Un restaurateur arrêté dans son commerce

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«C'est inacceptable. Ce sont des droits civils fondamentaux... (Photo: Ninon Pednault, La Presse)

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«C'est inacceptable. Ce sont des droits civils fondamentaux qui ont été bafoués. Que les policiers soient là pour rétablir l'ordre, tout à fait. Je suis commerçant et j'en ai besoin. Mais qu'un policier décide d'entrer dans un commerce et arrête arbitrairement une personne qui s'adonne à être le propriétaire, ça non», dénonce Dominique Dion.

Photo: Ninon Pednault, La Presse

Pierre-André Normandin

Pierre-André Normandin
La Presse

Un restaurateur dénonce l'arrestation arbitraire dont il dit avoir fait l'objet samedi soir alors qu'il se trouvait dans son commerce de la rue Saint-Denis. Dominique Dion assure que son seul crime a été d'arborer le carré rouge sur la poitrine.

«J'ai l'impression qu'il y a quelques policiers qui perdent les pédales et ça entache la réputation de l'ensemble de la police», dénonce le propriétaire du Zero8. Dominique Dion ne le cache pas, il appuie la cause étudiante: il estime qu'il doit ses succès en affaires à sa maîtrise, «payée par les Québécois».

Samedi soir, les manifestations ont débordé près de son restaurant, rue Saint-Denis. La tension a rapidement grimpé quand deux brasiers ont été allumés au coin de la rue Ontario. Vers 23 h, Dominique Dion décide d'ouvrir les portes de son commerce, alors fermé, pour permettre aux personnes réfugiées sur sa terrasse de quitter le tumulte par la ruelle. «Il n'y avait pas de casseurs, pas de gens cagoulés», assure-t-il.

Sur les images captées par sa caméra de surveillance, mises en ligne hier, on peut voir des policiers accourir. Dominique Dion affirme qu'un agent «agressif» l'a empoigné et forcé à s'agenouiller sur sa terrasse afin de l'arrêter. Le restaurateur dit avoir passé six heures dans une cellule avant d'être relâché. Aucune accusation n'a été retenue contre lui et il n'a pas reçu de constat d'infraction.

«C'est inacceptable. Ce sont des droits civils fondamentaux qui ont été bafoués. Que les policiers soient là pour rétablir l'ordre, tout à fait. Je suis commerçant et j'en ai besoin. Mais qu'un policier décide d'entrer dans un commerce et arrête arbitrairement une personne qui s'adonne à être le propriétaire, ça non», dénonce Dominique Dion. Le restaurateur, qui sort de cette aventure les poignets endoloris par les lanières de plastique qui servent de menottes, envisage de porter plainte au Comité de déontologie policière et d'intenter une poursuite civile contre le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Déontologie policière

«Je ne défendrai pas l'indéfendable. On n'est pas infaillible, on n'aura pas une note de 100%. Les policiers sont des humains, ils sont là depuis 100 jours, ils ont fait pas loin de 250 manifestations. Si des gens jugent qu'un policier a mal agi, il y a la déontologie», a déclaré le commandant Ian Lafrenière, porte-parole du SPVM, en réaction aux témoignages qui font surface.

Dominique Dion n'est pas le seul à dénoncer le travail policier. Un homme qui dit avoir été tabassé sans raison par des agents a d'ailleurs visité quelques bars de la rue Ontario hier midi pour demander aux propriétaires si leurs caméras de surveillance avaient capté la scène.

Plusieurs témoignages circulent également en ligne. Deux vidéos ont notamment été visionnées par des milliers d'internautes. L'une montre une policière en train d'asperger de gaz poivre des manifestants qui refusent de reculer. Dans l'autre, on voit une voiture de patrouille pousser un jeune homme qui se tient à son capot avant de tomber sur le côté. Le commandant Ian Lafrenière appelle à la prudence dans l'interprétation de ces images. «Il faut être un sans-génie pour essayer d'arrêter une voiture avec ses mains. Des gens autour lançaient des projectiles. Le policier est parti parce que, s'il s'était arrêté dans une foule au bord de l'émeute, il aurait fait quoi? Il se serait fait lancer plein de projectiles.»

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