Rêveurs définitifs: la magie nouvelle déferle sur Montréal

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Mouvement dont seule une centaine d'artistes se revendiquent dans le monde, la «magie nouvelle» sera plus populaire que jamais à Montréal au cours des prochains mois grâce à Raphaël Navarro. De passage en ville pour présenter son spectacle Rêveurs définitifs, dont Patrick Watson interprétera la trame sonore, le cofondateur de la magie nouvelle mettra également en scène un nouveau spectacle du Cirque du Soleil ainsi qu'une version novatrice de Faust pour la Comédie-Française, présentée à Paris l'automne prochain, puis à Montréal.

Raphaël Navarro présentera son spectacle de nouvelle magie... (PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE) - image 1.0

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Raphaël Navarro présentera son spectacle de nouvelle magie Rêveurs définitifs au Théâtre St-Denis dès le 29 juin.

PHOTO SIMON GIROUX, LA PRESSE

Fruit du mariage entre la magie traditionnelle et d'autres formes d'art comme le cirque, la danse, la musique ou les arts plastiques, la «magie nouvelle» est un mouvement lancé en France par Clément Debailleul, Valentine Losseau et Raphaël Navarro au début des années 2000. Avec la Cie 14:20, le trio a créé de nombreux spectacles, mais sa popularité a atteint son paroxysme l'été dernier alors qu'il a présenté Nous, rêveurs définitifs, une commande du Théâtre du Rond-Point pour clore sa saison.

«On est partis de l'idée de faire un cabaret magique qui réunirait les acteurs les plus importants de la magie nouvelle dans un même spectacle. On a eu plusieurs demandes par la suite pour partir en tournée, dont celle de Gilbert Rozon», se souvient Raphaël Navarro, qui a accepté de rencontrer La Presse entre deux répétitions au Cirque du Soleil.

Une adaptation québécoise

Présenté au Théâtre St-Denis à partir de mercredi prochain, Rêveurs définitifs a presque entièrement été recréé avec une équipe québécoise. Raphaël Navarro a notamment demandé à Patrick Watson de revisiter la musique du spectacle originalement composée par Madeleine Cazenave et de l'interpréter chaque soir sur scène en compagnie de la pianiste Isabelle Mathieu.

«Le chanteur français Camille Saglio était assez irremplaçable, mais il ne pouvait pas nous suivre à Montréal. On s'est demandé qui dans le monde pourrait avoir cette force dans la voix, cette manière de prendre les choses. Je ne voyais que Patrick Watson!»

«[Patrick Watson] a recomposé pour le spectacle en respectant l'ambiance et l'univers de ce qui a déjà été fait. Tous les essais qu'il m'a interprétés sur Skype m'ont bouleversé! Il a vu la vidéo du spectacle, écouté la musique et, en une journée, il a décidé d'embarquer», explique Raphaël Navarro, qui a également demandé à l'humoriste Gabriel D'Almeida Freitas et à la comédienne Léonie St-Onge de se joindre son équipe.

«On voulait quelqu'un qui soit aussi à l'aise dans le texte que dans le corps. Gabriel était super et ça a été une rencontre artistique très simple entre nous. Léonie était à la fois très bonne comédienne et marionnettiste. Elle avait un rapport à l'objet et à l'imaginaire qui nous intéressait beaucoup», précise le metteur en scène de Rêveurs définitifs.

Ode au surréalisme

«L'homme, ce rêveur définitif, de jour en jour plus mécontent de son sort, fait avec peine le tour des objets dont il a été amené à faire usage», écrivait André Breton dans son Manifeste du surréalisme. Une citation qui a en grande partie inspiré Raphaël Navarro et ses coauteurs (Éric Antoine, Clément Debailleul, Yann Frisch et Étienne Saglio) pour la création de ce spectacle décliné en une dizaine de tableaux où la magie rencontre la poésie.

«On voulait proposer un spectacle où on ferait tous un rêve définitif. Le titre fait bien sûr référence à la définition de l'humain par André Breton. Son dernier livre testament s'appelle L'art magique. Il y disait qu'après le surréalisme, le renouveau de l'art contemporain, la prochaine étape serait l'art magique», explique le créateur qui a également puisé son inspiration dans l'anthropologie et dans l'ethnologie pour nourrir sa magie. On voulait savoir ce qui relève du domaine du rêve chez certains peuples ou cultures pour en faire une matière artistique.»

Raphaël Navarro a passé un moment dans une cabane perdue dans la forêt tropicale avec l'anthropologue Valentine Losseau pour travailler avec un groupe maya du Chiapas. 

«Ils ont cette pensée que je trouve magnifique qui dit que tous les gestes qu'on fait dans la vie laissent une trace dans l'espace et qu'il faudra à la fin de sa vie les effacer pour laisser le monde comme libre de son passage. J'ai eu envie de travailler avec une danseuse qui laisserait ses traces immatérielles dans l'espace. On a développé un système à partir des techniques traditionnelles de "Pepper's ghost", qui permet de faire des hologrammes, mais aussi de nouveaux systèmes de captation du corps pour en faire un matériel chorégraphique esthétique», précise le metteur en scène.

Les croyances animistes, qui considèrent que les animaux et les objets ont une âme, ont également été une source d'inspiration pour un autre segment écrit par Étienne Saglio dans Rêveurs définitifs.

«On a pris une bâche en plastique et on a mis une lumière à l'intérieur pour créer une sorte d'animal fantasmagorique qui lévite au-dessus de la tête des gens. Ça devient une sorte de numéro de dressage extrêmement contemplatif et le public a l'impression de voir l'animal de ses rêves prendre vie», indique Raphaël Navarro, qui animera la conférence d'ouverture de Montréal complètement cirque sur la magie nouvelle, le 10 juillet prochain.

Au Théâtre St-Denis, dès le 29 juin




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