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«Zéro», la nouvelle frontière du combat climatique

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La centaine de grandes villes du club C40, présidé par la mairesse de Paris Anne Hidalgo (photo), s'est engagée à être totalement neutre en carbone d'ici 2050.

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Ivan Couronne
Agence France-Presse
SAN FRANCISCO

Zéro énergie fossile, zéro voiture à essence, zéro déchet: la suppression totale des émissions de gaz à effet de serre est l'objectif, lointain mais officiel, adopté par de plus en plus de villes et territoires réunis jeudi au sommet sur le climat de San Francisco.

Europe, Asie, Amériques, Afrique et Océanie sont représentés au Sommet mondial pour l'action climatique qui a commencé mercredi à San Francisco et rassemble, de façon inédite, des maires et des gouverneurs plutôt que des chefs d'État et de gouvernement.

La Chine a envoyé la plus grande délégation du rassemblement, selon Jerry Brown, gouverneur de Californie. Xie Zhenhua, négociateur pour le climat, a répété jeudi devant les délégués que le pays atteindrait son pic d'émissions avant 2030.

Parmi les villes pionnières, Copenhague est la plus ambitieuse, la première à viser zéro émission dans seulement sept ans... Un véritable défi étant donné que la mairie n'a pas les moyens légaux de restreindre l'accès des voitures polluantes dans ses rues, reconnaît le maire, Frank Jensen.

Los Angeles a promis d'éliminer le charbon d'ici 2025 et vise zéro carbone en quelques décennies, comme de nombreuses autres villes européennes et nord-américaines. «Le nouveau seuil est effectivement d'arriver à un bilan carbone neutre», dit Eric Garcetti, le maire.

«Ce serait une erreur de ne se fixer des objectifs qu'à deux ou trois ans», dit le maire de Milan, Giuseppe Sala. «Il faut s'engager sur zéro, même si c'est loin».

La raison d'être du rassemblement est de sauver l'accord de Paris de 2015. Si les États-Unis de Donald Trump sont les seuls à en avoir annoncé leur sortie à ce jour, les autres pays membres n'ont adopté que des engagements insuffisants pour limiter la hausse de la température du globe à un niveau non dangereux.

Mais pour mobiliser, le catastrophisme n'est plus à l'ordre du jour, quand bien même l'ouragan Florence menace la côte Est des États-Unis et le typhon Mangkhut les Philippines. Tout comme les objectifs chiffrés trop subtils.

L'ombre de Trump 

Tokyo, Séoul, Rotterdam ont rejoint jeudi Paris, Londres, Barcelone, Mexico et d'autres pour s'engager à 100% de bus sans émissions de dioxyde de carbone en 2025, et à réduire à zéro les émissions de voitures sur une «zone majeure» de leurs territoires d'ici 2030.

Pour Helen Clarkson, directrice de l'ONG The Climate Group, ces engagements «ouvrent une nouvelle frontière pour l'industrie automobile mondiale».

D'autres villes, régions, provinces ou États américains veulent passer à une électricité sans énergies fossiles et neutre en carbone, comme la Californie d'ici 2045. Ce n'est pas forcément 100% d'énergies renouvelables, car cela peut inclure le nucléaire et du gaz naturel, à condition que le carbone soit capturé.

La centaine de grandes villes du club C40, présidé par la mairesse de Paris Anne Hidalgo, s'est engagée à être totalement neutre en carbone d'ici 2050: cela inclut non seulement l'électricité, mais aussi les transports et le reste de l'économie.

Déjà, 27 grandes villes européennes et nord-américaines, dont Londres, Paris et New York, sont sur la pente descendante depuis au moins cinq ans, selon une annonce faite jeudi au sommet.

Tokyo n'en fait pas partie, en raison de la catastrophe de Fukushima de 2011 qui a forcé le pays à remplacer des centrales nucléaires par des énergies fossiles.

Les mégalopoles de la planète, dans les pays en développement, n'en sont pas non plus, leur croissance étant encore largement fondée sur les hydrocarbures. Le «pic» n'est pas attendu avant au minimum la décennie prochaine. Les maires de ces régions ne sont guère présents au sommet.

Les multinationales participent aussi au mouvement. Mahindra, premier constructeur de véhicules utilitaires en Inde, sera neutre en carbone en 2040, selon une annonce jeudi.

«Bien que les projecteurs soient braqués sur Washington, l'action se déroule en réalité en dehors de la capitale fédérale», a assuré le milliardaire Michael Bloomberg, coorganisateur du sommet.

Comme lui, nombre de leaders présents à San Francisco clament que les décisions environnementales du président républicain n'arrêteront pas le progrès climatique.

Mais, en même temps, Donald Trump reste constamment accusé de crime contre la planète.

«Cela vire non seulement à la folie, mais au crime», a lâché Jerry Brown. «Menteur, criminel, imbécile, je vous laisse choisir le bon mot».




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