Ingérence politique au Bureau de la liberté de religion?

Stephen Harper touche le Mur des Lamentations, le site le... (ARCHIVES AFP)

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Stephen Harper touche le Mur des Lamentations, le site le plus sacré dans la vieille ville de Jérusalem, lors d'un voyage en Israël en janvier 2014.

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Stephanie Levitz
La Presse Canadienne
Ottawa

Les efforts du précédent gouvernement conservateur pour promouvoir la liberté religieuse dans le monde ont été teintés par une apparence d'ingérence politique, selon une évaluation interne.

L'évaluation a cependant permis de montrer que le Bureau de la liberté de religion (BLR) avait fait une différence dans la sensibilisation à différents enjeux religieux, en plus de positionner le Canada comme un chef de file mondial sur le sujet.

Malgré tout, sa courte période d'existence a été minée par un désaccord quant à la façon dont le travail devait être effectué, un manque de transparence sur ses objectifs et une inquiétude devant un possible manque d'objectivité lorsque venait le temps de choisir avec quels pays ou religion travailler, souligne le rapport.

Par exemple, les chrétiens sont l'une des minorités les plus persécutées au monde, a noté l'évaluation, et par conséquent, les efforts du BLR pour appuyer cette minorité persécutée ont semblé justifiés.

«Cependant, si cette information n'est pas communiquée régulièrement et correctement sur la scène politique et l'espace public, le BLR risque d'être perçu comme favorisant les chrétiens par rapport à d'autres groupes religieux», explique-t-on.

«Certains intervenants ont donc pu interpréter les activités du BLR comme étant motivées par la politique. Il n'est donc pas surprenant que le Bureau ait été perçu comme étant un bureau politique, une perception fausse qui a été un défi constant pour le Bureau.»

Les conservateurs avaient annoncé la création du Bureau en 2011, mais celui-ci n'est pas entré en fonction avant la nomination de son ambassadeur, Andrew Bennett, en 2013. L'annonce de la mise sur pied du BLR a été immédiatement accueillie avec scepticisme. À ce moment, les libéraux l'avaient qualifié de machination politique plutôt que d'une stratégie pour promouvoir les droits de la personne.

En théorie, les diplomates, groupes religieux et autres organisations touchées par cet enjeu considéraient que le Bureau pouvait être utile, ont constaté les évaluateurs.

«Dans l'ensemble, les répondants à l'étranger ont indiqué qu'il y avait un nombre limité d'acteurs et de dirigeants en matière de liberté de religion ou de croyance, et que les travaux du Canada à cet égard étaient appréciés puisqu'ils comblaient une lacune», est-il écrit dans le rapport.

Il n'y a cependant pas eu de consensus concernant le travail pratique du Bureau.

«L'évaluation a trouvé des preuves démontrant une augmentation de la connaissance sur la liberté de religion ou de croyance chez certains intervenants, mais pas chez tous les acteurs pertinents», souligne le rapport, publié en ligne par Affaires mondiales Canada.

Certains intervenants ont déclaré à l'équipe d'évaluateurs que le Bureau était trop sévère dans sa dénonciation de violations de la liberté de religion, tandis que d'autres ont affirmé qu'il n'y avait pas eu suffisamment de prises de position spécifiques à certaines restrictions religieuses, comme la charia.

Certains ont indiqué que les 17 millions $ prévus en quatre ans pour le programme n'étaient pas suffisants pour faire une différence, alors que d'autres ont déclaré que de petites sommes étaient plus faciles à verser dans certains pays où la question de la liberté religieuse est plus délicate.

Comme il a fallu près de deux ans pour mettre le BLR en place, plus de la moitié des fonds n'ont jamais été dépensés, ont constaté les évaluateurs.

Le mandat du BLR devait prendre fin cette année, mais le gouvernement fédéral a mis fin à ses activités en mars, malgré l'opposition des conservateurs et de certains groupes religieux. Ses tâches ont été intégrées à celles du nouveau Bureau des droits de la personne, des libertés et de l'inclusion.

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