• Accueil > 
  • Actualités 
  • > Marcel Aubut lobbyiste pour convaincre Québec de garder des locaux inutiles 
Exclusif

Marcel Aubut lobbyiste pour convaincre Québec de garder des locaux inutiles

D'ici juillet 2017, Marcel Aubut doit convaincre la... (Photo François Roy, Archives La Presse)

Agrandir

D'ici juillet 2017, Marcel Aubut doit convaincre la Société immobilière du Québec (SIQ) de renoncer à une clause du bail qui la lie au propriétaire du 500 Grande Allée à Québec, George Gantcheff.

Photo François Roy, Archives La Presse

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Avocat bien connu dans les cercles libéraux, Marcel Aubut est payé jusqu'à 100 000 $ par année pour travailler comme lobbyiste pour une des entreprises de George Gantcheff. Son mandat : convaincre le gouvernement de payer pour des locaux dont il n'a pas besoin.

L'avocat de Québec a inscrit cet été un mandat au Registre des lobbyistes. D'ici juillet 2017, il doit convaincre la Société immobilière du Québec (SIQ) de renoncer à une clause du bail qui la lie au propriétaire du 500 Grande Allée à Québec, George Gantcheff.

Lors de la vente de l'édifice par la SIQ, en 2008, les deux parties s'étaient entendues sur une disposition permettant au locataire, le gouvernement, de mettre fin à la location d'espace pouvant aller jusqu'à 10 % des locaux, s'il le jugeait nécessaire. Avec la réorganisation de la fonction publique, à la Société québécoise des infrastructures, on croit que, d'ici deux ans, ces espaces pourraient être rétrocédés au locataire, et le loyer mensuel réduit d'autant. Sur la durée du bail - il reste une douzaine d'années -, l'économie de Québec se chiffrerait à 20 millions, approximativement.

Le gouvernement compte réaménager les locaux dont il est propriétaire et « densifier » sa présence dans les espaces importants qu'il possède sur la colline Parlementaire. Le mandat de Me Aubut, qui prévoit des honoraires pouvant atteindre 100 000 $, est, au contraire, de « démontrer, moyennant compensation, qu'il serait avantageux pour le titulaire de charge publique d'effectuer la densification souhaitée par lui au sein du 500 Grande Allée à Québec (Édifice St-Amable) », l'immeuble de M. Gantcheff.

Me Aubut n'a pas rappelé La Presse vendredi. Ex-président du Comité olympique canadien, il avait annoncé l'an dernier que la Maison olympique canadienne serait installée dans un autre immeuble de George Gantcheff, le 500 René-Lévesque Ouest.

LES « AMÉNAGEMENTS » AUX FRAIS DU LOCATAIRE

La Société québécoise des infrastructures a d'ailleurs dû faire un chèque de 8 millions au propriétaire pour mettre fin à une disposition, l'article 12.1 de son bail pour le même édifice, qui prévoit que l'État locataire paie pour les travaux qui touchent la structure de l'immeuble. De manière générale, les « aménagements » sont aux frais du locataire, mais les travaux de structure relèvent du propriétaire. Pour le 500 Grande Allée, à Québec, le propriétaire voulait que le gouvernement paie pour la réfection de la façade en brique.

George Gantcheff a rompu le silence vendredi, convaincu que la vérification que vient de demander Québec à la vérificatrice générale permettra de « rectifier des éléments qui ont erronément circulé », rapportés par les médias ou les parlementaires.

M. Gantcheff promet à la vérificatrice générale « son entière collaboration pour apporter les précisions et les éclairages concernant ces transactions », indique-t-il dans un communiqué.

UNE VALEUR DE 165 MILLIONS

Pour le 500 René-Lévesque Ouest, la Société immobilière du Québec a vendu 125 millions en 2008 un édifice qu'elle avait payé 58 millions huit ans plus tôt. M. Gantcheff soutient y avoir effectué pour 19 millions de dollars de travaux dont 3,2 millions ont été payés par la SIQ, essentiellement pour des aménagements destinés à la commission Charbonneau. L'immeuble vaut actuellement 165 millions sur le marché, selon une évaluation indépendante, affirme toujours M. Gantcheff.

Contrairement à ce qu'a soutenu le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault, à l'Assemblée nationale, M. Gantcheff maintient les chiffres divulgués par le gouvernement jeudi. La commission Charbonneau a payé 33 $ le pied carré, et non 40 $. Aussi, l'immeuble est classé A.

Vendredi matin, M. Gantcheff a fait parvenir une mise en demeure à la CAQ pour que le parti et son chef François Legault se rétractent. Pour la CAQ, il s'agit manifestement d'une « tentative de bâillonnement ». L'Unité permanente anticorruption a examiné les liens entre M. Gantcheff et des collecteurs de fonds du PLQ, « une affaire que plusieurs analystes considèrent comme potentiellement la plus grande fraude immobilière de l'histoire du Canada », rappelle la CAQ, citant un ex-enquêteur de L'UPAC.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires : Actualités

Tous les plus populaires de la section Actualités
sur Lapresse.ca
»

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer