Diane Dufresne : vivante et nécessaire

Accueillie comme il se doit par un public... (Photo: André Tremblay, La Presse)

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Accueillie comme il se doit par un public conquis, Diane Dufresne est arrivée sur scène portant une robe longue des stylistes Marie Saint Pierre et Mario Davignon, coiffée d'un diadème touffu ne cachant pas ses cheveux gris.

Photo: André Tremblay, La Presse

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Philippe Renaud
La Presse

La grande Diane Dufresne présentait hier soir le premier de trois concerts au Monument-National intitulés Effusions, du nom de son 25e album, paru il y a un peu plus d'un an. De belles et touchantes retrouvailles en somme, devant un public déjà conquis, «un public d'artistes, aussi», a-t-elle dit en fin de parcours, «puisque c'est pour ça que nous sommes réunis».

Effusions, l'album qu'elle a enregistré avec le concours du pianiste Alain Lefèvre, porte déjà toute la grâce de cette artiste qui sait bien vieillir, en sagesse, peut-être, mais en évoluant encore, surtout. Huit chansons (sur 12) de ce récent disque trouvaient leur place dans la soirée, également saupoudrées d'une magnifique relecture de Félix et de quelques-unes de ses immortelles à elle.

Tant pis pour le Parc Belmont, Alys en Cinémascope, Chanson pour Elvis et autres J'ai besoin d'un chum. Tant mieux pour nous, qui avons la chance de voir une chanteuse qui ne se contente pas de faire du surplace, de revisiter sa longue et passionnante carrière. Avec le temps, non seulement Diane Dufresne n'a pas perdu le goût pour l'expérimentation, ainsi qu'elle le témoignait par sa propre mise en scène, mais elle s'est révélée être une auteure de chansons vivante et nécessaire, par ses préoccupations sur l'amour, le temps qui passe et le monde qu'elle veut laisser derrière elle.

Comme sur l'album Effusions, c'est avec la chanson Partager les anges (un texte de Roger Tabra) qu'elle amorce notre voyage. Sur cette scène sobrement décorée de toiles de fond et de cordages, un quatuor à cordes, un percussionniste, puis son chef d'orchestre arrivé en retard (!), le pianiste Alain Sauvageau.

Diane Dufresne est arrivée portant une robe longue confectionnée par les stylistes Marie Saint Pierre et Mario Davignon, coiffée d'un diadème touffu ne cachant pas ses cheveux gris. La voix est non seulement forte et ample, elle semble avoir pris une chaleur que nous n'entendons pas sur ses vieux enregistrements. D'impressionnantes et acrobates, les cordes vocales de la chanteuse ont gagné en douceur et en tessiture.

L'amour sert de thème directeur à la première partie du spectacle: De vous à moi's, la magnifique Que, interprétée avec toute la sensibilité qu'on reconnaît à l'interprète, puis les J't'aime plus que j't'aime et Le Dernier Aveu qu'on retrouve sur le récent album. On remarque la simplicité et l'efficacité des éclairages, couleurs chatoyantes, effets de projections visant à appuyer le discours, la scène est aussi bien habillée que ceux qui l'habitent.

De même, ces arrangements de Sauvageau donnent une belle amplitude aux compositions, tout en laissant la voie libre à l'interprète. Le quatuor à cordes et le piano s'échangent les lignes mélodiques, les percussions appuient brillamment le rythme, de discrètes séquences électroniques ornent le tout.

Sa version de La Vie l'amour la mort de Félix Leclerc est un des moments forts de la soirée, venant clore le chapitre amoureux du concert. Arrive Je hurle, et la chanteuse qui succombe à la folie, chantant son refrain pendant que le public imite le cri du loup. Tard dans le noir, Noir Soeur et, enfin, Psy Quoi Encore - plus jouée que chantée, fragile dans son interprétation, de quoi nous faire presque oublier le Parc Belmont...

La dernière portion du spectacle sera dédiée à l'une des préoccupations de la chanteuse: la Terre et le sort que l'humanité lui réserve. Incontournable, et accueillie comme il se doit, Hymne à la beauté du monde, puis le texte de Hubert Reeves mis en musique par Marie Bernard (Terre planète bleue), Le Locataire (exquise), Mille et une nuits, L'Été n'aura qu'un jour, une chanson inédite dont le texte a été écrit par Jean Lemire, et Oxygène.

Un petit rappel plus tard, tous sont sortis en se disant que la soirée avait passé trop vite en si bonne compagnie.

 




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