Broadway dans le spectacle Pippin.

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Knee Deep de Casus Circus

Du 13 au 17 juillet à l'Espace Go

Que serait Montréal complètement cirque sans une troupe australienne? Cette année, c'est Casus Circus qu'on aura la chance de découvrir. Quatre acrobates au sommet de leur art, absence de décor, désir de toujours repousser les limites, on reconnaît le côté brut des spectacles en provenance de l'Australie - souvenons-nous du formidable A Simple Space, il y a deux ans. Une performance qui devrait nous garder sur le bout de notre siège pendant une heure de sensations fortes, c'est quasi garanti. 

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4 x 4 Ephemeral Architectures de Gandini Juggling

Du 14 au 17 juillet au Théâtre Outremont

On avait découvert cette troupe britannique il y a trois ans avec l'étrange Smashed, qui se terminait littéralement dans la compote. Après avoir jonglé avec des pommes, la bande menée par l'ineffable Sean Gandini est de retour avec un nouveau mariage inusité, qui allie cette fois jonglerie et ballet classique. On peut bien sûr s'attendre à une chorégraphie aussi précise qu'élégante réalisée par de véritables virtuoses de leur art. Mais cet univers flegmatique et parfois déconcertant peut en déstabiliser quelques-uns. Pour public averti.

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Fracas

Du 7 au 17 juillet à la place Émilie-Gamelin

C'est devenu une tradition: chaque année, le festival présente un spectacle gratuit, deux fois par soir, sur la place Émilie-Gamelin pendant toute la durée de l'événement. L'incontournable Anthony Venisse assure encore cette année la mise en scène de cette production qui réunit des dizaines d'acrobates, tant dans les airs qu'au sol, sur une musique originale de Félix Boisvert. Un beau moment de communion sous le ciel montréalais, qui débute chaque fois avec les Minutes complètement cirque, spectacles déambulatoires qui parcourent le Quartier latin.

- Josée Lapointe, La Presse

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