Pique et Coeur à la TOHU: la station orbitale de Lepage

Robert Lepage a choisi un groupe d'acteurs (québécois,... (Photo André Pichette, La Presse)

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Robert Lepage a choisi un groupe d'acteurs (québécois, espagnols, anglais, allemand, etc.) qui a participé à la création de Pique et de Coeur, en improvisant sur le thème des jeux de cartes.

Photo André Pichette, La Presse

La rareté de ses rencontres avec les médias en fait un événement. Robert Lepage s'est adressé hier aux journalistes montréalais pour parler des deux premiers volets de sa tétralogie baptisée Jeux de cartes - Pique et Coeur, qui seront présentés coup sur coup à la TOHU à partir du 14 janvier.

C'est le conseiller dramaturgique du Centre des auteurs dramatiques (CEAD), Paul Lefebvre, qui a animé la discussion publique avec Robert Lepage, hier matin. Le fondateur d'Ex Machina a parlé de la naissance de ce projet théâtral ambitieux commandité, entre autres, par le Cirque du Soleil.

Pourtant, Pique et Coeur n'ont rien à voir avec le cirque, si l'on excepte la performance sportive des six acteurs. On parle plutôt d'un retour au théâtre pour Lepage, qui a passé le plus clair de son temps ces dernières années à travailler sur les opéras Le Ring de Wagner et Tempest, inspiré de la pièce de Shakespeare.

Comme à son habitude, Robert Lepage a formé un groupe d'acteurs (québécois, espagnols, anglais, allemand, etc.) qui a participé à l'écriture de Pique et de Coeur en improvisant sur le thème des jeux de cartes. «Les cartes contiennent une dimension que je ne connaissais pas, a admis Lepage en conférence. Je voulais explorer toute la symbolique de ces jeux.»

«C'est un grand projet, explique Robert Lepage. On s'est rendu compte en travaillant sur les jeux de cartes que nécessairement ça nous amenait dans le monde arabe. Jeux de cartes nous parle donc de notre relation avec ce peuple dont on a hérité beaucoup de choses. Nous utilisons au-delà de 2000 mots arabes, parmi lesquels «hasard» et «alcool».»

SCÈNE CIRCULAIRE

La caractéristique principale de ces deux pièces de théâtre? Elles seront toutes deux présentées sur la scène circulaire de la TOHU, avec des gradins disposés pour la première fois à 360 degrés, à la manière d'un «forum». Une configuration qui permettra d'accueillir 1100 spectateurs.

Comme on pouvait s'y attendre, le dispositif scénique créé par Lepage y est impressionnant. Il a fallu trois jours pour le mettre en place.

Le principal défi, selon Robert Lepage, a été de «réinventer les coulisses». D'où la scène surélevée d'un mètre, sous laquelle seront cachés les acteurs, qui surgiront par l'une des 36 trappes dissimulées sur la scène pivotante. Un immense plafonnier mobile servira aussi à faire apparaître des éléments de décor.

«C'est vraiment comme une station orbitale», a indiqué Robert Lepage. Les techniciens et les acteurs y fourmillent à l'intérieur, selon lui. «Chacun a son compartiment.»

PIQUE

«Dans la suite, on commence toujours par pique, qu'on appelait anciennement «épée», commence par dire Robert Lepage. C'était une catégorie liée au militaire. Coeur (anciennement appelé «coupe») évoque la superstition et la magie. On y parle aussi de hasard et de bonne fortune.»

Pique, qui a été créée à Madrid en mai 2012, se passe donc à Las Vegas sur fond de guerre en Irak.

«Au printemps 2003, la fin de semaine où Bush a décidé de bombarder Bagdad, je me trouvais à Las Vegas avec le Cirque du Soleil (sur ), raconte Lepage. Toute la mythologie «las vegasienne» est arabe (l'Aladdin, l'Oasis, le Mirage, le Luxor). Et curieusement, à ce moment-là, le monde arabe commençait à s'enflammer.»

«Non loin de Las Vegas, il y avait un village dans le Nevada où se trouvait une base militaire américaine. Essentiellement, les alliés s'y entraînaient pour casser la gueule aux Arabes. Il y avait des acteurs d'Hollywood, des figurants et ils avaient recréé des villages irakiens. Il y avait tout ça, cette fin de semaine-là...»

C'est ce qui a servi de matière première à Pique, un spectacle de 2 h 30 où l'on entendra parler français, anglais, espagnol et arabe.

COEUR

Coeur, qui vient tout juste d'être créée en Allemagne, évoque le système des croyances et des religions. L'action se passe entre autres à Québec. On y suivra l'histoire d'une jeune femme (fille d'un diplomate australien) qui tombe amoureuse du fils d'un chauffeur de taxi maghrébin. Sept acteurs figurent au générique.

On y évoquera aussi le passage du magicien Jean-Eugène Robert-Houdin en Algérie coloniale.

Trèfle et Carreau (qui ne sont pas encore créées), qui évoquent respectivement les révoltes populaires (comme le Printemps arabe) et le monde des affaires, suivront. Elles seront interprétées par les acteurs de Pique et Coeur, qui seront «brassés et divisés en deux groupes».

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Pique sera présenté à partir du 14 janvier à la TOHU. Tandis que Coeur sera présenté à partir du 30 janvier. Tous les détails sur www.tohu.ca




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