L'avenir du directeur du SPVM Philippe Pichet sera en jeu

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Philippe Pichet, directeur du Service de police de la Ville de Montréal

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Le directeur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), Philippe Pichet, et la nouvelle mairesse de Montréal, Valérie Plante, auront bientôt un face-à-face au cours duquel l'avenir du chef de police sera au programme.

Lors d'une courte entrevue avec La Presse, Philippe Pichet n'a pas voulu aborder la question de son avenir. Il a toutefois confirmé avoir appelé Mme Plante après son élection pour la féliciter et convenir d'une rencontre dans les prochains jours.

« J'ai eu la chance de lui parler. C'était très sympathique. Nous allons nous rencontrer pour nous parler de la vision que nous avons chacun pour Montréal », a résumé Philippe Pichet.

« Ce sont les citoyens qui l'ont  mise là, les mêmes citoyens que  je protège. Je suis là pour tous les Montréalais. »

De son côté, le cabinet de Mme Plante a confirmé ce qu'il a décrit comme « un appel de courtoisie », et attesté que la mairesse et le chef ont convenu de se rencontrer rapidement pour parler de leur vision respective du SPVM pour les quatre prochaines années.

C'est à la suite de cette rencontre que Projet Montréal décidera si le directeur du service de police reste en place. « La question de la transparence est hyper importante pour nous », explique Marc-André Viau, porte-parole de la mairesse élue. Ce dernier indique que la crise de confiance ébranlant le corps policier depuis un an est en grande partie attribuable à l'opacité de ses pratiques. Le sujet risque ainsi de peser lourd dans la balance pour l'avenir du chef de police.

Par contre, pour congédier un chef de police, il faut démontrer une faute grave ou de l'incompétence chronique. Lorsqu'il est question de corps de police de niveaux 5 et 6, comme le SPVM et la Sûreté du Québec, il faut l'accord du Conseil des ministres, ont indiqué à La Presse d'anciens chefs de police.

« Le gouvernement ne peut destituer le directeur que sur la recommandation du ministre de la Sécurité publique, lequel doit préalablement prendre l'avis du conseil et de la Commission de la sécurité publique qui, à cette fin, entend le directeur », indique l'article 110 de la Charte de la Ville de Montréal.

Nervosité dans l'air

Philippe Pichet, dont le mandat est de cinq ans, a été nommé directeur du SPVM à l'été 2015, après avoir reçu le sceau officiel du maire sortant, Denis Coderre. Ce dernier a appuyé son chef de police sans défaillir à maintes reprises dans les tourmentes de l'espionnage des journalistes et des allégations qui secouent le SPVM depuis l'année dernière.

La dernière tape dans le dos officielle de Denis Coderre à l'endroit de son chef de police a été donnée le 27 octobre dernier, au lendemain de la perquisition historique de la Sûreté du Québec au quartier général du SPVM dans le cadre d'une enquête sur des allégations concernant le chef de cabinet de Philippe Pichet.

« Il y en a qui doivent être nerveux au neuvième étage du quartier général du SPVM », ont lancé quelques personnes à La Presse, le neuvième étage étant celui de la direction du corps de police.

Au quartier général du SPVM, « personne n'a vu venir l'élection de Valérie Plante », nous a-t-on indiqué. Et hier, dans l'édifice de la rue Saint-Urbain, des questions étaient sur toutes les lèvres : quelle sera la distance entre le bureau de la nouvelle mairesse et le service de police ? Qui, à l'hôtel de ville, va communiquer avec le SPVM ? Et surtout, qui va remplacer Anie Samson - une fidèle de Denis Coderre - à la présidence de la Commission de la sécurité publique ?

Le nom du conseiller de Projet Montréal du district de Jeanne-Mance, Alex Norris, qui siégeait déjà à la Commission de la sécurité publique, vient naturellement en tant que possible successeur à Anie Samson.

Au lendemain de la perquisition de la SQ au quartier général du SPVM, M. Norris s'est dit « profondément troublé » par cet événement et a parlé d'une « crise sans précédent ». Il a dit souhaiter une réforme en profondeur du corps policier, notamment en matière de reddition de comptes. M. Norris n'a pas rappelé La Presse hier.

Des policiers jubilent

Dimanche soir, alors que la soirée électorale n'était même pas encore terminée - et la défaite de Denis Coderre, consommée -, La Presse recevait déjà des commentaires de policiers du SPVM qui jubilaient. Ceux-ci se demandaient notamment si l'hôtel de ville allait maintenant être moins omniprésent dans les affaires de la police et si les bonis donnés aux cadres allaient disparaître.

Sobrement, Yves Francoeur, président de la Fraternité des policiers et policières de Montréal, a salué hier, par voie de communiqué, l'élection de Valérie Plante, « première mairesse de Montréal ». Il lui a souhaité « la meilleure des chances » et rappelé que 34 % des effectifs policiers du SPVM sont des femmes, le plus haut pourcentage dans un corps de police au Canada.

Rappelons qu'en juin dernier, le directeur Philippe Pichet a dévoilé un plan sur 10 ans visant à changer la culture et la gouvernance au sein du SPVM et à regagner la confiance de la population.

Parallèlement aux enquêtes criminelles de la SQ, Me Michel Bouchard poursuit son enquête administrative sur les pratiques au SPVM et plusieurs croient que son rapport, qui devrait être déposé d'ici Noël, pourrait influer sur la suite des choses.

Pour joindre Daniel Renaud, composez le 514 285-7000, poste 4918, écrivez à drenaud@lapresse.ca ou écrivez à l'adresse postale de La Presse.




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