Ibrahim Maalouf défend l'improvisation

«Improviser à plusieurs, c'est partager un moment unique qui n'existera jamais... (PHOTO AFP)

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Rita El Hage
Agence France-Presse
BEYROUTH

«Improviser à plusieurs, c'est partager un moment unique qui n'existera jamais deux fois», affirme le célèbre trompettiste franco-libanais Ibrahim Maalouf, qui défend avec passion l'union entre l'Orient et l'Occident.

«L'improvisation n'est pas uniquement indispensable pour des raisons musicales mais pour des raisons humaines (...) Je ne vis pas dans un conflit Orient/Occident mais dans l'union», explique à l'AFP le musicien de 36 ans lors d'un entretien à Beyrouth.

Né au Liban, qu'il a fui avec ses parents à cause de la guerre civile pour s'installer en France, Ibrahim Maalouf est de retour au pays du Cèdre pour préparer un concert en juillet au festival de Baalbeck, à l'occasion de ses 10 ans de carrière scénique.

«Je pense que l'improvisation est une discipline que les gens ne connaissent pas bien, pourtant elle symbolise et résume parfaitement ce qui représente pour moi la meilleure façon de vivre, les uns avec les autres», confie-t-il.

En France, le musicien a rassemblé à plusieurs reprises des centaines de personnes lors d'improvisations collectives, et a créé le festival de jazz et d'improvisation M'Improvise à Etampes, en région parisienne.

«Pour réussir à communiquer les uns avec les autres, nous devons beaucoup nous écouter et être dans l'empathie avec l'autre, malgré la différence et les différentes tonalités des instruments», insiste ce trompettiste, pianiste, compositeur, producteur et enseignant.

L'artiste a la particularité de jouer sur une trompette à quatre pistons inventée par son père dans les années 1960 pour interpréter la musique orientale. Mais il n'a pas toujours aimé cet instrument. «Il y a même des années où je l'ai détesté», admet-il.

«Je compose des musiques qui éveillent en moi un sentiment qui me rend heureux. J'ai l'impression que les gens apprécient ça», explique ce fils d'un trompettiste et d'une pianiste et neveu de l'écrivain Amine Maalouf, membre de l'Académie Française.

«Envie d'être compris»

«Je ne cherche pas particulièrement à rendre ma musique populaire (mais) c'est important pour moi d'être aimé. En tant qu'artiste c'est délicat de dire cela car c'est un tabou. J'ai un public extraordinaire que j'adore», confie Ibrahim Maalouf.

Lauréat de plusieurs prix, dont celui des Victoires de la musique, il déclare: «A partir du moment où je suis sur scène, ma priorité est non pas de faire la fête avec mes musiciens mais que le public comprenne mon langage musical».

«Avant de jouer ma musique, je m'adresse au public, je leur explique. J'ai une envie d'être compris par les gens», assure-t-il.

Compositeur de bandes originales, il a obtenu en 2016 la plus haute distinction française en matière de cinéma avec le César de la meilleure musique originale pour le film Dans les forêts de Sibérie de Safy Nebbou.

Mardi, il était au festival de Cannes pour la présentation du film «Vers la lumière», de la cinéaste japonaise Naomi Kawase, dont il a composé la musique. Pourtant, il ne pense pas pouvoir travailler à Hollywood.

«Dans ma manière de travailler, il y a une recherche permanente de création et d'authenticité. Hollywood est une industrie qui fonctionne selon des codes. Il est très rare qu'un film sorte du cadre habituel de l'industrie cinématographique hollywoodienne», estime-t-il.

«Si (les réalisateurs américains) Steven Spielberg et Quentin Tarantino par exemple m'appellent pour composer la musique de leurs films et m'imposent ce qu'ils veulent comme une commande, je serais obligé de refuser car je ne sais pas le faire.»




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