Yannick Nézet-Séguin: le présent et l'avenir

La candidature de Yannick Nézet-Séguin serait sérieusement considérée... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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La candidature de Yannick Nézet-Séguin serait sérieusement considérée pour assurer la succession de James Levine au Metropolitan Opera. Le jeune chef québécois y dirige d'ailleurs une production par année depuis 2009.

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Caroline Rodgers

Collaboration spéciale

La Presse

Il a beau être l'un des chefs les plus occupés de la planète, Yannick Nézet-Séguin garde les pieds sur terre. Bien remis d'une opération qui l'a obligé à se faire remplacer au podium de l'Orchestre Métropolitain, en mars dernier, mentionné un peu partout comme successeur potentiel à James Levine au Met, il a profité d'un passage à Montréal pour faire le point avec La Presse.

Q: Comment va la santé?

R: Très bonne. Cette hernie épigastrique est arrivée à un moment inattendu, il paraît que ça arrive souvent aux athlètes [rires]. J'ai repris le travail après trois semaines, mais en raison de l'anesthésie générale le niveau d'énergie a mis du temps à revenir à la normale. Je pense que maintenant, je suis revenu à 100 %.

Q: Quels sont vos projets à court terme?

R: À la fin mai, je pars en tournée pour trois semaines en Asie avec le Philadelphia Orchestra, soit deux semaines en Chine et une semaine au Japon. Nous allons à Macau, Pékin, Shanghai, Hong Kong, Tokyo et Osaka. Ce sera ma première fois à Hong Kong et j'ai bien hâte.

Q: On a récemment annoncé le départ de James Levine du Metropolitan Opera et plusieurs vous voient déjà à sa place. Est-ce que ça pourrait arriver et est-ce compatible avec votre charge de travail actuelle?

R: La question de la succession se pose, oui, mais je pense que le processus va être assez long. Le monde de l'opéra fonctionne plusieurs années à l'avance. Avec le Met, on discute présentement de quel opéra je vais diriger en 2020! Même s'ils voulaient m'offrir le poste, à court terme, je n'ai pas la place dans mon horaire de l'an prochain et c'est sans doute le cas de tous les successeurs potentiels. Pour la charge de travail, il y a eu des précédents: James Levine lui-même a été directeur musical à Boston pendant des années en même temps que le Met. Donc, c'est faisable. Maintenant, tout dépend de ce qu'on veut. Un jour, je me vois dans une maison d'opéra, j'aimerais ça. J'adore le Met et j'y dirige une production par année depuis 2009. Toutefois, il faudrait que je fasse des choix draconiens et que j'arrête des choses. Il y a d'énormes défis au Met présentement, comme la baisse d'assistance, donc si l'éventualité se présente, j'ai aussi une réflexion à faire, à savoir si j'ai envie de ces défis-là.

Q: Vous en serez à l'automne à votre 17e saison avec l'OM. Comment décririez-vous l'évolution de l'orchestre et de sa mission, ce qui a changé et ce qui s'en vient?

R: C'est tout aussi important pour nous que ça l'était au début de jouer dans les arrondissements pour aller rencontrer le public. Notre mission d'accessibilité reste la même, mais elle s'articule de façon plus large. En grandissant et en devenant un orchestre d'une qualité supérieure, on se développe en faisant des enregistrements et nous avons des projets de tournée, même à l'international, dont on ne peut pas parler tout de suite. Tout en faisant cela et en accueillant des chefs et des solistes internationaux, on reste fidèles aux arrondissements et à notre volet jeunesse. On continue aussi à donner une place prépondérante aux artistes d'ici, mais si on veut amener notre public vers la plus haute qualité musicale possible, il faut que ça passe par une ouverture sur le monde.

Q: Quelques mots sur la prochaine saison de l'OM, vos coups de coeur?

R: C'est difficile de choisir, il y a tellement de belles choses. Nous avons une soliste en résidence, Valérie Milot, une harpiste qui fait beaucoup pour son instrument. Pour le 150anniversaire de la Confédération canadienne, nous avons un concert avec des oeuvres créées par des compositeurs de chaque région du Canada, sous la direction de Jean-François Rivest. Un programme dont je suis vraiment fier c'est L'âme russe, avec Les cloches de Rachmaninov, une grande cantate presque jamais jouée. Ce sera aussi la première fois que je dirige Petrouchka.

Q: Parlez-nous des derniers concerts de la saison de l'OM.

R: J'ai travaillé fort à la conception du concert Bach du 13 mai qui sera dirigé par Cristian Macelaru. Nous avons à coeur de mettre de l'avant nos premières chaises et notre alto-solo, Brian Bacon, jouera avec notre alto solo associée, Elvira Misbakhova, dans le sixième Concerto Brandebourgeois de Bach. Nous jouerons aussi la Symphonie no 9 de Chostakovitch, l'une de ses plus optimistes. L'OM ne joue pas assez de Chostakovitch, on va en faire plus au cours des prochaines saisons. En juin, je dirige le dernier concert de la saison, Mythique Don Juan, avec deux Don Juan, celui de Strauss et l'Ouverture du Don Giovanni de Mozart. On a aussi deux concertos avec deux solistes parmi les plus grands talents internationaux présentement, le clarinettiste Andreas Ottensamer, clarinette-solo du Berliner Philharmoniker, et le guitariste grec Milos Karadaglic, qui a remis la guitare classique au goût du jour.

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Le prochain concert de l'Orchestre Métropolitain, L'héritage de Bach, sera présenté le 13 mai, à 19 h 30, à la Maison symphonique.

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