Cuisine de rue: 17 emplacements à partir du 20 juin

Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a annoncé... (Photo André Pichette, archives La Presse)

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Le maire de Montréal, Michael Applebaum, a annoncé l'hiver dernier que la métropole accueillerait cet été un projet pilote de cuisine de rue.

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Du mont Royal au square Victoria en passant par la place Émilie-Gamelin, une trentaine de camions-cuisines sillonneront le centre-ville de Montréal à compter du 20 juin prochain, 66 ans après leur disparition de la métropole.

Il s'agit d'un projet-pilote dont bien des détails restent à peaufiner, a pris soin de préciser en conférence de presse le maire Michael Applebaum. L'arrondissement de Ville-Marie, après des discussions avec les commerçants concernés et l'Association des restaurateurs de rue du Québec (ARRQ), a défini 9 endroits où pourront stationner jusqu'à 3 véhicules-cuisines, pour un total de 17. «Nous avons pris soin de choisir des sites qui ne sont pas en compétition directe avec des restaurateurs déjà établis», a souligné le maire Applebaum.

Les 3 et 4 juin prochains, un comité de 7 personnes sera chargé de sélectionner jusqu'à 35 projets proposés par des entreprises distinctes, mais qui doivent avoir pignon sur rue à Montréal.

Les véhicules doivent être «autopropulsés», ce qui exclut les roulottes. Ils se partageront les 17 emplacements selon une rotation qui sera gérée par l'ARRQ, en fonction de 3 quarts de travail par jour.

Les grands gagnants seront connus le 7 juin. Les permis coûteront 650$ et ne seront pas transférables.

Non au petit barbecue

Pas question, a ajouté le maire, de permettre n'importe quoi. On veut une offre culinaire diversifiée et représentative de la culture gastronomique de Montréal. «On pense qu'on va être un modèle en Amérique du Nord, estime M. Applebaum. On ne veut pas que quelqu'un dépose une demande, arrive avec son barbecue pour faire des hot-dogs et des hamburgers. On ne veut pas de produits préemballés ou usinés. On veut que ce soit encadré.»

Les «canettes de liqueur», précise-t-il, seront bannies. Les restaurateurs devront s'assurer de l'hygiène et de la propreté du secteur où ils servent leur nourriture. Les inspecteurs de l'arrondissement veilleront au respect des règlements somme ils le font pour les restaurants plus classiques.

Si on a souvent évoqué des motifs de salubrité pour bannir la cuisine de rue à Montréal, les temps ont changé, plaide le maire. «La façon dont ces camions sont aujourd'hui équipés, la réfrigération, c'est bien différent de ce qu'on trouvait il y a bien des années. Je ne m'inquiète pas de l'hygiène : nous avons des employés qui vont s'assurer qu'elle est adéquate.»

Course contre la montre

Partenaire de l'arrondissement, l'ARRQ disposera d'un budget qui n'a pas été précisé pour la gestion au quotidien du projet pilote. «Nous sommes très excités, ça s'annonce bien, dit Gaëlle Cerf, vice-présidente de l'association, qui regroupe une vingtaine de restaurateurs. C'est une grande opportunité.»

Les Montréalais, estime-t-elle, vont être conquis par la cuisine de rue. «Ils ont simplement oublié ou n'ont jamais su combien c'est chouette de manger à l'extérieur.»

La rapidité avec laquelle ce projet a été mis sur pied - en moins de deux mois - ne l'inquiète pas outre mesure. «On a 9 sites, pas 250, on ne va pas se retrouver avec des dizaines d'entrepreneurs qui se lancent là-dedans. Mais ça va être beaucoup de travail de trouver les restaurateurs qui vont être prêts le 20 juin.»

L'Association des restaurateurs du Québec, qui s'était montrée critique lors de l'annonce de ce projet pilote le mois dernier, se dit maintenant plus optimiste. «Ville-Marie va dans la bonne direction. On voit qu'ils ont travaillé fort, il y a des critères stricts, un comité mis sur pied, c'est rassurant», dit François Meunier, vice-président.

L'important, estime-t-il, c'est que cette nouvelle offre ne vienne pas concurrencer les restaurateurs. Le choix des sites indique que l'impact sera minime à cet égard. .«Et comme c'est un projet pilote, il est perfectible.»

Même ton conciliant du côté de Destination centre-ville, qui regroupe plus de 8000 entreprises situées entre l'avenue Atwater et la Saint-Urbain. «Disons que ça aurait pu être pire, dit André Poulin, directeur général. On est toujours critique par rapport à l'ensemble de l'oeuvre, mais on sent qu'ils ont fait un effort pour ne pas nuire à nos restaurateurs. On a l'impression d'avoir été entendus.»

Les neuf emplacements :

- Parc du Mont-Royal, près du belvédère Kondiaronk (deux places);

- Parc du Mont-Royal, à proximité du monument à Sir George-Étienne Cartier (deux places, du côté ouest de l'avenue du Parc);

- Square Victoria (deux places du côté nord de la rue Saint-Antoine, à l'ouest de la rue Gauvin);

- Place du Canada (deux places, rue de la Cathédrale, au sud du boulevard René-Lévesque Ouest);

- Cité du multimédia (deux places, rue De La Commune Ouest, au sud de l'intersection des rues Brennan et Prince);

- Rue Victoria, près du Musée McCord (une place, du côté est de la rue Victoria, entre la rue Sherbrooke et l'avenue du Président-Kennedy);

- Rue McTavish, près de l'Université McGill (une place, du côté ouest de la rue McTavish, au nord de la rue Sherbrooke);

- Place Émilie-Gamelin (trois places);

- Rue Peel, près de l'ETS (deux places, du côté est de la rue Peel, entre les rues Saint-Jacques et Notre-Dame).

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