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RAM: pour un partage équitable des revenus musicaux

«Les fournisseurs d'accès internet doivent partager et devenir... (Photo Erick Labbé, Archives Le Soleil)

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«Les fournisseurs d'accès internet doivent partager et devenir des transporteurs responsables de nos contenus», soutient Florence K, l'une des principales porte-paroles du RAM.

Photo Erick Labbé, Archives Le Soleil

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Nouveau venu dans le paysage culturel québécois depuis décembre 2016, le Regroupement des artisans de la musique (RAM) vient de dévoiler sa plateforme d'intervention et souhaite ainsi «devenir un pilier du milieu culturel québécois», pour reprendre la formulation de la chanteuse Florence K. «Même s'ils sont déjà représentés par différentes associations, leur réalité sur le terrain est souvent méconnue», souligne David Bussières, du groupe Alfa Rococo, initiateur du RAM. Entrevue avec les deux principaux porte-paroles.

Q: Le regroupement veut améliorer la «découvrabilité» et l'accès de la musique québécoise aux services de musique en ligne. Qu'est-ce que ça signifie?

David Bussières: Nous voulons faire en sorte que les plateformes de streaming rendent notre répertoire québécois plus facile d'accès, pour le public local comme pour le public étranger.

Q: L'un des objets des représentations du RAM est de s'assurer que «les redevances légitimes et adéquates soient versées à tous les ayants droit». Qu'entendez-vous par cela?

David Bussières: En ce moment, la musique génère beaucoup d'argent sur le web pendant que les créateurs et interprètes n'obtiennent pas leur part équitable de ces revenus. Les redevances aux artistes sont faméliques: environ un demi-cent par stream doit être réparti entre le compositeur, l'auteur, l'interprète, le producteur...

Florence K.: Une part de ces revenus pourrait aussi financer des vitrines d'artistes locaux; les hébergeurs de contenus pourraient les aider à mieux se faire connaître.

Q: Les hébergeurs de contenus - Spotify, Deezer et Apple Music, notamment - ne pourront pas vous payer de sitôt à hauteur de 20 cents ou plus, de manière à obtenir des revenus comparables aux ventes d'albums physiques. Que comptez-vous faire?

David Bussières: Au-delà des services de musique en ligne, la solution se trouve aussi chez les fournisseurs d'accès internet: Bell, Vidéotron, Rogers, etc.

Florence K.: Les fournisseurs d'accès internet doivent aussi partager et devenir des transporteurs responsables de nos contenus. Car la musique est un incitatif très important pour rentabiliser leurs activités. Ils doivent donc aussi nous payer des redevances.

David Bussières, du groupe Alfa Rococo... (PHOTO BERNARD BRAULT, archives LA PRESSE) - image 2.0

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David Bussières, du groupe Alfa Rococo

PHOTO BERNARD BRAULT, archives LA PRESSE

Q: Le RAM veut que le régime canadien de la copie privée, soit un système de redevances destiné aux artistes, soit adapté à la réalité actuelle. De quelle façon?

Florence K.: Outre les redevances perçues sur les ventes de CD vierges, il faut aussi percevoir sur les ventes de tous types de lecteurs numériques - téléphones portables, tablettes... Cela fait aussi partie de la solution.

Q: Le RAM entend mettre en place un «guichet unique» de services et d'information pour les artisans de la musique. Qu'en est-il?

David Bussières: C'est la première étape de la création d'une structure permanente. Les artistes pourront s'adresser à nous à travers ce guichet afin d'obtenir différentes informations ou services (protection sociale, etc.), ou encore être redirigés vers les autres associations qui les défendent (SPACQ, UDA, Guilde des musiciens, etc.).

Q: Le RAM compte aussi faire des pressions pour assujettir les entreprises étrangères de services de musique en ligne aux règles fiscales canadiennes et québécoises afin de financer la culture locale. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi?

Florence K.: Il n'est pas normal que les plateformes étrangères de streaming ne paient pas d'impôt au Canada et profitent de nos contenus.

David Bussières: Si YouTube ou Spotify payaient des impôts au Canada, une part de ces taxes pourrait être réinjectée dans l'écosystème musical local. C'est encore une autre partie de la solution.

Q: Êtes-vous conscients que, pour avoir gain de cause, une bataille historique est nécessaire à l'échelle internationale? Possible?

Florence K.: Nous en sommes conscients, et nous devrons mener cette bataille. On a un choix: soit on fait quelque chose, soit on ne fait rien.

David Bussières: Nous devrons mener notre combat avec des organisations étrangères, et aussi avec nos alliés: producteurs, éditeurs, promoteurs... Des regroupements similaires au RAM nous ont contactés de l'étranger: la Guilde des artisans de la musique en France, Fair Internet for Performers, aussi en Europe, ou encore l'International Artist Organisation.

Q: Les hébergeurs de contenus et fournisseurs d'accès internet sont-ils vos ennemis jurés?

Florence K.: Non. Idéalement, nous voulons travailler avec ces acteurs de la chaîne numérique. Nous sommes plus que favorables aux nouvelles technologies. Nous en sommes nous-mêmes des utilisateurs. Nous voulons simplement une rémunération équitable.




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