Marc Bibeau: le PLQ accepte l'intervention de la vérificatrice générale

La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.... (Clement Allard, archives PC)

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La vérificatrice générale du Québec, Guylaine Leclerc.

Clement Allard, archives PC

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Les libéraux ont finalement cédé: ils acceptent de mandater la vérificatrice générale pour fouiller dans les contrats conclus par l'État avec Marc Bibeau, cet ancien collecteur de fonds du Parti libéral du Québec (PLQ) actuellement sous enquête criminelle.

Les élus du gouvernement Couillard ont voté jeudi en faveur d'une motion de la Coalition avenir Québec (CAQ) qui réclamait depuis mercredi l'intervention de la vérificatrice générale Guylaine Leclerc. Le parti de François Legault veut ainsi savoir si M. Bibeau a pu bénéficier de conditions préférentielles ou de tarifs avantageux.

À l'origine, le premier ministre Philippe Couillard avait pourtant exprimé une fin de non-recevoir. Il avait plaidé que Mme Leclerc avait déjà tout le loisir d'enquêter sur les sujets qu'elle juge pertinents et que ce n'était pas aux partis à lui dicter sa conduite. François Legault lui avait alors demandé qui il voulait ainsi protéger.

Le premier ministre et son gouvernement ont finalement accédé à la demande de la CAQ dans un vote unanime jeudi matin sur cette motion: «Que l'Assemblée nationale confie au Vérificateur général du Québec le mandat d'étudier les liens commerciaux, notamment les contrats de location et les baux conclus entre les entreprises de Marc Bibeau et toute entité publique du gouvernement, en se penchant particulièrement sur les conditions d'octroi et les conditions financières de ces derniers».

Plusieurs organismes de l'État auraient signé une quarantaine de baux avec des entreprises de Marc Bibeau.

Les soupçons planent depuis plusieurs années sur les activités de cet ex-grand argentier du PLQ et proche de l'ancien premier ministre Jean Charest, qui est dans la mire de l'Unité permanente anticorruption (UPAC) depuis plusieurs années, a-t-on appris en début de semaine.

De nombreux documents ont été divulgués, dont les allées et venues de MM. Charest et Bibeau à l'étranger, des fiches contenant des renseignements personnels, ainsi qu'un organigramme sur le «financement politique illégal», au centre duquel se trouvent notamment MM. Charest et Bibeau ainsi que Violette Trépanier, aussi en charge du financement au PLQ.

Une déposition de l'ancien délégué général du Québec à New York, Bruno Fortier, soutient aussi que MM. Charest et Bibeau étaient des amis proches, qui voyageaient ensemble, etc.

On a aussi appris cette semaine que le chef de cabinet du premier ministre Couillard, Jean-Louis Dufresne, avait eu des liens avec Marc Bibeau.

L'entreprise dont M. Dufresne était autrefois vice-président, BCP, a reçu à compter de 2010 un mandat d'affaires publiques de Beauward, l'entreprise de M. Bibeau, et à ce titre, M. Dufresne a dit n'avoir eu «que des liens professionnels» avec lui.

Philippe Couillard a dit qu'il était au courant de la situation et qu'il n'y a rien vu de mal, puisqu'on ne peut reprocher à quelqu'un d'exercer sa profession, selon lui. Le Parti québécois a demandé la démission du chef de cabinet.

Rappelons que la vérificatrice générale enquête déjà sur quatre baux signés avec le promoteur Georges Gantcheff, au centre d'allégations de fraude dans des transactions immobilières avec la Société immobilière du Québec (SIQ), avec des proches du Parti libéral, William Bartlett, Franco Fava, Charles Rondeau et Marc-André Fortier.




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