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Du grand baroque signé Labadie-Arion

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Claude Gingras
La Presse

Arion a fait un choix original pour clore sa saison: l'ode pastorale L'Allegro, Il Penseroso ed Il Moderato de Handel. L'oeuvre en trois parties et faisant deux heures, entracte compris, requiert un choeur. L'occasion était donc bonne de réinviter Bernard Labadie et ses 20 choristes de la Chapelle de Québec à compléter l'affiche. Le concert, donné jeudi soir à la salle Claude-Champagne et hier soir à Québec, est repris ce soir même à Claude-Champagne.

Déjà peu connue, l'oeuvre est difficile à décrire. Elle consiste en une quarantaine de numéros, principalement des récitatifs et airs, parfois avec choeur, qui, selon le programme fourni par Arion, dépeignent «les charmes de la vie à la campagne». Les voix solistes incarnent les trois personnages du titre, qui sont, d'après le Larousse de la musique, la Gaieté, la Mélancolie et la Modération. La présente audition en réunit quatre, alors qu'on en compte jusqu'à sept dans l'enregistrement de Gardiner. Pour ajouter à la confusion, le texte n'est donné qu'en anglais dans le programme. Or, cet anglais d'une autre époque, signé Jennens et Milton, est plutôt hermétique. Exemple: «Join with thee calm peace, and quiet, spare fast, that oft with gods doth diet.» Ce qui explique peut-être l'absence de traduction!

Quoi qu'il en soit, l'exécution est absolument brillante et devrait combler tous les amateurs de baroque. Bien que n'appartenant pas à ce cénacle, force m'est de reconnaître la subtilité de la direction de Labadie -qui nage dans cette musique avec une évidente volupté-, la virtuosité de l'orchestre d'instruments d'époque (comprenant petit orgue, clavecin et glockenspiel), la vie et le relief du choeur, dont certaines interventions préfigurent Messiah, ainsi que l'excellence à peu près sans ombres des quatre solistes.

Dominique Labelle, qui a ici le plus à faire, chante avec l'envergure technique et expressive d'une artiste de premier plan. Son duo avec la flûte de Claire Guimond est à ravir. Nathalie Paulin n'est pas tout à fait du même niveau mais se défend très bien. J'ai déjà noté que le timbre de Frédéric Antoun avait perdu un peu de son éclat. Mais la voix reste chaleureuse et même virtuose. Seul étranger de la distribution, l'Américain Michael Dean projette un baryton grave et solide.

Donné à la mémoire du père Fernand Lindsay, le concert de jeudi a attiré environ 350 personnes.

ORCHESTRE BAROQUE ARION et LA CHAPELLE DE QUÉBEC. Dir. Bernard Labadie. Solistes: Dominique Labelle et Nathalie Paulin, sopranos, Frédéric Antoun, ténor, et Michael Dean, baryton. Salle Claude-Champagne de l'Université de Montréal jeudi soir; reprise ce soir, 20h. Programme: L'Allegro, Il Penseroso ed Il Moderato, ode pastorale en trois parties, HWV 55 (1740) - Handel




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