Le retour de Céline Dion: sous le signe de la retenue

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Le public du Colosseum a servi ovation sur ovation à Céline Dion, les plus hardis des spectateurs lui coupant la parole pour lui crier leur amour.

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(Las Vegas) Céline Dion l'avait dit avant son premier spectacle en un an jeudi soir, elle allait essayer de maîtriser ses émotions pour pouvoir donner le meilleur d'elle-même.

Au départ, le public du Colosseum ne lui a pas facilité la tâche en lui servant ovation sur ovation, les plus hardis des spectateurs coupant la parole à la chanteuse pour lui crier leur amour. Mais elle a tenu le coup et, progressivement, le ton est devenu plus intimiste et les spectateurs ont emboîté le pas. La musique, dépouillée par moments, a transcendé les circonstances difficiles dans lesquelles ce spectacle entreprend sa deuxième vie.

«Vous savez tout de moi», a dit Céline Dion avant de chanter The First Time Ever I Saw Your Face. Tout le monde au Colosseum était au courant de l'état de santé précaire de René Angélil et sa femme n'a pas jugé bon d'en rajouter. Angélil a été applaudi chaque fois qu'il est apparu à l'écran avec sa famille pendant cette fort belle chanson empruntée à Roberta Flack. Puis, plus tard, Céline a lancé «I love you René» à son mari resté à la maison pendant la très à-propos I'm Alive qui, même dans ses atours acoustiques, a fait se lever et taper des mains les spectateurs.

Références à la famille

Évidemment, tout le monde pouvait lire dans ces chansons maintes fois entendues des références à ce que vit la famille Dion-Angélil. Dans I Surrender, par exemple, qui a lancé la soirée, une chanson d'amour doublée d'un hymne à la vie. Ou encore dans le premier des trois duos virtuels où Céline chantait avec son hologramme Immortality pendant qu'on voyait à l'écran les jumeaux Maurice et Robin Gibb, aujourd'hui disparus, suivis de leur frère Barry, l'unique survivant des Bee Gees.

Mais ce spectacle allait se dérouler sous le signe de la retenue et de la sobriété. Il allait célébrer dignement la vie à coups de chansons connues, de rires occasionnels et de petites surprises, comme l'avait promis la chanteuse en début de soirée.

Près des deux tiers des chansons au programme n'étaient pas du spectacle créé en mars 2011. La plupart de ces ajouts, Céline les avait déjà chantés, dont le duo virtuel avec Frank Sinatra (All the Way), rafraîchi sur le plan visuel, et celui avec l'Elvis de 1968 (If I Can Dream) qu'elle avait fait pour l'émission American Idol 40 ans plus tard. Rien à redire sur le mariage des voix, mais ce procédé visuel a peut-être fait son temps.

Il y avait aussi au programme des choses qu'on n'attendait pas. Comme Kiss et Purple Rain que Céline a empruntées à Prince tout de suite après la trifecta gagnante Love Can Move Mountains/River Deep Mountain High/All By Myself. Ou encore la joyeusement jazzée Quand ça balance de Michel Legrand et d'Eddy Marnay, qu'elle avait chantée lors d'un spectacle à la mémoire de Marnay à Gatineau il y a une douzaine d'années.

Du nouveau, il y en a même eu jusque dans le rappel. L'indélogeable My Heart Will Go On, que Céline Dion a déjà voulu chanter en début de spectacle avant de se plier à l'avis contraire de son mari, a été suivie contre toute attente d'une version piano-voix d'Over the Rainbow. Son interprétation tout en nuances et en délicatesse de cette immortelle a révélé une fois de plus le talent d'interprète de Céline Dion.

Tout n'était pas parfait en ce soir de première. Le segment bivouac dans lequel la vedette allait reprendre trois de ses succès à la manière unplugged a été retardé parce qu'une des deux guitares était désaccordée. Qu'à cela ne tienne, Céline a meublé le temps mort avec une improvisation vocale amusante. Et certaines chansons plus rythmées - Love Can Move Mountains, pour ne pas la nommer - manquaient nettement de nerf, comme si le sonorisateur avait voulu privilégier les voix au détriment du groove.

Par contre, sous la nouvelle direction musicale de Scott Price, la section de cordes, nombreuse, était plus en évidence que jamais aussi bien dans des chansons comme I Surrender et The Power Of Love que dans The Show Must Go On de Queen, lancée par la Cinquième symphonie de Beethoven, l'un des moments forts de la soirée.

Il est trop tôt pour affirmer que ce spectacle est le «nouveau début» dont a parlé Céline Dion avant de chanter Over the Rainbow. Mais il y a là suffisamment de bonnes idées et de fraîcheur pour satisfaire les plus de 70 000 fans qui se sont procuré des billets avant même ce soir de première.

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