Les étinceleurs: un sentiment d'inachevé

Les prestations des finissants ne sont pas toujours... (PHOTO ROLANT LORENTE, FOURNIE PAR LA TOHU)

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Les prestations des finissants ne sont pas toujours parfaitement mises en valeur par dans cet univers gothique peuplé de monstres bizarres.

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Josée Lapointe

Premier des deux spectacles de finissants à avoir été présenté cette semaine, Les étinceleurs est visuellement très réussi, avec ses costumes tout en noir ou blanc et leurs quelques touches de rouge, et son dépouillement assumé - aucun décor, hormis un trou dans le coin avant gauche de la scène d'où tout peut sortir...

Pour lier le spectacle, des cubes partout, tels un jeu géant qui sert à construire le monde, et une voix d'enfant posant des questions sur le sens de la vie. Et comme la metteure en scène Johanne Madore (Carbone 14, Ex-Machina, Cirque Éloize) aime cultiver l'étrangeté et le mélange des genres, on retrouve aussi - entre autres ! - dans Les étinceleurs un échassier dont la tête est recouverte d'une boîte de carton, des ambiances japonisantes, des princesses démoniaques et des airs de Casse-Noisette en techno.

Il y a de nombreuses bonnes idées dans ce spectacle, comme cette cape nouée à la taille et attachée aux jambes de Benjamin Courtenay aux sangles aériennes, qui, lorsqu'elle se déploie, fait un bruit sec et lui donne des airs de chauve-souris. Ou les longues griffes rouges des acrobates réunis autour de Nicole Faubert pendant son numéro d'équilibre, dans une imagerie très « Marie Chouinard ».

Mais les prestations des finissants ne sont pas toujours parfaitement mises en valeur par dans cet univers gothique peuplé de monstres bizarres. Et en créant ce monde assez sombre - Johanne Madore n'a gardé de l'enfance, finalement, que les peurs et les interrogations métaphysiques -, la metteure en scène semble avoir bridé l'énergie de ces jeunes qui, en cette fin de parcours, auraient bien eu le droit de s'éclater un peu plus.

Résultat : le spectacle compte peu de numéros de groupe, et, même si la première chorégraphie commune, proche de la danse contemporaine, est franchement réussie, il nous a manqué de ces moments d'acrobaties au sol un peu échevelés où tout le monde saute et court en même temps.

Impression d'inachevé

Cela ne serait pas si grave si l'alternative - des enchaînements souvent faits de prestations à peine amorcées - ne venaient pas détourner notre attention des « vrais » numéros et créer de la confusion. En ce sens, on peut s'interroger aussi sur le choix de la metteure en scène de faire partager la scène au funambule Patrick Tobin avec un étudiant plus jeune, quand on sait que cette discipline est si exigeante et difficile à maîtriser. L'un a surtout semblé nuire à l'autre, dans ce cas-ci.

Même problème dans le numéro de duo de main à main en monocycle de Ronan Duée et Dorian Lechaux, au demeurant fort charmant et bien exécuté, mais auquel l'ajout d'un acolyte en planche à roulettes n'a rien apporté, bien au contraire.

Tout cela a donné en fait une impression d'inachevé à plusieurs numéros, et un spectacle languissant et un peu long. Mais malgré le trac de la première mardi soir, certains acrobates ont quand même réussi à faire émerger leur grand talent. Notons Arthur Morel Van-Hyfte au trapèze danse, dont les contorsions sont fabuleuses, Marilou Verschelden à la roue allemande, fluide dans cette discipline toujours spectaculaire, et Guillaume Paquin à la corde lisse, dans un numéro final qui devrait lui ouvrir toutes les portes.

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