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Il faut criminaliser le cellulaire au volant plaide un géant du camionnage

Claude Robert, président du conseil du géant de... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE)

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Claude Robert, président du conseil du géant de l'industrie du camionnage Groupe Robert, s'inquiète de constater à quel point le cellulaire est devenu un «problème majeur» pour la sécurité des automobilistes et des camionneurs.

PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, ARCHIVES LA PRESSE

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Yvon Laprade
La Presse

Un premier géant de l'industrie du camionnage appuie le plaidoyer du coroner Michel Ferland en faveur de la criminalisation du cellulaire au volant

Le temps presse de passer à l'action, non seulement pour les automobilistes, mais aussi pour les chauffeurs de camion, tonne Claude Robert, président du conseil du Groupe Robert, un des chefs de file de l'industrie.

«Ne pas agir, ce serait totalement irresponsable, a-t-il précisé en entrevue à La Presse. Vous pouvez me citer là-dessus, je suis très à l'aise avec ça. Il faut légiférer, criminaliser l'utilisation du cellulaire, qui est devenue une plaie pour la sécurité de tous sur nos routes.»

Il se dit d'accord avec les conclusions du coroner Ferland, qui recommande de durcir la répression contre le cellulaire au volant afin de «contrer ce fléau», comme l'a rapporté La Presse lundi.

Un rapport accablant

À l'instar de la conduite en état d'ébriété, une infraction distincte devrait même être ajoutée au Code criminel, préconise le coroner dans un récent rapport sur la mort du camionneur Jimmy Brunet-Rotondo, distrait par son téléphone alors qu'il conduisait un train routier sur l'autoroute 13, le matin du 3 mars 2016.

Rappelons les faits: près l'autoroute 440, un bouchon de circulation a forcé un poids lourd qui roulait devant lui à ralentir. Tout indique que Jimmy Brunet-Rotondo, vraisemblablement distrait par son téléphone, n'aurait pas ralenti sa course. Une seconde d'inattention à un moment fatidique.

Le téléphone intelligent du jeune homme a été retrouvé par terre, du côté passager, à l'intérieur de l'habitacle complètement écrasé.

«Son cellulaire était le prolongement de lui-même», notera le coroner Michel Ferland dans son rapport d'investigation.

«L'absence de ralentissement du véhicule et le freinage de dernière minute suggèrent fortement qu'il n'avait pas les yeux sur la route, mais qu'il était occupé à autre chose.» - Extrait du rapport du coroner Michel Ferland

Inquiétude

Claude Robert ne veut pas commenter ce dossier en particulier, mais il n'est pas surpris. Il s'inquiète de constater à quel point le cellulaire est devenu un «problème majeur» pour la sécurité des automobilistes et des camionneurs.

«On aura beau établir des directives claires, comme c'est le cas dans notre entreprise, pour empêcher les chauffeurs de parler au cellulaire, mais il y en aura toujours qui vont prendre des chances. Il y aura toujours des délinquants. C'est humain. On ne respecte pas les consignes.»

«Sans une réglementation sévère, ajoute-t-il, le problème va grossir et on va voir de plus en plus d'accidents, de tragédies qui vont faire des victimes.»

Il ne faut pas croire, cependant, que les patrons de l'industrie du camionnage vont tous se ranger derrière la position tranchée du président du Groupe Robert.

«J'en suis pleinement conscient», convient Claude Robert.

«Il y a peut-être 25% de fous comme moi qui réclament des actions plus radicales pour empêcher des chauffeurs irresponsables d'aller travailler dans une autre compagnie de camionnage après avoir eu un accident grave parce qu'ils parlaient au cellulaire.» - Claude Robert

«Je dirais qu'il y a un autre 25 % [de dirigeants d'entreprises de transport par camion] qui s'en foutent totalement», déplore-t-il.

Mais la réalité, selon lui, c'est que «50% des propriétaires de compagnies de camionnage ont déjà été camionneurs avant de diriger leur entreprise».

«Ils ont déjà été délinquants et ils peuvent avoir tendance à minimiser les risques», dit-il.

Claude Robert ne cache pas que son obsession pour «la sécurité dans tout» fait des mécontents. Il n'accepte pas que ses propres employés dérogent au code de bonne conduite.

«Il arrive que je me fasse tirer des roches, mais je tiens à mes principes», dit-il en soupirant.

Chose certaine, Claude Robert prêche par l'exemple. «Je me suis rangé dans un parking [il était en Beauce au moment de l'entrevue] parce que moi, je ne parle pas au cellulaire quand je conduis.»

Une position à définir

Par ailleurs, à l'Association du camionnage du Québec, le PDG Marc Cadieux estime qu'une «réflexion» s'impose sur l'utilisation du cellulaire, tant pour les automobilistes que pour les camionneurs.

«Je veux bien qu'on serre la vis pour pénaliser les irresponsables, a-t-il commenté dans un courriel, mais il faudra voir de quelle façon on pourra appliquer la loi.»

«Le téléphone cellulaire est un outil de travail et de sécurité dans notre industrie, ajoute-t-il. Il ne fait pas de doute qu'il faudra en réglementer l'usage, mais comment, et avec quels outils juridiques? Ça reste à voir et à déterminer.»

***

LE GROUPE ROBERT, C'EST : 

Une entreprise familiale fondée en 1946 

  • 3200 remorques 
  • 1100 tracteurs 
  • 3300 employés 
  • 41 centres de distribution et terminaux

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