La CAQ rejette l'idée d'un référendum sur l'austérité

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Le porte-parole caquiste pour le Conseil du trésor, Éric Caire

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
Québec

Alors que l'opposition péquiste tend l'oreille, la Coalition avenir Québec (CAQ) dit non à la tenue d'un référendum sur l'austérité.

En entrevue avec La Presse Canadienne mardi, le porte-parole du Parti québécois pour le Conseil du trésor, Alain Therrien, a prédit que le gouvernement libéral subirait une défaite probante s'il appelait la population à se prononcer sur ses politiques de restrictions budgétaires.

«S'ils (le gouvernement Couillard) veulent aller en référendum pour dire à la population où ils s'en vont avec l'austérité, ça pourrait être intéressant», a déclaré le député de Sanguinet, sûr du résultat de l'exercice.

«Ils se feraient battre, j'en suis convaincu. Ils se sont fait élire sous de fausses représentations en promettant de contrôler les dépenses et de créer des emplois. Le gouvernement n'a jamais eu le mandat d'appliquer des politiques sévères d'austérité qui mettent en péril le modèle québécois», a-t-il ajouté.

Quant à lui, le porte-parole caquiste pour le Conseil du trésor, Éric Caire, a soutenu que le gouvernement libéral avait toute la légitimité démocratique requise pour rééquilibrer les finances publiques et résister aux groupes de pression sans autre consultation.

«On a un gouvernement qui a été élu démocratiquement, légitimement, on a un deuxième groupe d'opposition qui a été chercher le quart de l'électorat avec un programme à visière levée, (le gouvernement) a la légitimité en sa faveur et n'a pas besoin d'aller chercher un autre argument pour faire taire des gens qui de toute façon vont crier», a déclaré le député de La Peltrie.

Dans un texte paru mardi, l'éditorialiste André Pratte de La Presse propose la tenue, cet hiver, d'un référendum sur le plan de redressement des finances publiques mis en oeuvre par le gouvernement. À ses yeux, un appui de la «majorité silencieuse» en faveur de la démarche initiée par les libéraux tuerait dans l'oeuf la mobilisation syndicale qui se met en branle pour forcer le gouvernement à rebrousser chemin. L'éditorialiste en chef du quotidien montréalais suggère aux libéraux de tenter de s'entendre avec la CAQ et le Parti québécois sur la date et le libellé de la question afin de maximiser la crédibilité de la consultation.

Mais la CAQ n'entrera pas dans le jeu. Le député Caire considère que l'austérité dénoncée à grands cris par les syndicats n'existe pas au Québec. À l'instar du premier ministre Philippe Couillard, il croit que l'austérité est une «vue de l'esprit» puisque le gouvernement se contente de freiner la croissance des dépenses plutôt que d'imposer des coupes massives.

«Il n'y en a pas d'austérité, estime M. Caire. Là où il y aurait eu possibilité de couper et de vraiment y aller avec de la rationalisation, (le gouvernement) a mis des comités en place et n'agit pas. Ce n'est pas un gouvernement en manque de légitimité, c'est un gouvernement qui n'a pas de courage.»

M. Caire croit que le gouvernement libéral aurait «le poids du nombre de son côté» si jamais il décidait de soumettre à une consultation populaire son programme d'assainissement des finances publiques. Néanmoins, l'élu de la région de Québec pense qu'un référendum serait inutile, car à son avis, les centrales syndicales trouveront toujours un prétexte pour perturber l'ordre social au profit de leurs intérêts corporatifs.

«Les syndicats, de toute façon, vont manifester, vont trouver des façons de perturber l'ordre social, c'est dans leur façon de faire, dans leur ADN. Quand les syndicats n'ont pas ce qu'ils exigent, (ils sont) comme des enfants qui font une crise jusqu'à ce qu'on leur donne ce qu'ils demandent. À un moment donné, il va falloir casser ce pattern-là aussi», a-t-il dit.

Pour la Coalition avenir Québec, les Québécois ont déjà donné leur aval au redressement des finances publiques lorsqu'ils ont élu une nette majorité de candidats libéraux et caquistes au scrutin d'avril 2014.

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