Usine à livres de poche à l'Université McGill

À l'ère des tablettes numériques et du livre électronique, l'Université McGill s'est récemment dotée d'une «imprimerie de poche» capable de fabriquer des bouquins de papier sur demande, en seulement cinq minutes. Le dispositif, appellé Espresso Book Machine, lui permet de donner une deuxième vie à des livres très anciens qu'elle hésitait à laisser sortir de sa bibliothèque.

Vendue 200 000$ l'unité, l'Espresso Book Machine est à peine plus grosse qu'un réfrigérateur. Elle imprime, colle, coupe et assemble les pages de n'importe quel livre qui lui est fourni sous forme de fichier PDF.

Le service d'impression sur demande est offert à quiconque est prêt à débourser entre 10$ et 45$ pour son exemplaire. «Pour l'instant, nous imprimons uniquement des livres qui sont du domaine public, et qui sont donc libres de droits d'auteur, spécifie toutefois Amy Buckland, responsable de la numérisation à la bibliothèque de l'Université McGill. Ce serait trop complexe de gérer les droits d'auteur de livres plus récents.»

En 10 mois d'utilisation, l'établissement universitaire s'est servi de la machine pour imprimer environ 500 livres de sa collection, dont un précieux traité d'optique écrit et annoté à la main par Isaac Newton en 1704. L'utilisation de l'Espresso Book Machine a permis dans ce cas de conserver les annotations manuscrites du célèbre physicien dans les livres fraîchement imprimés. «Plusieurs personnes nous l'achètent pour l'offrir en cadeau», raconte Mme Buckland.

Si on peut facilement imaginer ce genre de machine imprimer des romans ou des livres grand public sur demande dans les librairies commerciales, rien ne permet de croire que c'est ce qui arrivera. On Demand Books, l'entreprise new-yorkaise derrière l'Espresso Book Machine, n'a pour l'instant vendu qu'une quarantaine de ses machines dans le monde. Ce sont principalement les bibliothèques universitaires, qui cherchent à sauvegarder leurs collections de livres anciens ou très spécialisés, qui se les procurent.

«À l'heure actuelle, les gens de l'industrie du livre ne sont pas en train d'investir dans des machines pour imprimer du papier; ils sont plutôt en train d'investir pour faire disparaître le papier», souligne Benoît Melançon, directeur du département de littérature française à l'Université de Montréal et spécialiste des livres électroniques. Selon lui, l'Espresso Book Machine servira des «niches» très spécialisées de la littérature, mais pour la littérature commerciale ou générale, «comme les romans, qui ne nécessitent pas de prise de note, les tablettes numériques comme l'iPad ou le Kindle sont bien plus efficaces», croit-il.




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