Négos avec les médecins spécialistes: ébauche de loi spéciale

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Gaétan Barrette a précisé jeudi que depuis cette déclaration, il n'avait pas eu de contacts avec la Fédération.

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Patrice Bergeron
La Presse Canadienne
Québec

Les grandes lignes de la loi spéciale qui toucherait les médecins spécialistes sont à l'ébauche, a annoncé jeudi le ministre de la Santé, Gaétan Barrette.

Dans un point de presse jeudi matin, le ministre a dit que le gouvernement a défini les paramètres de cette législation d'exception, devant l'impasse des pourparlers entre Québec et la Fédération des médecins spécialistes du Québec (FMSQ) à propos de l'étalement de leurs augmentations de salaire. Mais son patron, Philippe Couillard, a par la suite tempéré ses propos et laisse encore du temps aux négociations.

Cette sortie du ministre survient au lendemain d'une conférence de presse de la présidente de la FMSQ, Diane Francoeur, qui l'a accusé de mentir à la population et qui a réclamé l'intervention du premier ministre Couillard dans le dossier.

Gaétan Barrette a précisé jeudi que depuis cette déclaration, il n'avait pas eu de contacts avec la Fédération. Il a aussi soutenu qu'il n'avait même pas de proposition formelle sur la table de la part des médecins spécialistes, mais seulement des hypothèses énonçant des conditions.

«Au moment où on se parle, disons que les grands principes (d'un projet de loi spéciale) sont convenus», a-t-il déclaré avant d'entrer à la réunion du caucus libéral. Le gouvernement se prépare à cette éventualité parce que le temps commence à presser, a-t-il poursuivi.

«Si on arrive à l'équilibre budgétaire en (2015-2016) , ce ne sont pas des économies qu'on va commencer à aller chercher le 25 mars 2016, là! Il faut retourner à l'équilibre budgétaire en 2016, il faut commencer à un moment donné.»

Le gouvernement tente d'étaler la hausse totalisant 1,2 milliard $ au-delà de l'entente prévue avec les spécialistes et les omnipraticiens, qui devait se conclure en 2017. La Fédération des médecins omnipraticiens (FMOQ) a mis sur la table un scénario d'étalement de sept ans, en tenant compte des deux années les plus difficiles, 2014-2015 et 2015-2016, pour revenir au déficit zéro, a expliqué le ministre en la louangeant.

«Aujourd'hui, nous allons contacter la FMOQ, parce que ça va mieux avec eux et c'est tellement simple.»

En revanche, la FMSQ demande des «sommes gargantuesques» pour les deux années, «une période où on demande à la population de faire de très grands efforts», a déploré M. Barrette, qui exige une vraie proposition et non seulement ce qu'il qualifie d'hypothèse assortie de conditions.

«Il me faut une proposition complète, concrète, chiffrée, ce que la FMOQ a fait, ce que la FMSQ n'a pas fait.»

Le ministre soutient que la balle est dans le camp des spécialistes maintenant. Mercredi, il avait affirmé qu'il donnait environ encore deux semaines aux négociations.

Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard a tenu à calmer le jeu et minimiser les propos de son ministre en repoussant l'hypothèse de la loi spéciale. «Il n'est pas question de loi spéciale, a-t-il affirmé peu après son ministre. Actuellement, on discute, on souhaite des ententes. Les omnipraticiens ont fait une approche constructive, au moins il y a de quoi discuter. Mais il faut que les propositions soient réalistes et maintiennent l'objectif fondamental de l'atteinte de l'équilibre budgétaire.»

Et il écarte la possibilité d'intervenir dans le dossier. «L'interlocuteur, c'est le docteur Barrette», a-t-il dit, en invitant plutôt la FMSQ à déposer une proposition.




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