Amnesia Rockfest: cinq moments marquants

Puscifer en spectacle au Rockfest.... (PHOTO NINON PEDNAULT, LA PRESSE)

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Puscifer en spectacle au Rockfest.

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Hugo Meunier
Hugo Meunier
La Presse

Quelque 130 groupes ont défilé sur les cinq scènes de l'immense site situé en bordure de la marina de Montebello, en Outaouais, pour la 11e édition du Rockfest, un festival qui gagne en popularité année après année. Voici cinq moments qui ont retenu notre attention cette année.

Puscifer fait diversion

Gros coup de coeur, vendredi soir, pour la première visite québécoise de Puscifer, la créature de l'étrange chanteur de Tool, Maynard James Keenan. Des musiciens masqués en luchadors, incluant le soliste coiffé d'un habituel mohawk, sans oublier les figurants musclés ou pulpeuses sur scène pour dérouter le spectateur. Le groupe a même poussé la diversion jusqu'à improviser des numéros de lutte dans un ring érigé sur scène pendant les pièces. Une diversion, parce que, fidèle à son habitude, Keenan se tenait en retrait, loin des projeteurs, se contentant de remplir le seul rôle qu'on lui avait confié: offrir un spectacle de qualité, marginal, voire burlesque. Un mandat rempli avec brio, notamment pendant les pièces Breathe et The Remedy. La voix puissante et atmosphérique de l'intense Keenan sur une musique planante semblait susciter plus de curiosité que d'enthousiasme chez le public, peut-être juste content de souffler un peu.

Chorale pour Blink-182

Des feux d'artifice illuminaient le ciel juste avant l'arrivée de Blink-182 un peu avant minuit, vendredi. Le fondateur du Rockfest Alex Martel est allé en personne réchauffer la foule compacte et survoltée. «Ayez du fun en fin de semaine, soyez hydratés!», a-t-il lancé sous les acclamations. Quelques secondes plus tard, la foule scandait «Blink! Blink!», en plus d'y aller avec les «ohé ohé ohé ohé» d'usage. Pendant environ 90 minutes de concert, le groupe californien, généreux, a balancé une vingtaine de chansons, dont les favorites What's my Age Again, The Rock Show, I Miss You (magique!) Always, Stay Together for the Kids, All the Small Things, pour conclure en beauté avec l'inévitable Dammit. Le trio a aussi présenté quelques pièces de California, son album à venir, dont Bored to Death, bien accueillie. C'était frappant de voir le bassiste et parfois chanteur Mark Hoppus prendre beaucoup de place sur scène, davantage en tout cas que le nouveau venu et soliste Matt Skiba, moins exubérant que son prédécesseur Tom DeLonge, parti étudier les extraterrestres. Bref, c'était beau à voir et à entendre, tant sur scène que chez les spectateurs qui ont formé, l'instant d'un concert, une grande chorale un peu nostalgique.

Fred Durst se paye la traite

Ah, qu'il avait l'air de s'amuser le Fred Durst, lorsque Limp Bizkit s'est avancé devant une mer de monde, samedi soir. Volubile, il a d'abord réchauffé la foule avec une reprise de Ministry, avant d'enfiler les plus grands succès du troisième album Chocolate Starfish and the Hot Dog Flavored Water. Un cadeau pour les fans pour souligner les 20 ans du groupe. On a donc eu droit à Rollin', My Way, Take a Look Around, sans oublier la virile reprise de Faith (George Michael) et une portion du classique Walk (Pantera). Entre les chansons, Fred Durst multipliait les interactions avec le public, à l'aise comme un poisson dans l'eau (ou quelqu'un en boisson à Montebello). Comme s'il voulait prolonger le plaisir de jouer devant autant de monde. Probablement un peu hanté par la mort d'une spectatrice écrasée dans des mouvements de foule lors d'un concert en Australie il y a 15 ans, Fred Durst a demandé à quelques reprises aux gens de se calmer. Pas évident toutefois de suivre la consigne, surtout si l'on enchaîne avec My Generation. Heureusement, personne n'est mort, et tout le monde est reparti avec un sourire estampé au visage.

Une messe signée Grimskunk

L'avantage lorsqu'on travaille de ce côté-ci du clavier, c'est qu'on peut décider de parler de ce qu'on veut. Bien sûr, on pourrait parler d'Ice Cube (excellent!) ou de Rise Against, qui ont fait déplacer les foules. Mais comment rater la prestation des vétérans québécois de Grimskunk, qui ont une fois de plus démontré pourquoi ils roulent encore après toutes ces années. Pour un fan, un spectacle de Grimskunk est toujours une messe, un trip de gang contagieux où on se sent le bienvenu. Bref, un moment inoubliable, celui pendant lequel tu réalises en te tournant vers ta voisine de droite, une bière à la main, à quel point t'es chanceux d'être là. C'était donc tout ça, tard samedi soir, pendant que Franz Schuller, Joe Evil, Vincent Peake (en feu!) et les autres balançaient les Silverhead, Set Fire to the Nation, Perestroïka, sans oublier Le gouvernement songe, La vache (ah qu'on aime La vache!) et les cris de mort sur Rooftop Killer.

Un coup de chapeau également au groupe culte de Jonquière Voivod, qui s'est produit sur la scène québécoise un peu plus tôt. «On ne t'oubliera jamais!», a lancé le chanteur Denis Snake Bélanger, en hommage au regretté guitariste Denis Piggy D'Amour, avant que le groupe conclue son set avec sa version psychédélique d'Astronomy Domine.

Les héros de l'ombre

Il n'y a pas que les spectacles qui soient marquants durant un festival, certains personnages le sont également, comme ce résidant posté au coin d'une rue pour rafraîchir les passants avec son boyau d'arrosage ou ce gars en costume de Spiderman exagérément moulant. Mais surtout, il faut saluer le travail des équipes de premiers soins déployées sur le site, qui traitaient les patients, nombreux, sous une tente près d'une scène. Intoxications, coups de chaleur, blessures de mosh pit: le personnel ne chômait pas. «Seulement [vendredi], on a organisé 13 transports à l'hôpital, sans compter les gens traités sur place», a expliqué, entre deux appels, Kim Duchesne, copropriétaire de Premiers soins Medtrakevac. Dans une salle de repos patentée dans un coin de la tente, un jeune homme était étendu sur une civière, dans les vapes. Un autre est entré, la main sur son nez ensanglanté.

Les agents de sécurité mériteraient aussi une médaille pour leurs efforts durant la fin de semaine. Contenir des gens survoltés et souvent intoxiqués et accueillir les nombreux adeptes de bodysurfing à l'avant de la scène semblent relever du sport extrême. Ceux aperçus gardaient un sang-froid olympien et traitaient leur clientèle avec professionnalisme. Mention spéciale à celui qui lançait de sa propre initiative des bouteilles d'eau à la foule pendant la prestation de Grimskunk.

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