Galaxie: mantra zoulou

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En studio, Olivier Langevin et sa bande ont pensé avec leurs tripes. «Comme des flos.»

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Galaxie, groupe articulé autour d'Olivier Langevin, lance mardi prochain son quatrième album, Zulu. Entrevue sur les thèmes de l'Afrique, de la science-fiction, du stoner rock et d'un robot lynx.

Galaxie, groupe articulé autour d'Olivier Langevin, lance mardi prochain son quatrième album, Zulu. Entrevue sur les thèmes de l'Afrique, de la science-fiction, du stoner rock et d'un robot lynx.

«Il faut que ce soit plus zoulou.»

Tel était le mot d'ordre en studio lors de l'enregistrement du nouvel album de Galaxie, qui allait justement s'intituler Zulu.

Le printemps dernier, le chanteur et auteur-compositeur Olivier Langevin s'est entouré, dans son studio, du touche-à-tout Pierre Girard, du claviériste François Lafontaine, du batteur Pierre Fortin et de Benoît Bouchard, sans compter les visites de ses potes Fred Fortin et Dan Thouin.

Langevin a eu envie de travailler à l'improviste comme à la belle époque de ses 22 ans. «Maintenant, nous sommes tous occupés et on booke des séances officielles. On ne va plus jammer entre chums. Là, je prenais les plages horaires de tout le monde et je leur disais qu'on allait à peu près travailler dans ce coin-là. Je les appelais quand j'avais des riffs en leur disant: "Que faites-vous demain? " Quand ça marchait, on se rejoignait au local.

«Il n'y avait rien d'officiel. Est-ce que ça allait être la version de l'album ou une maquette? Cette façon de faire a donné un laisser-aller vraiment cool...»

Ce laisser-aller et cette liberté d'esprit s'entendent. Le son de Zulu est bien gras. Le rythme: dans le tapis. Les basses: bien pesantes. Les arrangements: maléfiques, électro-rock et fuzzés. Pour lier le tout, une interprétation vocale aguicheuse pour nos oreilles et des refrains où s'élèvent de puissants murs de son.

Ils dansent avec les Zoulous

La suite d'accords africains de la chanson Zulu a donné le ton à l'album. «Il y a 10 ans, j'ai buzzé sur le dernier album d'Ali Farka Touré avant sa mort. Je l'ai écouté à la planche, raconte Langevin. Je traînais des riffs de blues et c'est avec cette ambiance-là que nous avons enregistré la première toune.»

Langevin s'est inspiré en regardant massivement des vidéos de danse zouloue sur YouTube. «Cela me fascine, dit-il. J'ai compris à quel point tout le groove des bands de rock et blues vient de là. Même les mélodies vocales.»

Il fallait donc que ce soit plus zoulou? «C'était une blague, mais c'est devenu notre angle d'attaque.»

Les croyances indigènes et la musique viscérale de Galaxie collent parfaitement au côté ensorcelant du genre stoner rock propre au groupe. «Il le faut. C'est le trio fondamental du band.»

En studio, Langevin et sa bande ont pensé avec leurs tripes. «Comme des flos.»

Aucune censure, aucune limite. Quitte à se permettre des rythmes disco sur la pièce Dragon. «Un mélange de ZZ Top et de Prince qui a poppé tout seul. Cela me fait rire quand je l'écoute.»

Quitte à utiliser le logiciel qui permet de reproduire la voix de la fille d'Apple (une idée de Benoît Bouchard), une sorte d'hôtesse de l'air (une idée de l'invité Dan Thouin) qui nous convie à un voyage dans un sous-marin. «C'est la dernière chanson que nous avons enregistrée, relate Langevin. Je m'ennuyais des interludes de nos premiers albums.»

Trip de science-fiction

Un titre comme Portugal porte la signature musicale propre à Galaxie, pour ne pas dire classique. «Le playing est africain, mais cela ne paraît pas. Sans s'en rendre compte, un pont s'est fait avec l'énergie des premiers albums de Galaxie. C'est peut-être le fait de se réunir comme cela on the fly

Pour faire un mauvais jeu de mots, Langevin est aussi parti «sur une fly» dans ses textes. «J'ai décollé dans un trip de science-fiction. Je me suis mis dans un personnage imaginaire de robot dark que j'ai appelé robot lynx et j'ai décidé de le faire parler tout le temps.»

Le matériel de Zulu représente du bonbon pour la scène. «On voulait pouvoir jouer toutes les chansons en show. On a beaucoup tapé l'album live. Tigre et diesel était plus bidouillé et moins joué.»

D'un album de Galaxie à l'autre, il y a néanmoins des racines que veut préserver Langevin. «La base blues. Quelque chose de simple, catchy et droit au but.»

Une carrière enviable

À 36 ans, Olivier Langevin touche du bois par rapport à sa carrière. Il a réalisé des albums pour Vincent Vallières et Mara Tremblay. Il tourne avec Galaxie, mais aussi avec Fred Fortin et Gros Mené. «Fred et moi alternons les sorties. On entretient le live. On fait des shows tout le temps avec des gens qui nous suivent.»

Tigre et diesel, finaliste pour le prix Polaris, a permis à Galaxie de faire de 80 à 100 spectacles. «Et j'aurais pu continuer. À un moment donné, je deviens tanné.»

Langevin chérit aussi sa famille musicale, qui est particulièrement fertile cet hiver avec les nouveaux albums de Louis-Jean Cormier, Marie-Pierre Arthur et Ariane Moffatt, autour desquels gravitent beaucoup de collaborateurs communs. «C'est l'enfer, cet hiver! Quand on enregistrait, c'était presque consanguin. Pour trouver des dates de studio et de lancement, tout le monde s'appelait.»

À quand un spectacle de Galaxie? En juin, aux FrancoFolies!

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