Opus: faire corps avec la musique

Dans Opus, les musiciens du quatuor Debussy partagent... (Photo: Justin Nicholas, fournie par Circa)

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Dans Opus, les musiciens du quatuor Debussy partagent la scène avec les danseurs-acrobates de Circa, une première pour la troupe australienne.

Photo: Justin Nicholas, fournie par Circa

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La troupe de cirque australienne Circa a pris l'habitude de venir à Montréal au moins une fois par année depuis cinq ans (S, Circa, Wunderkammer...). Cette fois, elle débarque à la TOHU avec son plus récent spectacle: Opus, créé l'an dernier à Lyon. Une fresque musico-acrobatique pour 14 interprètes... et un quatuor à cordes.

Le directeur artistique de Circa a beau diriger l'une des troupes de danseurs-acrobates les plus remarquables et les plus singulières de la scène contemporaine, quand il s'apprête à jouer à Montréal, il devient très, très nerveux...

«C'est passionnant et terrifiant de jouer à Montréal, j'adore ça et je déteste ça!, nous a confié Yaron Lifschitz dans une entrevue téléphonique. Montréal est une capitale de cirque, nous avons beaucoup d'amis et de collègues chez vous, et la TOHU, qui est un peu comme notre maison artistique, est un lieu quand même assez grand, qui pose des défis à notre troupe, donc, tout le monde est assez nerveux en ce moment.»

La signature artistique de Circa est assez distinctive: ses pièces ne sont absolument pas narratives. On est loin de l'approche théâtrale d'une troupe comme Les 7 doigts de la main, par exemple. Il y a également peu ou pas d'appareils de cirque. L'accent est vraiment mis sur l'interaction des corps en mouvement. Puissants, toujours poussés à leur extrême limite, mais aussi vulnérables.

Bref, nous sommes ici beaucoup plus proches de l'univers de la danse contemporaine performative. Avec une touche d'humour toujours présente.

Inspirant Chostakovitch

La musique, elle, est au coeur de la démarche artistique de Circa. Mais au lieu de l'éclectisme musical habituel, la troupe de Yaron Lifschitz a construit Opus exclusivement à partir des quatuors de Dimitri Chostakovitch. Les Australiens ont ainsi fait appel au quatuor à cordes Debussy, de Lyon, pour leur donner la mesure.

«La musique de Chostakovitch est très puissante, très intense et très précise, note le directeur artistique de Circa. Elle commande des mouvements tout aussi précis de la part de nos interprètes. C'est un spectacle qui nous laisse moins de place à l'improvisation. On l'a vraiment structuré en fonction de la partition musicale. C'est une pièce acrobatique avec une architecture musicale.»

Les numéros acrobatiques et les chorégraphies de groupe - essentiellement des numéros au sol, mais aussi quelques numéros aériens - s'arrimeront aux pièces interprétées par ce réputé quatuor à cordes (deux violons, un alto et un violoncelle), notamment les quatuors à cordes no 5, no 11, ainsi que le célèbre no 8, le plus connu du compositeur russe.

«Chostakovitch était assez réactionnaire face au stalinisme, note Yaron Lifschitz. Il a souvent été mis au ban par le régime soviétique. Contrairement aux symphonies ou aux opéras, ses quatuors lui ont permis de travailler sur des pièces plus personnelles, qui traitent d'une certaine manière de la place de l'individu dans le groupe. Nous nous sommes inspirés de ces thèmes pour construire notre spectacle.»

Les musiciens du quatuor Debussy partageront ainsi la scène avec les 14 danseurs-acrobates de Circa, une première pour la troupe australienne.

«Ç'a été une expérience très intéressante, nous a dit encore Yaron Lifschitz, parce qu'il a fallu que chacun trouve sa place sur scène. En plus, les musiciens du quatuor jouent avec des instruments qui datent du XVIIe siècle, donc il a fallu faire très attention. On n'a pas pris de chance, en fait, pendant les répétitions, ils ont joué avec des instruments fabriqués en Chine...»

La musique de Chostakovitch ne doit pas être prise à la légère, estime Yaron Lifschitz. «Je trouve que c'est une belle façon de le découvrir. On a tenté de créer un lien artistique avec cette musique magnifique qui va nous survivre... C'est vrai que ça peut être intense et dramatique, mais je crois qu'il y a aussi de la joie dans ses pièces. En tout cas, la musique et le cirque charrient ensemble des émotions très fortes.»

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À la TOHU du 20 au 26 novembre.

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