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De local à mondial: Croissance en terre étrangère

«Notre domaine fonctionne beaucoup avec le bouche-à-oreille, et... (PHOTO PASCAL RATTHÉ, ARCHIVES LE SOLEIL)

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«Notre domaine fonctionne beaucoup avec le bouche-à-oreille, et ce qui peut le favoriser: réseaux sociaux, journaux locaux. Même si l'agriculture est une grosse industrie, c'est une dynamique locale», explique Jocelyn Boudreau.

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Marc Tison
La Presse

Une suggestion de Charles Sirois, fondateur et président du conseil de Telesystem: «Hortau possède une technologie agricole avancée en matière de gestion de l'eau et elle vend presque l'ensemble de ses produits aux États-Unis, principalement en Californie.»

Hortau

> Fondation: 2002

> Fondateurs: Jocelyn Boudreau et Jean Caron

> Siège social: Québec

> Employés: 50, dont 25 au Québec

Jocelyn Boudreau habite depuis plus d'un an en Californie avec sa conjointe et ses trois enfants. La vie sous le rude climat californien est le prix à payer pour soutenir les activités de son entreprise à l'étranger.

«La majorité de notre croissance se fait du côté américain, principalement en Californie», explique le président-directeur général d'Hortau, fabricant de systèmes de gestion de l'irrigation agricole. «Être plus proche des clients et de la situation locale est un gros avantage.»

Hortau a été fondée en 2002 par Jocelyn Boudreau, ingénieur agricole titulaire d'une maîtrise en physique du sol, et Jean Caron, agronome et docteur en physique du sol.

L'entreprise a mis au point un système de mesure de la tension dans les sols agricoles, pour ajuster l'irrigation selon les besoins des plantes.

La tension n'indique pas la quantité d'eau dans le sol, mais sa disponibilité.

Pour divers terrains d'une même teneur en eau, différentes conditions, notamment la composition du sol, peuvent faire varier la facilité de la plante à extraire cette eau. En d'autres termes, plus la tension dans le sol est basse, moins la plante doit exercer de pression pour l'extraire, et mieux elle se porte.

En mesurant la tension du sol plutôt que sa teneur en eau, Hortau peut donc ajuster l'irrigation selon les besoins réels de la plante, et prévenir chez elle le phénomène néfaste du stress. Résultat, la plante est d'excellente humeur, croît avec enthousiasme et fait le bonheur de son agriculteur.

Les sondes de tension sont reliées à une station de contrôle autonome, alimentée par énergie solaire. Les stations sont contrôlées à distance par communication sans fil, à l'aide d'une plateforme en infonuagique.

Ce système gère l'eau comme sont gérés les engrais et autres facteurs de productivité de la culture. «L'accent est d'abord mis sur la croissance de la culture, mais le résultat, c'est qu'on finit toujours par économiser une très grande proportion d'eau, en général entre 25 et 35%, explique Jocelyn Boudreau. Même chose pour l'énergie.»

Croissance, donc croissance

Les trois quarts du chiffre d'affaires proviennent de la Californie, où Hortau est installée depuis la fin de 2007. «On a de la concurrence, mais nous sommes les leaders en Californie dans notre domaine», soutient son président.

Depuis un an, le chiffre d'affaires d'Hortau en Californie a bondi d'au moins 70%.

L'entreprise génère ses revenus avec un abonnement mensuel plutôt qu'avec la vente de ses systèmes. À l'heure actuelle, Hortau signe environ 1000 nouveaux abonnements par année.

Avec la croissance de son chiffre d'affaires et le coût de l'équipement qu'elle doit assumer, la pression sur ses finances est toutefois élevée. L'entreprise fait appel au capital de risque à répétition. La dernière en date: un investissement de 3,5 millions par Avrio Capital, un peu plus tôt cette année.

L'industrie agricole, malgré sa taille, demeure très fragmentée. «Notre domaine fonctionne beaucoup avec le bouche-à-oreille, et ce qui peut le favoriser: réseaux sociaux, journaux locaux, décrit Jocelyn Boudreau. Même si l'agriculture est une grosse industrie, c'est une dynamique locale.»

Il n'existe pas non plus de canal de distribution approprié à son produit.

C'est pourquoi Hortau a favorisé la vente directe. «On s'implante avec une première personne, puis on ouvre un bureau de vente.»

Cette méthode prudente ne favorise pas une croissance spectaculaire, mais ses racines sont profondément implantées.

Au cours des deux prochaines années, Hortau étendra d'ailleurs ses activités dans le Midwest et au Texas.

Jocelyn Boudreau vise encore plus loin. Il pourrait ensuite tâter les marchés de l'Amérique du Sud - Brésil, Chili, Argentine -, du sud de l'Europe et de l'Afrique du Nord.

Mais il n'a pas parlé d'y déménager sa famille.




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