L'Isle-Verte: la cigarette n'est qu'une hypothèse, le bilan s'élève à 10 morts

Une couche de glace, parfois d'une épaisseur de... (PHOTO ALAIN ROBERGE, LA PRESSE)

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Une couche de glace, parfois d'une épaisseur de 60 centimètres, recouvre encore les décombres de la résidence privée de trois étages.

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(L'Isle-Verte) La Sûreté du Québec (SQ) incite les médias à la «prudence» avant de tirer des conclusions hâtives sur les causes de la tragédie à la Résidence du Havre.

Différents médias ont rapporté vendredi que l'incendie aurait été déclenché par une cigarette fumée par un résidant au deuxième étage. «C'est une hypothèse parmi plusieurs autres», a indiqué le lieutenant de la SQ, Guy Lapointe. Cette hypothèse n'est pas privilégiée pour l'instant.

L'enquête se poursuit. «Une nouvelle (d'un média) et une enquête, ce sont deux choses différentes. (...) On ne va pas paqueter nos valises parce qu'on a entendu une version», lance-t-il.

«Pour nous, la rigueur, c'est essentiel. On ne se fiera pas à un seul témoignage», ajoute M. Lapointe.

Plus tard en journée, le lieutenant Michel Brunet a donné deux autres possibles hypothèses: un radiateur ou une défaillance du système de chauffage. D'autres hypothèses pourraient être envisagées. Tous les employés qui étaient sur place ont été rencontrés par les enquêteurs. D'autres témoins pourraient être interrogés, et on pourrait en rencontrer d'autres à nouveau pour contrevérifier des informations.

Les autorités demandent aux témoins de ne pas parler aux médias, par crainte de propager des rumeurs. M. Lapointe précise toutefois ne pas pouvoir «juridiquement» les empêcher.

Il demande à tous les citoyens qui possèdent des photos ou vidéos du drame de les partager avec les enquêteurs.

 22 personnes manquent à l'appel

La SQ confirme 10 décès. Pour la première fois aujourd'hui, elle a aussi confirmé le nombre de personnes âgées qui reste à trouver : 22. On les cherche sous les décombres de la Résidence du Havre. «On peut tous en arriver à la conclusion que c'est très peu probable qu'il y ait un dénouement positif», a avoué le lieutenant Lapointe.

Une couche de glace, parfois d'une épaisseur de 60 centimètres, recouvre encore les décombres de la résidence privée de trois étages. Les recherches ont repris samedi matin. Les intervenants ont commandé à Saguenay un nouvel équipement pour fondre la glace avec de la vapeur. Il sert habituellement à déglacer les navires.

Dans la nuit de vendredi à samedi, on a détruit l'ascenseur, qui commençait à menacer la sécurité des trois équipes de policiers, experts en médecine légale et du Bureau du coroner. Ces spécialistes se relaient pour faire ce travail dans les conditions difficiles. «Il y a beaucoup de glace partout et de débris noirs, décrit le lieutenant Brunet. C'est complètement noir et très glissant. On ne sait jamais ce qu'il y a sous la glace. On procède très lentement, car on ne sait pas s'il y a des gens en dessous. C'est le genre de scène que personne ne veut voir.»

Ils prendront une pause à partir de 19h samedi soir. Une couverture sera installée pour concentrer la chaleur de la vapeur et accélérer la fonte.

Deux victimes identifiées

Deux victimes ont été identifiées: Juliette Saindon, âgée de 95 ans et de Marie-Lauréat Dubé, agée de 82 ans. Des proches ont dû fournir de l'ADN et d'autres «caractéristiques» de disparus pour aider à l'identification, expliquent les autorités.  

Selon le protocole du Bureau du coroner, les familles sont prévenues en premier. On leur laisse 24 heures pour vivre leur deuil et aviser d'autres proches avant de rendre l'information publique.

Des services psychosociaux sont déployés sur le terrain pour aider les sinistrés, les proches des victimes, les intervenants et le reste de la communauté.

On a affecté un enquêteur à chaque famille endeuillée. «Il est disponible 24 heures sur 24, sept jours», assure Guy Lapointe.

Il y a beaucoup de «rumeurs» et de «confusion», déplore Jacques Bélanger de la Sécurité civile. La mairesse Ursule Thériault distribuera d'ailleurs une note personnalisée à tous les citoyens. On veut notamment les informer sur l'aide disponible. Elle incite aussi particulièrement les «pompiers aux nerfs d'acier» à solliciter de l'aide au besoin. «Ça peut arriver qu'on flanche, on est des humains.»

Le directeur général de la Sûreté du Québec est venu faire un tour sur les lieux samedi pour épauler ses troupes et offrir ses sympathies à la population. La première ministre Pauline Marois sera sur place dimanche. Elle participera en après-midi à la cérémonie privée à l'église du village.

- Avec La Presse Canadienne




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