Charte: Yves Michaud admet s'être «gouré»

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M. Michaud a assuré qu'il respecte l'opinion des gens dans le débat sur la laïcité et les valeurs québécoises, qu'il s'agisse d'un avis favorable ou non.

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Martin Ouellet
La Presse Canadienne
QUÉBEC

Yves Michaud admet avoir commis une bourde cette semaine en proposant aux adversaires du projet de charte de la laïcité de quitter le Québec.

Le ministre des Institutions démocratiques, Bernard Drainville, a condamné sans réserve, vendredi, la sortie du militant indépendantiste Yves Michaud contre les opposants à la charte des valeurs.

«Je ne partage pas le point de vue de M. Michaud. Il est allé trop loin et je pense que lui-même l'a reconnu. En démocratie, nous devons discuter de nos positions et accepter les divergences d'opinions. Ce type de commentaire n'aide pas le débat», a dit le ministre responsable du projet en entrevue à La Presse Canadienne.

«Nous devons maintenir des échanges respectueux. Ce n'est pas parce que quelqu'un est en désaccord avec notre point de vue que l'on doit l'inviter à partir», a-t-il ajouté.

M. Michaud a admis avoir commis une bourde plus tôt cette semaine en invitant ceux qui veulent afficher leur foi et qui s'objectent aux interdits vestimentaires inscrits dans le projet de charte à aller «dans un pays où c'est toléré».

Rejoint par téléphone vendredi, M. Michaud a précisé que sa sortie ne visait pas tous les opposants au projet mais seulement les employés des secteurs public et parapublic qui refuseront, une fois la charte adoptée, de se soumettre à l'interdiction de porter des signes religieux en milieu de travail.

«Je me suis gouré. Ma suggestion de plier bagage s'adressait aux fonctionnaires de l'État qui ne voudraient pas se soumettre à la future charte. Et encore là, c'était peut-être pousser le bouchon un petit peu loin. Errare humanum est, que celui qui est sans péché me jette la première pierre», a déclaré l'octogénaire.

L'ex-député libéral, passé dans le camp souverainiste au début des années 1970, assure qu'il respecte l'opinion des uns et des autres dans le débat sur la laïcité et évite désormais de suggérer l'exil aux fonctionnaires outrés par le projet de charte.

Par contre, il n'hésite pas à appeler au congédiement des employés des services publics qui défieront les exigences de la loi - si bien sûr le projet de loi 60 instituant la charte est adopté par l'Assemblée nationale.

«S'ils ne veulent pas enlever la kippa, le kirpa et je ne sais trop, dans les hôpitaux et tout ça, que le gouvernement les mette à la porte, a-t-il lancé. Ils ne sont pas obligés de quitter le Québec, ils peuvent se trouver une autre job. C'est la moindre des choses.»

Dès que le charte aura force de loi, tous devront s'y conformer, a insisté M. Michaud, ancien délégué général du Québec à Paris.

«Il va falloir que les fonctionnaires obéissent. S'ils n'obéissent pas, le gouvernement peut et doit les mettre dehors. On ne fait pas des lois qui ne sont pas respectées», a-t-il dit.

À cela, le ministre Drainville réplique que l'intention du gouvernement est de «garder tout le monde».

«Je le dis depuis le début de ce débat, nous voulons garder tout le monde. Les gens qui travaillent pour la fonction publique québécoise sont généralement des gens compétents et appréciés», a-t-il soulevé.




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