Cuisine et confessions: une recette gagnante

Encore une fois, les concepteurs et metteurs en... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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Encore une fois, les concepteurs et metteurs en scène ont réussi à créer une synergie entre des artistes d'horizons différents; leur plaisir de jouer ensemble est évident et contagieux.

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C'est le défi de chacun des spectacles des 7 doigts de la main: trouver le bon dosage de théâtralité et de cirque. De fougue, de sensualité et d'humour. En se dévoilant juste ce qu'il faut, souvent à partir de récits autobiographiques, pour créer un lien d'intimité avec le spectateur.

Avec Cuisine et confessions, les neuf interprètes des 7 doigts nous offrent un heureux mélange de tous ces éléments en se révélant à nous à travers leurs souvenirs de cuisine. Des souvenirs qui correspondent chaque fois à des tranches de vie, des émotions anciennes, comme les fameuses madeleines de Proust, qui faisaient remonter des moments oubliés du passé.

Numéros acrobatiques originaux

Oui, certaines «confessions» sont un peu longuettes et certaines scènes malhabiles, comme ce cours de cuisine, qui détourne momentanément le spectacle. Le risque de «surthéâtraliser» est aussi toujours présent. Mais dans l'ensemble, les 7 doigts parviennent à créer des numéros acrobatiques originaux inspirés de ces bribes d'histoires.

Le tableau d'ouverture est un condensé de ces petites confidences de cuisine ponctuées de numéros acrobatiques réalisés dans cette cuisine modulaire géniale. On comprend vite que les neuf artistes polyglottes - ils sont québécois, américains, argentins et russes - sont les ingrédients mêmes de ce spectacle. Le secret de la sauce, c'est eux.

Le numéro d'anneaux chinois (hoop diving) dans des cadres en bois est l'un des moments forts de Cuisine et confessions. Sidney Iking Bateman et Melvin Diggs, deux Américains à peine sortis de l'École nationale de cirque le printemps dernier, sont magnétiques. Bateman, véritable bête de scène, brillera d'ailleurs dans un autre numéro de danse acrobatique et diabolo (cette petite toupie manipulée avec une corde). Le numéro de tissu aérien d'Anna Kichtchenko, interprété pendant qu'on entend la recette de bortsch de son enfance, est lui aussi digne de mention.

Une belle synergie

Encore une fois, les concepteurs et metteurs en scène Shana Carroll et Sébastien Soldevila ont réussi à créer une synergie entre des artistes d'horizons différents; leur plaisir de jouer ensemble est évident et contagieux.

Les meilleurs moments sont ceux où justement le groupe s'anime dans de brillantes chorégraphies mêlant habilement danse et cirque - avec des numéros de main à main, de banquine et d'acrobaties au sol. On a beau dire, on a beau faire, c'est lorsqu'ils sont en mouvement que les 7 doigts sont à leur meilleur.

Dans un numéro extrêmement émouvant, toutefois, l'acrobate d'origine argentine, Matias Plaul parle de l'arrestation et de la disparition de son père en Argentine, tout en faisant un numéro au mât chinois. La voix haletante. Sans musique. Poignant.

Un numéro prometteur

Enfin, le numéro de jeux icariens (où un porteur couché sur le dos se sert de ses jambes pour projeter et rattraper un voltigeur) - une des disciplines de cirque les plus difficiles - n'était pas tout à fait au point. Exécuté sur une adaptation espagnole du Bolero de Ravel le numéro prometteur se raffinera assurément avec le temps.

Cuisine et confessions devrait commencer sa vie de tournée après la TOHU. Une recette gagnante qu'il faudra sans doute adapter aux goûts de chacun. Avec l'objectif de resserrer un peu les «confessions» pour qu'elles demeurent digestes.

À la TOHU jusqu'au 16 novembre

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