Le secret funk le mieux gardé en ville

The Brooks est en concert tous les mercredis... (Photo Bernard Brault, La Presse)

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The Brooks est en concert tous les mercredis au Dièse Onze, situé rue Saint-Denis.

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Tous les lundis, La Presse présente un repaire culturel méconnu du grand public qui contribue à l'effervescence de la métropole.

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Alexandre Lapointe, bassiste de The Brooks, casse la croûte avant de prendre place sur scène.

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Jérôme Couture, qui vient tout juste de lancer son deuxième album, était présent dans la foule du Dièse Onze pour le concert de The Brooks.

Photo Bernard Brault, La Presse

Aujourd'hui: The Brooks au Dièse Onze

C'est quoi ?

Un groupe funk estimé des musiciens, qui met le feu au Dièse Onze tous les mercredis soir.

En quoi ça sort du cadre ?

Huit musiciens sur scène qui donnent trois sets en une soirée pour 8 $ : une aubaine motivée par l'amour de la musique.

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Mercredi soir d'octobre au sous-sol d'un immeuble de la rue Saint-Denis, qui abrite le club de jazz Dièse Onze. Les huit membres du groupe The Brooks arrivent à tour de rôle en se commandant un plat. C'est leur rituel du mercredi soir, avant leur spectacle hebdomadaire qui attire les foules jusqu'aux petites heures du matin.

Coût du billet : 8 $. Une aubaine pour assister au meilleur spectacle funk en ville. Ce soir-là se trouvaient parmi les spectateurs des touristes, des habitués, des gens de l'industrie et d'autres musiciens comme Jérôme Couture et Lisa LeBlanc.

Depuis un an, le groupe peut compter sur le dévouement de l'imprésario Fannie Bissonnette Dulude, qui gère aussi les carrières de Kroy et de Martin Perizzolo.

Depuis le dernier Festival de jazz - où The Brooks ont rendu un vibrant hommage à Prince au Métropolis et assuré la première partie de Kool & The Gang -, le groupe de huit musiciens émérites a le vent dans les voiles.

Surtout qu'il lance vendredi son deuxième album officiel, Pain & Bliss, qui est aussi son premier - non instrumental - avec le chanteur américain Alan Prater, qui figure notamment sur le plus récent album de Valaire.

Devant un plat de saumon, Alexandre Lapointe (qui a joué de la basse pour Nadja et Jason Bajada) nous raconte que c'est lors d'un voyage à Detroit que Maxime Bellavance (batterie), Marc Bell (percussions) et lui ont eu la piqûre funk en se retrouvant au milieu du studio A du musée Motown. 

« Nous sommes tous des musiciens pigistes, et ça faisait longtemps que nous voulions faire de la musique pour nous autres. Les dimanches soir, au lieu de jouer au hockey, on s'est mis à jammer. »

D'autres musiciens se sont ajoutés, si bien que The Brooks sont nés sans chanteur officiel - avant qu'Alan Prater se joigne à la bande et que le groupe se fasse offrir une résidence au Dièse Onze.

Alan Prater a une feuille de route impressionnante. Né en Floride, il a vécu à New York et Los Angeles, et a notamment partagé la scène avec Michael Jackson. C'est l'amour qui l'a mené à Montréal.

« J'ai déménagé ici alors que je pensais aller vivre à Londres », raconte-t-il.

Adulés de leurs pairs

The Brooks s'attirent un très grand respect de leurs pairs. Des musiciens établis de tous les horizons font partie de leurs fidèles du mercredi soir. David Desrosiers, de Simple Plan, Fred Fortin, Olivier Langevin et sa bande de Galaxie, les membres de Half Moon Run, Ima, Marie-Pierre Arthur... sans compter Macha Grenon.

Le groupe reçoit aussi sur scène des amis-invités récurrents, dont Antoine Gratton et Alex McMahon (le réalisateur d'Alex Nevsky).

Des groupes en tournée à Montréal aboutissent aussi souvent au Dièse Onze après leur spectacle.

Jérôme Couture connaît bien - et depuis fort longtemps - le batteur Maxime Bellavance, qui a joué avec les Brigitte Boisjoli et Maxime Landry et qui a fondé le duo Beat Market. « C'est le meilleur à Montréal ! Il a joué sur mon premier album. »

« C'est ici que ça se passe. C'est le rassemblement des musiciens de Montréal. C'est roots, la vraie patente live avec du groove... C'est épique et cela fait du bien », dit Jérôme Couture

Nous sommes en effet loin des galas officiels et de l'industrie musicale subventionnée. « C'est de la musique libérée qu'on entend ici. »

Miles Dupire, batteur d'Elephant Stone, doit assurer le conga ce soir-là en remplacement de Marc Bell. « Jouer avec The Brooks ? C'est malade. Les trois sets passent trop vite », dit-il.

Vers 21 h 30, le premier des trois sets du groupe commence au Dièse Onze. La salle se remplit devant les huit musiciens tassés comme des sardines sur la scène.

Plus la soirée avance, plus les esprits s'échauffent et les corps se délient (surtout ceux des deux dames lascives à l'avant). Lisa LeBlanc fait son arrivée. « Je vois enfin The Brooks pour la première fois. Depuis le temps qu'on m'en parle », nous dit-elle.

Vers 1 h du matin, la soirée est encore jeune, et The Brooks doivent encore jouer un set. Nous sortons du Dièse Onze et avons de la difficulté à croire que durant les trois heures précédentes, nous étions à Montréal et non pas dans un bar de Chicago.

Un nouvel album vendredi

Quelques jours plus tard, nous rencontrons The Brooks dans le studio des Productions TroubleMakers, où travaille Marc Bell. Le but : parler de l'album Pain & Bliss, qui sort vendredi et dont le spectacle-lancement aura lieu le 29 novembre au Théâtre Plaza. Y figurent les voix de Kim Richardson et Marie-Christine Depestre, ainsi que le quatuor 4Ailes. « Des membres de la famille », souligne le bassiste Alexandre Lapointe.

« Les gars, pensiez-vous que The Brooks allaient devenir un projet aussi sérieux ? »

« Non », répond le grand Daniel Thouin, qui a joué du clavier pour Yann Perreau, Daniel Bélanger, mais aussi pour Elvis Costello et Youssou N'Dour.

Si le groupe lance son deuxième album vendredi (« moins jammé que le premier », précise Marc Bell), c'est dans le but d'élargir son public et d'avoir une carte de visite pour tourner à l'extérieur de Montréal pendant des mois. Et même de pouvoir vivre de The Brooks.

« Quand Sharon Jones [NDLR : la chanteuse a succombé à un cancer vendredi] ou Charles Bradley viennent à Montréal, leurs salles sont pleines. Or, nous avons cela à Montréal aussi », fait valoir Alexandre Lapointe.

Le défi pour The Brooks : le nombre de têtes. Le mot d'ordre du groupe : les huit membres doivent jouer. Tant pis si le budget d'un festival ou d'une émission de télévision ne le permet pas.

« Tout le monde est important. Un gâteau sans farine, ça ne lève pas », illustre Maxime Bellavance.

Diffuseurs, vous voilà avertis.

Qui sont The Brooks ?

  • Alan Prater : chanteur
  • Philippe Look : guitariste
  • Alexandre Lapointe : bassiste
  • Maxime Bellavance : batterie
  • Marc Bell : percussions
  • Hichem Khalfa : trompettiste
  • Sébastien Grenier : saxophoniste
  • Dan Thouin : claviériste

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