Procès Magnotta: «Quel effet cela fait-il d'être la soeur d'un meurtrier?»

Luka Rocco Magnotta... (ILLUSTRATION MIKE MCLAUGHLIN, LA PRESSE CANADIENNE)

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Luka Rocco Magnotta

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Procès Magnotta

Luka Rocco Magnotta, âgé 29 ans, a été l'objet d'une chasse à l'homme sans précédent dans l'histoire du SPVM. Il fait face à cinq chefs d'accusation graves, notamment de meurtre prémédité, relativement à l'assassinat et le démembrement de Jun Lin, un étudiant chinois. »

Trois jours avant de se faire arrêter à Berlin, en juin 2012, pour le meurtre de Lin Jun, Luka Rocco Magnotta a envoyé ce courriel à sa soeur Melissa: «Quel effet cela fait-il d'être la soeur d'un meurtrier?»

C'est ce que le psychiatre Joel Watts a relaté, hier, alors qu'il témoignait au procès de M. Magnotta. Le psychiatre, retenu par la défense pour évaluer la responsabilité criminelle de M. Magnotta, a pu s'entretenir avec les membres de sa famille. Il a parlé à son père, à sa mère, Anna Yourkin, à sa grand-mère, Phyllis Yourkin, et à sa soeur, Melissa. Cette dernière a fait valoir qu'elle avait toujours eu une bonne relation avec son frère et qu'ils s'écrivaient des courriels. En février 2012, il lui en a écrit un avec un lien pour la vidéo dans laquelle un serpent avalait un chaton. Il notait qu'il «l'avait fait pour sa soeur», et signalait qu'il était en fuite et ne pouvait retourner en Ontario.

La jeune femme n'a plus eu de nouvelles de son frère jusqu'au début juin alors qu'il lui a envoyé le courriel cité au début du texte. Elle ne l'a pas conservé cependant, a-t-elle affirmé au Dr Watts.

Cette histoire de courriel n'a pas ébranlé les convictions du Dr Watts. Le psychiatre est persuadé que M. Magnotta souffrait d'une psychose et qu'il ne savait pas distinguer le bien du mal quand il a tué Lin Jun et commis les autres actes qui lui sont reprochés, en mai 2012.

Rapport d'évaluation

Le Dr Watts, natif de l'Ontario mais  psychiatre à l'Institut Philippe-Pinel depuis 2009, a rencontré l'accusé pendant une quarantaine d'heures entre septembre 2012 et le mois d'octobre dernier pour son évaluation. Il s'est aussi entretenu avec plusieurs personnes et a consulté un grand nombre de documents. Il a produit un rapport de 124 pages qui conclut à la non-responsabilité criminelle de l'accusé, qui souffre de schizophrénie depuis la fin de son adolescence.

Le Dr Watts estime qu'en dépit de sa psychose, Magnotta savait ce qu'il faisait. Mais il ne savait pas que ses actes étaient mauvais. La Dre Marie-Frédérique Allard, qui a témoigné avant lui, était arrivée aux mêmes conclusions.

Le premier au Québec

Il est à noter que le Dr Watts est le premier psychiatre du Québec à être intervenu auprès de M. Magnotta après le meurtre de Lin Jun. Il a accompagné les policiers de Montréal, en juin 2012, quand ils sont allés le chercher à Berlin, les autorités allemandes exigeant qu'un psychiatre accompagne M. Magnotta lors de son extradition au Canada.

Le Dr Watts s'est entretenu une vingtaine de minutes avec Magnotta en prison, à Berlin. M. Magnotta parlait de Debbie, la «fucking witch», de Ron et de stéroïdes... Il avait un discours décousu et parlait avec une voix enfantine, a-t-il fait valoir.

Le Dr Watts poursuivra son témoignage lundi.

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