Vol plané Montréal-Seoul

Nigel Ward, Julian Flavin et Dexter Garcia, du... (PHOTO ROBERT SKINNER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Nigel Ward, Julian Flavin et Dexter Garcia, du groupe Seoul, seront sur la scène de La Plante/The Plant, le 26 juin.

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Prochain décollage de Montréal : Seoul ? S'agira-t-il du prochain groupe local à prendre son envol et ainsi planer au-dessus des marchés enclins à la pop atmosphérique ? Tous les espoirs sont permis pour le trio anglo-montréalais.

I Become A Shade, de Seoul... (IMAGE FOURNIE PAR LAST GANG RECORDS) - image 1.0

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I Become A Shade, de Seoul

IMAGE FOURNIE PAR LAST GANG RECORDS

Derrière l'album I Become A Shade, qui sort mardi prochain sous étiquette Last Gang Records, se profilent des garçons intelligents, imaginatifs, humbles. Dépourvus de cet ego hypertrophié typique des conquérants pop.

Pour Dexter (basse et chant), Nigel (guitare et chant) et Julian (synthétiseurs et chant), l'ambition n'est qu'artistique... et tant mieux si elle coïncide avec l'impact de masse. Chose certaine, des écoutes répétées de ce premier opus mènent à ce verdict :  le potentiel commercial est évident, au-delà de la singularité musicale.

Julian corrobore : « Plusieurs labels se sont intéressés à nous lorsque nos premières chansons et, surtout, notre premier vidéoclip [Stay With Us] ont été mis en ligne à l'été 2013. L'automne suivant, Dan Seligman de Pop Montréal nous a programmés au Métropolis, ce qui nous a semblé très gros pour le peu que nous avions accompli, mais nous avons profité de l'occasion. »

ÉGAUX DANS LA CRÉATION

La rumeur Seoul est persistante depuis lors. Lente, sûre, sans flafla ni glamour, insiste Julian. « Nous voulons éviter le piège de la pop médiocre, de la pop gadget. Sur scène comme en studio, il n'y a pas de fonction stéréotypée au sein du groupe : pas de chanteur principal, pas de leader incontesté. Les rôles sont subvertis. Nous sommes tous égaux dans la création, tout reste ouvert. »

Inutile d'ajouter que cette ouverture est ressentie dans la facture sonore : autant les chansons et séquences instrumentales de cet album sont accrocheuses, autant elles baignent dans des fluides hypnotiques, flottent sur des vapeurs méditatives. Paradoxe intéressant !

Dexter amorce une explication : « Lorsqu'on nous demande de définir notre affaire, viennent d'abord les mots "ambient" et "atmosphérique"... avant le mot "pop". Il faut dire que nous écoutons énormément de musique "ambient", de Kyle Bobby Dunn à Brian Eno en passant par les séquences éthérées de The Avalanches ou d'Aphex Twin. Mais, au fond, nous ne sommes pas attachés à quelque style que ce soit. »

« Depuis le début, nous avons évité toute formule. Nous nous permettons d'emprunter plusieurs directions. Nous essayons de dresser une table où plusieurs plats peuvent être servis ; nous voulons maintenir cette dynamique créative », dit Nigel Ward.

Julian voit même dans cette orientation musicale un moyen de contrer le déficit d'attention. « Aujourd'hui, chacun est devant son ordinateur à essayer de travailler tout en téléchargeant, en échangeant des fichiers, en surfant sur le web. Laborieux ! Dans ce contexte, nous cherchons à créer des musiques qui favorisent un état propice à la concentration. »

Cette pensée créatrice s'accompagne d'un parti pris artisanal :  I Become A Shade a été joué, chanté, enregistré et mixé entièrement par les trois membres de Seoul. Seul le matriçage a été réalisé par Harris Newman.

Julian raconte. « Nous avons enregistré dans les toilettes de la maison de mes grands-parents à Côte-Saint-Luc et dans d'autres pièces de domiciles privés, pas vraiment en studio. Ainsi, nous avons profité de cette expérience pour apprendre. Nous sommes confiants de pouvoir réaliser notre prochain album. »

SÉDUITS PAR MONTRÉAL

Comme tant d'autres, nos interviewés sont de jeunes migrants de la musique séduits par Montréal.

Originaires de Kingston, en Ontario, Julian Flavin et Nigel Ward sont des amis d'enfance. Lorsque Nigel s'est inscrit à la Berklee School of Music, prestigieuse institution de Boston, il a fait la connaissance de Dexter Garcia, issu d'une banlieue new-yorkaise à la frontière du Connecticut. Tous deux étudiants en musique et en production studio, ils se sont liés d'amitié et sont devenus colocataires.

Puis, Nigel a ouvert une parenthèse montréalaise, désireux de poursuivre ses études à l'Université McGill où Julian faisait un baccalauréat en neuroscience cognitive. Dexter a fini par les rejoindre, et les trois mecs se sont mis à la création de leurs premières chansons. 

Nigel et Dexter sont retournés brièvement au Massachusetts afin d'y terminer leurs études, pour revenir s'installer pour de bon à Montréal.

« Nous voulions jouer autre chose que de la musique apprise à l'université. Montréal était pour nous l'environnement idéal ; la scène musicale y est dynamique », dit Dexter Garcia.

« Avec le temps, cette ville est devenue notre chez-nous, poursuit Julian. Nous avons accès à tout ce dont nous avons besoin dans notre quartier - le Mile End. Encore aujourd'hui, nous apprécions l'esprit d'expérimentation qui règne à Montréal. Et cet esprit n'est pas aussi sombre qu'il peut l'être dans d'autres métropoles où la vie est plus difficile. »

Ceci explique d'ailleurs cette lumière zen qui traverse la pop de Seoul, éminemment virale.

À La Plante/The Plant (185, rue Van Horne), le 26 juin

INDIE ROCK

I Become A Shade

Seoul

Last Gang Records

Sortie mardi prochain

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