Théâtre Gilles-Vigneault: un écrin où tout est encore à faire

«Tous les spectacles ou presque sont des occasions... (PHOTO MARCO CAMPANOZZI, LA PRESSE)

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«Tous les spectacles ou presque sont des occasions pour les gens de se distraire de la routine du jour et de la fatigue aussi», dit Gilles Vigneault.

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Quand on lui a fait part du projet de nommer un théâtre en son nom rue de la Gare, à Saint-Jérôme, Gilles Vigneault n'a pas hésité longtemps.

«J'ai dit oui tout de suite. Avoir son nom sur un véhicule de transmission, c'est aussi honorable que de l'avoir sur une compagnie, l'un ne déparant pas l'autre. Alors j'ai accepté, je ne dirai pas humblement, mais je devrais», ajoute en riant l'artiste vigoureux dont on ne devinerait jamais qu'il vient de fêter ses 89 ans le mois dernier.

L'important pour lui, nous a-t-il expliqué il y a quelques semaines dans son atelier à Saint-Placide, c'était qu'on donne son nom à une cause qui lui ressemble, un théâtre où l'on présenterait tous les genres de spectacles.

«Tous les spectacles ou presque sont des occasions pour les gens de se distraire de la routine du jour et de la fatigue aussi, dit-il. Quand ça ne sert qu'à ça, c'est encore bon. Quand ça sert à leur apprendre des choses sur leur propre vie et sur la vie des autres ailleurs et quand ça sert à déjouer la peur qu'on a de l'autre, là, ça vaut la peine. L'art, tous les arts sont propices à ça.»

La plus grande salle des Laurentides

Conçu par l'équipe d'architecture Atelier TAG+ Jodoin Lamarre Pratte, le Théâtre Gilles-Vigneault sera, avec ses 860 sièges, la plus grande salle de spectacle des Laurentides. Gilles Vigneault y voit surtout un lieu où tout est encore à faire.

«La boîte est faite - et je dis le mot boîte avec un grand respect -, le véhicule est fait, mais personne n'est embarqué dedans encore. C'est comme ces écrins qu'on prépare avec grand soin pour offrir un bijou. Il arrive que l'écrin vaille autant que le bijou, et plus des fois, mais il faut faire l'écrin de façon à ce que le bijou ressorte encore plus rare, plus beau, plus... coûteux.»

«C'est appelé à transporter du bonheur, de la tristesse, des émotions, des sentiments, des fois de la peur mais aussi rarement que possible [rires], de la bienveillance, de l'amour. C'est appelé à jouer avec tout ça, avec les sentiments et les émotions du peuple. Et ça, c'est très précieux.»

Précieux comme le souvenir qu'il a conservé de sa présence sur scène dans une salle comme le Bobino parisien.

«Ça me rappelle toujours ces vieilles salles où il y a eu des émotions, des applaudissements, des cris, des critiques, des hourras, des bravi de semés dans la salle et dont les murs se sont imprégnés, lance-t-il. C'était très émouvant de se retrouver à chanter La danse à Saint-Dilon ou Quand vous mourrez de nos amours dans un endroit où Trenet avait chanté, la Piaf avait chanté et puis Brassens, Catherine Sauvage, Brel, Béart, Félix, etc. Comme dans tout métier, quand on est en place, on sent des choses que ceux qui ne sont pas du métier ne sentent pas. C'est normal.»

Cela dit, Gilles Vigneault ne s'attendait pas du tout à ce qu'on nomme un théâtre en son nom. Dans son Natashquan natal, la petite boîte de spectacle se nomme L'Échouerie et c'est fort bien ainsi, dit-il.

«Ça n'avait pas d'importance que ça porte le nom de Gilles Vigneault, il n'y a pas de rue Gilles-Vigneault à Natashquan, il n'y a pas de statue. Et ça presse pas. On va vivre avant, lance-t-il en pouffant de rire. Mais puisqu'il est question de se vanter, j'ai deux écoles qui portent mon nom: une à Montréal, avenue de Poutrincourt, et une à Marseille. Ça fait plaisir. Sur la Côte-Nord, il y a une école qui s'appelle La Manikoutai. Un jour, sur le lac Léman, j'ai vu un bateau qui s'appelait La Manikoutai et j'en ai vu d'autres qui s'appelaient Natashquan ailleurs. Mais ça, c'est la rigolade ordinaire.»

Un homme actif

Ces jours-ci, Gilles Vigneault profite de vacances au Mexique, où il a ses habitudes. Après les Fêtes, il animera à Saint-Placide l'atelier d'écriture de chansons pour auteurs-compositeurs professionnels qu'il a créé en 2010 puis, au printemps, il recommencera à donner ses spectacles Parole et musiques, dont la formule lui plaît beaucoup parce qu'elle repose sur un échange avec le public.

Gilles Vigneault a également dans ses cartons pas moins de sept chansons inédites qui paraîtront un jour sur un nouvel album. Mais rien ne presse, ajoute-t-il.

Entre-temps, le public pourra visiter le Théâtre Gilles-Vigneault à l'occasion d'une activité portes ouvertes les 25 et 26 novembre. C'est Claude Dubois qui y donnera le premier spectacle, à guichets fermés, le 29 novembre, mais la soirée inaugurale officielle n'aura lieu que le 18 janvier 2018 alors que l'Orchestre symphonique de Laval s'y produira en concert.

Le 28 mai prochain, la soirée-bénéfice de la Fondation En Scène, mise sur pied par le diffuseur du même nom qui est le maître d'oeuvre, gestionnaire et propriétaire du théâtre, consistera en un spectacle hommage à Gilles Vigneault, mais, à ce jour, la présence de M. Vigneault n'a pas été confirmée.

«Je vais dire une drôle de chose: ça n'est pas inopportun que la salle soit inaugurée sans que je sois là, dit-il. Elle sera inaugurée par moi quand j'irai, mais ça n'est pas nécessaire. L'important, c'est qu'il y ait là un véhicule et que beaucoup de monde embarque dedans pour aller vers les contrées du rêve.»




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