Il faut compter sur Ambrose Akinmusire

Mardi, Ambrose Akinmusire complétait son programme de trois... (Photo Marie-Claire Denis, pour le FIJM)

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Mardi, Ambrose Akinmusire complétait son programme de trois concerts en série Invitation avec le pianiste arménien Tigran Hamasyan, musicien désormais consacré

Photo Marie-Claire Denis, pour le FIJM

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À ce FIJM, le trompettiste Ambrose Akinmusire est l'un de ces artistes de jazz acoustique qui puissent prétendre contribuer au renouvellement de cette forme apparemment classique voire flétrie, vieillissante.

Apparemment, faut-il insister, puisque les mutations considérables de la diffusion jazzistique produisent un impact direct sur les perceptions et contribuent de facto au déclin provisoire de l'intérêt porté sur l'idiome. Qu'y peut-on? Pas grand-chose pour l'instant, sauf multiplier les efforts individuels afin de suivre la démarche des artistes les plus intéressants.

À ce titre, Ambrose Akinmusire est un des plus beaux contre-exemples de cette perception quelque peu démoralisante.

Bien que préconisant une instrumentation acoustique, les compositions émanant de son superbe quintette et autres projets connexes offrent aux mélomanes bien assez de substance pour leur donner envie de continuer à vivre l'aventure du jazz.

Cette musique est exceptionnelle pour le rythme très spécial de certains tracés mélodiques, pour la singularité de ses orchestrations, pour la grande qualité des improvisations individuelles ou collectives qui en émanent, pour la cohésion exceptionnelle de la formation qui la porte, pour la vaste culture à sa base - musiques noires, musique blanches, musiques du monde, musiques sérieuses ou populaires, acoustiques, électroniques.

Affirmons sans ambages que ce quintette est actuellement l'un des plus excitants du renouveau jazzistique. Surtout écrites Ambrose Akinmusire et son excellent saxophoniste Walter Smith, ces musiques peuvent compter sur la compétence exceptionnelle du batteur Justin Brown (qu'on peut entendre avec d'autres dont le bassiste Thundercat), du contrebassiste Harish Raghavan, du subtil pianiste Samuel Harris.

Aucun de ces instrumentistes ne redéfinit actuellement les paramètres du jeu individuel, tous peuvent être fiers d'une contribution collective de haute tenue. Collectif d'exception qu'il faudra suivre de près.

C'est dire que ce trompettiste encore associé à la jeunesse (début trentaine) fait partie du club sélect de la nouvelle génération jazz : Vijay Iyer, Tigran Hamasyan, John Escreet, Kris Bowers, Mark Guiliana, Aaron Parks, Robert Glasper, Rudresh Mahanthappa, Gretchen Parlato et autres Paal Nilssen Love.

À l'évidence, Ambrose et ses collègues ont soif de recherche et disposent déjà d'un corpus important de musiques originales. Et dont certaines pourraient fort bien marquer l'histoire du jazz, tôt ou tard.

Mardi, par ailleurs, Ambrose Akinmusire complétait son programme de trois concerts en série Invitation avec le pianiste arménien Tigran Hamasyan, musicien désormais consacré. En formule quartette, Ambrose et Tigran ont offert une magnifique prestation, constituée de leurs compositions respectives. L'ensemble n'avait pas la cohésion de celui de la veille (le quintette s'est produit lundi au Gesù), la rencontre entre les deux leaders esthétiques fut néanmoins très réussie, nourrissante à souhait.




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