Kyan Khojandi: un coeur gros comme ça

Kyan Khojandi évoque notamment dans son spectacle la... (PHOTO LOUIS LONGPRÉ, FOURNIE PAR LE ZOOFEST)

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Kyan Khojandi évoque notamment dans son spectacle la mort de son père avec respect, lucidité, reconnaissance et humour.

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Les fans de la série française Bref ont rendez-vous jusqu'au 26 juillet avec son brillant concepteur, Kyan Khojandi, qui présente son spectacle solo, Pulsions, dans le cadre de Zoofest. Une performance à la fois simple et professionnelle, sensible et efficace.

«Eh oui, c'est le gars de Bref! C'est quoi son nom déjà? Il fait moins gros, non?» À peine arrivé sur scène, Kyan Khojandi établit un contact avec la série fétiche qui a fait sa renommée en France, mais aussi un peu au Québec. Pour s'en éloigner aussitôt, car il a choisi de parler de ses pulsions, du fait que les humains sont des animaux qui contrôlent autant que faire se peut leurs pulsions.

Il donne l'exemple de sa propension à manger un peu trop, ce qui, du coup, l'a amené à faire du sport. Et ça a marché: il a perdu 6 kg! Qui dit sport dit endorphine, alors il poursuit en regrettant l'insouciance et le dynamisme de la jeunesse.

«Quand on était gamin, on était toujours en train de bouger, donc on sécrétait beaucoup d'endorphine. On faisait des trucs de défoncés comme manger du chocolat. On s'endormait partout, on n'avait aucune notion du temps et on s'inventait des histoires avec rien du tout. Des trucs de défoncés, quoi! Puis, à 12-13 ans, le regard des autres entre dans ta vie...»

Moins insouciant à 32 ans, Kyan Khojandi essaie comme tout le monde d'être heureux, notamment d'être fidèle à sa blonde. «Pour ça, j'ai une technique, dit-il. Je me branle énormément! Comme le héros de Bref!»

Dans un des meilleurs passages du spectacle, il évoque la mort de son père, avec respect, lucidité, reconnaissance et toujours de l'humour. «J'espère avoir des enfants, faire quand même quelque chose de tout ce sperme dont je parle depuis le début!», lance cet humoriste rarement vulgaire, mais qui ouvre un peu les vannes parfois.

Inspiré par Montréal

Quand il imagine inventer un «wi-feed» qui aurait pour but de nourrir le monde, il est moins intéressant et plus opaque. Heureusement, il revient vite sur le terreau de l'amitié et de l'entraide. Des sujets qu'il traite avec finesse, l'air de rien. Il s'épanche sur ses rêves, imite Donald Duck et décrit longuement ce qu'il ferait s'il ne lui restait que 25 secondes à vivre. Pour conclure qu'il ferait des blagues. Naturellement.

Avant de quitter la scène, il a lu un petit texte. Sur son passage à Montréal. Sur nos températures en dents de scie. Sur ses difficultés avec le décalage horaire et sur la poutine. Il a fini en parlant de ce billet de train de 20 euros qu'il a acheté un jour pour tenter sa chance à Paris et de cette ascension tranquille qu'il a entreprise grâce «à cette pulsion qui est en [lui]», dit-il.

Grâce à un talent énorme aussi, à une tête sur les épaules et à un coeur gros comme ça. Ils sont rares, en effet, les humoristes qui sortent de la salle les premiers pour aller serrer la main de chaque spectateur. Un grand monsieur, ce Kyan Khojandi.

Première partie

En première partie, Roman Frayssinet, humoriste montréalais d'origine française fraîchement diplômé de l'École nationale de l'humour, a parfaitement rempli son rôle de «chauffer» la salle en parlant de sa qualité de Français. «Je suis jamais content et je fume tout le temps, donc je suis très français! Mais le pire, c'est que je ne peux pas admettre que j'ai tort, donc je ne peux pas arrêter de fumer sinon ce serait admettre que j'ai eu tort!»

Alliant réflexions sur ses comportements et échanges directs avec le public, Roman Frayssinet se produira 60 minutes pendant Zoofest, du 26 juillet au 1er août, au théâtre Sainte-Catherine.

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Pulsions, de Kyan Khojandi, à l'Espace Zoofest (1564, rue Saint-Denis) jusqu'au 26 juillet, à 22h.

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