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Vincent Moon: concerts à emporter, concept improvisé

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Vincent Moon... (Photo François Roy, La Presse)

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Vincent Moon

Photo François Roy, La Presse

Jean-Christophe Laurence
La Presse

En moins de cinq ans, le Français Vincent Moon est devenu le réalisateur-vedette de la blogosphère musicale. Adieu, vidéoclips surformatés...

Qu'ont en commun Arcade Fire, Tom Jones, REM, Karkwa, Beirut, Malajube et Fleet Floxes? Dans les faits, peu de choses. Sauf peut-être ceci: tous ces artistes ont participé aux fameux Concerts à emporter, du réalisateur français Vincent Moon.

Ce concept, à la fois banal et unique, consiste à filmer des musiciens jouant live et unplugged, dans un contexte improbable (lire: ailleurs que sur une scène), puis à diffuser ces petits concerts de poche sur l'internet. Pensons aux performances d'Arcade Fire dans un monte-charge, de REM dans une voiture, des Fleet Floxes dans un parc ou de Malajube dans les rues de Paris.

 

À une époque où à peu près n'importe qui peut afficher à peu près n'importe quoi sur YouTube, ces petits happenings captés sur le vif ont su se distinguer par leur simplicité visuelle et leur étonnante qualité sonore. En moins de cinq ans, Vincent Moon est devenu une vedette de la blogosphère musicale, ce qui explique pour beaucoup sa présence au festival Pop Montréal, où il donnera une conférence-projection, demain soir à L'Espace Réunion.

«Assez rapidement, je me suis rendu compte que l'idée du clip habituel - c'est-à-dire mettre des images formatées sur des musiques déjà enregistrées - ne m'intéressait pas du tout, explique ce photographe de formation, quand on lui demande d'expliquer la genèse des Concerts à emporter. Ce qui m'intéressait, moi, c'était de filmer des trucs en direct, spontanément, en remettant les artistes au niveau de la rue.»

Très vite, le concept a fait boule de neige. Pas seulement sur le site de la Blogothèque (www.blogothèque.net), qui héberge la plupart des films en question depuis 2005, mais aussi chez les musiciens, qui ont vu là une nouvelle et rafraîchissante façon de s'exposer. C'est ainsi que le groupe REM et le chanteur Tom Jones - pour ne citer que les plus connus - se sont soumis au jeu.

«Disons que ça change des entrevues super chiantes où les artistes se font toujours poser les mêmes questions, observe Vincent Moon. Nous, on arrive. On dit: on va passer une heure avec vous dans la rue; vous allez jouer de la musique et c'est tout. C'est naturel. Parce que du coup, on revient à un truc extrêmement simple. Et bien souvent, c'est tout ce que demandent les musiciens.»

Concept bidon

Malgré le succès de la formule (plus de 150 films jusqu'ici) et la participation de quelques grosses pointures, Vincent Moon avoue conserver un faible pour les réalisations à petit budget et les artistes émergents, dont il connaît parfois à peine la musique. Car ce qui l'intéresse, dit-il, c'est de «découvrir et de faire découvrir». Sans compter qu'avec les années, les Concerts à emporter sont devenus pour lui un prétexte à rencontres, bien plus qu'une finalité en soi. «C'est comme aller prendre une bière avec un mec que tu ne connais pas mais que tu trouves intéressant. Sauf qu'au lieu de discuter, il y en a un qui joue et l'autre qui filme. Tout est dans l'interaction et la prise de risque mutuelle.»

Dans tous les cas, la formule a commencé à faire des émules. En France, des magazines culturels comme Télérama et Les Inrockuptibles offrent désormais sur le web leur propre version des concerts à emporter. Idem pour l'influent site de Pitchfork aux États-Unis, une référence en musique. Vincent Moon n'a rien contre cette récupération généralisée. Mais il déplore que ce soit devenu un «truc à la mode», trop souvent «naze» et «lamentable».

Pas question, cela dit, de faire breveter son concept. Ce serait, selon lui, d'une grande prétention. Car cet adepte du «creative commons» (droits d'auteurs appliqués au Net) estime n'avoir strictement rien inventé avec ses Concerts à emporter.

«C'est un concept bidon, souligne celui qui prépare actuellement un documentaire sur le chanteur japonais Kazuki Tomokawa. Filmer des musiciens dans la rue, ç'a toujours existé. Nous, on l'a fait au bon moment, avec les bonnes personnes, et on l'a bien fait. Mais ce n'est rien de nouveau. Ce qui m'intéresse, surtout, c'est que d'autres le fassent dans le même esprit d'amateurisme. C'est-à-dire par passion et pas pour une histoire d'argent...»

Conférence-projection de Vincent Moon, demain, 20h à l'Espace Réunion, 6600, rue Hutchison (angle Beaubien).

Pour en savoir plus sur le travail de Vincent Moon: www.blogothèque.net www.fiumenights.com www.temporaryareas.com

 

Groupes d'ici à emporter

Vincent Moon et le rock montréalais, c'est une histoire qui se poursuit. Après avoir filmé Arcade Fire, Malajube et Karkwa, le vidéaste tournera plus de 10 Concerts à emporter pendant son actuel séjour à Montréal. Voici la liste des groupes locaux - pour la plupart encore méconnus - qu'il ajoutera à sa Blogothèque.

> Adam & The Amethysts

> The Luyas

> Shapes & Sizes

> tUnE-YaRdS/Sister Suvi

> Witchies

> Clues

> Braids

> Young Galaxy

> Mittenstrings

> My People Sleeping

> Little Scream

 

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