Pierre Lapointe à Paris: comme à la maison

En spectacle hier à La Cigale, Pierre Lapointe... (Photo: fournie par Belleville Music)

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En spectacle hier à La Cigale, Pierre Lapointe a chanté les affres du chagrin d'amour avec des reprises et ses propres pièces.

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(Paris) «C'est un spectacle déprimant. Assurez-vous d'avoir quelqu'un à qui parler en arrivant à la maison», a lancé à la foule Pierre Lapointe, avec l'humour arrogant et pince-sans-rire qui a fait sa marque.

Hier soir, les spectateurs qui ont rempli la salle de La Cigale, dans le quartier Montmartre, ont bu et savouré chacune des paroles du chanteur québécois. Qu'elles soient chantées ou monologuées.

Le public - dans la poche de Pierre Lapointe avant même que le spectacle commence - a eu un droit à de fins et habiles allers-retours entre l'humour et les grandes émotions dans un spectacle solo, piano et voix, inspiré du nouvel album de Lapointe, Paris tristesse, qui sortira en France le 17 novembre.

Le pianiste et chanteur a chanté les affres du chagrin d'amour avec des reprises (Aznavour, Barbara) et ses propres pièces (Les lignes de la main, Je déteste ma vie). Il a introduit Moi, Elsie en rappelant que Richard Desjardins l'a d'abord écrite pour Elisapie. Il a fait la leçon aux Français en disant que le Plateau est «out», alors que le Mile End vibre avec Arcade Fire, Grimes, Xavier Dolan et son ami Monia Chokri, «une autre actrice qui veut chanter».

La foule riait et applaudissait avec contentement, dans une ambiance de retrouvailles et non de découvertes. «Je me sens un peu comme à la maison», a même lancé Pierre Lapointe.

Un des leurs

Alors que les Français voient en Lisa LeBlanc et Klô Pelgag un grand exotisme québécois, ils considèrent plutôt Pierre Lapointe comme l'un des leurs. Il fait carrière en France depuis plus de 10 ans. En janvier dernier, son spectacle à l'Olympia a été une sorte de consécration, tout comme la première partie de Rufus Wainwright à la Salle Pleyel, en juillet dernier. «Tout le monde était là», raconte Pierre Lapointe, rencontré à Paris deux semaines avant son spectacle à La Cigale.

Tout l'été, Pierre Lapointe a participé à l'émission matinale quotidienne de France Inter, où il a tenu la rubrique Les petites morts dans la case de 8h50, une heure de très grande écoute. «Il y a une conjoncture d'événements et de relations qui font que les choses se placent après 10 ans. Et ce n'est jamais car j'étais pas intéressé, mais car j'ai eu des rencontres intéressantes. Les choses se présentent.»

Pierre Lapointe s'est fait une vie à Paris. Il a des amis français et québécois, dont le designer Rad Hourani. Il se retrouve sans le vouloir dans un party de Semaine de la mode ou dans un restaurant avec Luc Plamondon après un spectacle de Diane Dufresne. «Je n'y accorde pas d'importance, mais j'en profite.»

La ville de Paris donne souvent l'impression d'être au centre du monde. Nous prenons un jus d'orange avec Pierre Lapointe au Café Beaubourg, en face du Centre Georges-Pompidou, dont le design est cosigné par Philippe Starck. Dans le restaurant se trouvent Didier Varrod, directeur musical de France Inter, et l'héritier légal de la chanteuse Barbara, que Lapointe adore. «C'est toujours comme ça, Paris. Tout est interrelié.»

«Je vis des choses irréelles. Je n'aurais jamais pensé faire de la radio en France», dit-il.

Au total, Pierre Lapointe a fait 40 chroniques de 15 minutes pour lesquelles il a travaillé comme un fou. «J'avais plus de frais que de revenus, mais je suis payé de la pub», dit-il en riant.

«J'aurais pu me péter la gueule, mais cela s'est super bien passé», dit Pierre Lapointe, qui assume le fait de ne pas faire l'unanimité.

Paris tristesse

Il y a trois semaines, La Presse a visité Pierre Lapointe dans le légendaire studio de Paris CBE (Philippe Katerine, Dalida, Patricia Kaas, Françoise Hardy) quand il enregistrait de façon condensée, en quatre jours, l'album Paris tristesse, qui sort en France le 17 novembre. «On le fait comme si Barbara était dans la salle... avec émotion et plein de beauté», a-t-il lancé au pianiste qui l'accompagnait (et qui a fait un saut sur scène, hier soir).

C'est alors que Lapointe s'est donné entièrement en interprétant la déchirante chanson de Barbara Le mal de vivre. Et sans prévenir, ça arrive/Ça vient de loin/Ça s'est promené de rive en rive.

Fabrice Nataf, du Groupe Morgane (les FrancoFolies), qui détient Belleville Music, est passé en studio, de même qu'un dirigeant du label, Jean-Michel Journet.

L'album, dont l'illustrateur Pascal Blanchet signe la sublime pochette au design fifties, réunit «des chansons tristes piano et voix», dont des reprises (Barbara, Aznanour, François Hardy, Ferré) et des revisites de titres de Punkt, qui n'est pas sorti en France, indique Pierre Lapointe. Un concept qui lui a été proposé. «Je n'aurais pas fait un album comme ça au Québec, car je l'ai déjà fait. Cela montre que je suis un héritier de la chanson française.»

Parlant du Québec, Pierre Lapointe sera juge à La voix en janvier en remplacement «alternatif» implicite de Louis-Jean Cormier. En parallèle, il a des projets d'avant-garde reliés à l'art contemporain. «Mon idéal est d'avoir un pied totalement à gauche et un autre totalement à droite et d'obliger les gens à se promener.»

Au cours des prochains jours, il termine sa tournée française Un Pierre Lapointe/un piano avant de retourner au Québec pour assister au Gala de l'ADISQ.

Sa tournée française et le concept de Paris tristesse le ramènent «au plaisir de chanter» et «à ses premiers amours», a-t-il confié à la foule de La Cigale, hier soir. «Une façon de voir la chanson que j'avais un peu oubliée.»

Salomé Leclerc en première partie

En première partie de Pierre Lapointe, Salomé Leclerc a clôt sa minitournée française avec une belle grâce rock.

La brunette se produisait à Paris pour la deuxième fois en moins de deux semaines. Lundi dernier, elle a assuré la première partie de l'un des trois spectacles à l'Olympia de Détroit, le nouveau groupe de Bertrand Cantat. Son nouvel album 27 fois l'aurore s'attire des critiques élogieuses en France.

«Des mots précieux, des images de tendresse, des fulgurances de l'âme, une poésie évidente, tangible, palpable, charnelle», dit le chroniqueur du site web welovemusic.fr.

Sur scène, Salomé Leclerc incarne une grande sensible qui se défoule et de défend avec sa guitare. Sa voix de belle écorchée et ses accords rock font oublier à la foule la formule solo de son spectacle, qui s'est terminé en puissance avec Arlon. De quoi donner envie de revoir l'auteure-compositrice-interprète avec ses musiciens.

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