Le Canada et la France s'allient pour lutter contre le terrorisme

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Au deuxième jour de sa visite officielle au Canada, le président français devait s'adresser lundi vers 11h30 aux députés et sénateurs canadiens réunis en session extraordinaire.

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Sabine WIBAUX
Agence France-Presse
OTTAWA

Le premier ministre canadien Stephen Harper aura un allié de circonstance en la personne du président François Hollande pour défendre, lundi au Parlement à Ottawa, les premières frappes des forces aériennes canadiennes contre le groupe État islamique aux côtés de la coalition internationale.

Au deuxième jour de sa visite officielle au Canada, le président français devait s'adresser lundi vers 11h30 aux députés et sénateurs canadiens réunis en session extraordinaire, des parlementaires encore sous le choc des meurtres de deux militaires des attaques séparées et attribuées au terrorisme par Stephen Harper.

Le NPD et le PLC ont voté contre, mais l'engagement du Canada aux côtés de la coalition conduite par les États-Unis a été acquis grâce à la majorité du gouvernement conservateur.

Si la France a déjà procédé à plusieurs reprises à des bombardements contre des positions de l'organisation EI avec ses neuf Rafale, le Canada a effectué ses premières frappes dimanche dans la région de Fallujah en Irak avec deux des six chasseurs F-18 arrivés la semaine dernière sur leur base au Koweït.

La situation en Irak et plus largement la lutte contre le terrorisme ont été largement évoquées par François Hollande et Stephen Harper dimanche lors d'une rencontre bilatérale à Banff, à l'ouest de Calgary, a-t-on indiqué dans l'entourage du président.

Avec la première visite d'un président français depuis celle de François Mitterrand en 1987, M. Hollande voulait avec le chef du gouvernement canadien «évoquer de grands sujets par rapport notamment à ce qui se passe en Syrie, en Irak et en Ukraine».

Le dossier ukrainien est particulièrement sensible pour le Canada soumis à la pression d'une communauté de plus d'un million de ressortissants ukrainiens sur son sol.

«Actes tragiques»

Avant son intervention au Parlement et dans un geste de solidarité de la France avec les Canadiens, François Hollande devait déposer une gerbe au monument aux morts, là où est tombé un militaire le 22 novembre, tué d'une balle dans le dos. Deux jours plus tôt c'est un autre militaire qui avait été victime d'un apprenti djihadiste au Québec.

Ces premières attaques sur le sol canadien ont été menées par deux jeunes Québécois, convertis à l'islam, qui avaient été empêchés par les forces de l'ordre canadienne de rejoindre la Turquie pour l'un, l'Arabie saoudite pour l'autre.

«Je viens à un moment où des actes tragiques se sont produits au Canada et je voulais exprimer la solidarité et l'amitié de la France dans ces circonstances», a déclaré le président Hollande à son arrivée dimanche.

La France, «à d'autres moments et ils ne sont pas si loin», a été touchée «par des actes terroristes», a-t-il rappelé en référence au djihadiste Mohamed Merah qui avait tué trois militaires puis quatre personnes, dont trois enfants, dans une école juive avant d'être abattu par la police en mars 2012.

Les deux pays sont confrontés à leurs jeunes ressortissants qui rejoignent les rangs de groupes armés, comme le groupe EI. Près d'un millier de Français ou étrangers résidant en France ont rejoint le djihad, selon les services de renseignement français.

Au Canada, une centaine de Canadiens sont suivis par les services de renseignement, dont 80 revenus récemment de zones de guerre, et entre 130 à 145 personnes ayant «des liens au Canada» sont actuellement soupçonnées de mener des activités liées au terrorisme à l'étranger.

Après son intervention au Parlement, François Hollande devait aborder le volet économique avec un déjeuner avec des chefs d'entreprises où le récent accord de libre-échange signé entre l'Union européenne et le Canada devait servir de menu.

Lundi en soirée, le président devait rejoindre Québec pour une rencontre avec Philippe Couillard, chef du gouvernement de la province francophone pour discuter de l'épineux dossier des droits d'inscription des 12 000 étudiants français.

Le Québec veut abandonner un accord datant de 1978 permettant aux étudiants français de payer les mêmes droits que les Québécois. Un avantage indéniable comparativement à des droits trois fois plus élevés payés par les étudiants canadiens non québécois.

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