Laurent Blanchard, le maire de la «stabilité»

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Laurent Blanchard a été élu maire de Montréal mardi à l'issue d'une course aussi brève que serrée. Pour son mandat intérimaire de quatre mois, le troisième maire de la métropole en sept mois a promis une «transition tranquille» d'ici l'élection du 3 novembre.

Une semaine jour pour jour après la démission de Michael Applebaum, les élus de Montréal se sont réunis pour désigner son successeur. Alors que le vote s'annonçait extrêmement serré, deux des cinq candidats ont annoncé qu'ils retiraient leur candidature pour éviter de diviser le vote.

La course s'est donc finalement jouée à trois: Laurent Blanchard a obtenu 30 votes, contre 28 pour Harout Chitilian et 3 pour Jane Cowell-Poitras. Ce résultat extrêmement serré n'est pas sans rappeler l'élection de Michael Applebaum, qui a remporté la mairie en novembre par 31 votes contre 29 pour son unique adversaire, Richard Deschamps.

Catapulté à l'avant-plan

Laurent Blanchard, qui siège depuis 2005 à l'hôtel de ville sous la bannière de Vision Montréal, a été catapulté à l'avant-plan de la scène municipale à la suite de la démission de Gérald Tremblay, en novembre dernier. Michael Applebaum, qui a été arrêté la semaine dernière par l'Unité permanente anticorruption, en avait fait le président de son comité exécutif de coalition.

«C'est vertigineux, exaltant et angoissant, mais je me console que je n'en ai que pour quatre mois», a blagué Laurent Blanchard, connu pour son humour pince-sans-rire. Le 43e maire de Montréal a résumé en cinq mots son mandat, qui a débuté avec sa prestation de serment mardi après-midi et qui prendra fin le 3 novembre: «intégrité, stabilité, expérience, indépendance, collaboration». Il a promis de maintenir en place l'administration de coalition, estimant que cette coalition «est l'antidote rêvé à la tutelle».

Josée Duplessis présidente de l'exécutif

Seul changement: maintenant qu'il est maire, Laurent Blanchard a décidé de céder son poste de président du comité exécutif à Josée Duplessis, élue de Projet Montréal. Le chef de la formation, Richard Bergeron, assure que cette nomination n'était pas conditionnelle à l'appui de son parti, même si le nouveau maire lui a proposé ce poste au cours du week-end. Projet Montréal affirme avoir voulu avant tout éviter de voir un ancien membre d'Union Montréal reprendre la mairie.

Aussitôt élu, Laurent Blanchard a invité ses adversaires Harout Chitilian et Jane Cowell-Poitras à retrouver les fonctions qu'ils avaient abandonnées pour briguer la mairie. Le premier siège comme président du conseil municipal, alors que la seconde est mairesse suppléante.

Défaite pour Coderre?

Dans les couloirs de l'hôtel de ville, plusieurs ont vu cette victoire de Laurent Blanchard comme une défaite pour Denis Coderre, qui soutenait, selon plusieurs, Harout Chitilian. Celui-ci est d'ailleurs arrivé à l'hôtel de ville en compagnie d'un pilier d'Équipe Coderre, la mairesse de Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension, Anie Samson.

«En toute modestie, c'est surtout une victoire de la coalition. Les deux partis, Vision Montréal et Projet Montréal, qui constituent la coalition avec des indépendants, c'est cette combinaison qui est gagnante, qui fait la stabilité de Montréal», s'est réjouie Louise Harel, chef de Vision Montréal. Selon nos sources, cette formation, bien enracinée dans l'est de l'île, mais qui peine à rallier les votes dans l'ouest, compte miser, lors de l'élection de novembre, sur l'idée d'une coalition pour former la prochaine administration municipale.

«On n'est pas naïfs: on est déjà en campagne pour l'équipe qui dirigera Montréal le 4 novembre au matin. Est-ce que cette élection à la mairie par intérim s'inscrit dans ce vaste mouvement? La réponse est oui», a convenu pour sa part Richard Bergeron.

«On n'est pas naïfs: on est déjà en campagne pour l'équipe qui dirigera Montréal le 4 novembre au matin. Est-ce que cette élection à la mairie par intérim s'inscrit dans ce vaste mouvement? La réponse est oui», a convenu pour sa part Richard Bergeron.

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