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Des manifestants s'opposent à «l'horreur» de l'austérité

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Pierre Saint-Arnaud
La Presse Canadienne

Des manifestations ont eu lieu dans plusieurs villes du Québec vendredi, dont Montréal, où quelque 7000 personnes ont pris la rue pour dénoncer les politiques d'austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard.

Dans la métropole, c'est avec tambours et trompettes et plusieurs autres objets bruyants que la foule a déambulé dans une atmosphère festive à partir des bureaux du premier ministre Couillard, face à l'Université McGill, jusqu'au Club 357-C, dans le Vieux-Montréal.

Le club a été rendu célèbre malgré lui en raison des tractations parfois obscures entre personnes d'influence qui y ont été rapportées devant la commission Charbonneau.

Profitant de la thématique de l'Halloween en ce 31 octobre, les organisateurs ont choisi d'utiliser le slogan «L'austérité: une histoire d'horreur», qui illustre, selon eux, les conséquences dramatiques des compressions budgétaires. Plusieurs manifestants étaient d'ailleurs déguisés pour l'occasion.

La marche était organisée par la Coalition opposée à la tarification et à la privatisation des services publics, dont la porte-parole, Véronique Laflamme, a fait valoir que «les compressions touchent les personnes les plus vulnérables de la société».

Cependant, des représentants de tous les horizons de la société civile y participaient.

«Les attaques actuelles concernent tout le monde», a souligné Mme Laflamme. «Si on diminue les investissements dans les services publics, cela a un impact sur la population.»

Rappelant que les compressions libérales touchent «l'environnement, les familles, l'éducation, la santé, les personnes handicapées, les aînés, partout», la députée de Québec solidaire dans Sainte-Marie-Saint-Jacques, Manon Massé, a pour sa part lancé: «La société québécoise dit: non M. Couillard, vous n'avez pas compris».

Selon Mme Massé, il est possible de faire reculer le gouvernement en autant qu'on lui parle le seul langage qu'il comprenne, celui de la rue.

«Quand les citoyens n'ont plus la possibilité de se faire entendre par leur gouvernement, il nous reste la rue», a-t-elle dit au départ de la manifestation, invoquant par exemple le repli de Québec dans le dossier du terminal pétrolier maritime de Cacouna à la suite de manifestations populaires.

Les manifestants rejettent au passage l'argumentaire gouvernemental voulant que l'équilibre budgétaire soit une question d'équité intergénérationnelle.

«Le gouvernement invoque le fait qu'il faut laisser des finances publiques en bon état pour les générations futures, mais en saccageant les programmes sociaux et les services publics comme on le fait actuellement, on saccage tout le filet social que d'autres générations se sont battues pour laisser aux générations futures», a indiqué Mme Laflamme.

La Coalition, qui a présenté à la commission chargée de revoir la fiscalité 18 solutions fiscales qui permettrait, selon elle, d'ajouter annuellement jusqu'à 10 milliards $ aux coffres de l'État, reproche surtout aux libéraux de ne se pencher que sur une réduction des dépenses.

Parmi ces solutions, elle suggère une assurance-médicaments entièrement publique afin de forcer une baisse des coûts des médicaments; une révision de la taxe sur le capital des banques, qui engrangent des dizaines de milliards de dollars de profits annuellement; une révision des paliers d'imposition afin de rendre l'impôt plus équitable.

«Le gouvernement ne peut pas nous faire croire qu'il n'a pas d'autres solutions que de sabrer dans les programmes et les services publics qui bénéficient à 99 pour cent de la population et, d'autre part, maintenir des cadeaux fiscaux et des privilèges fiscaux qui ne bénéficient qu'à une minorité de gens dans la société. Ça ne peut pas être du deux poids, deux mesures», a martelé Véronique Laflamme.

En plus de la manifestation à Montréal, des mobilisations régionales étaient également organisées à Rimouski, Jonquière, Baie-Comeau, La Tuque et Sherbrooke.

Des étudiants, des travailleurs de la santé et de la fonction publique, des enseignants, des personnes retraitées, des représentants de groupes féministes et de différentes organisations de défense collective des droits ont participé aux manifestations. Des mots d'ordre de grève avaient d'ailleurs été lancés par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) dans une quarantaine d'établissements post-secondaires.

En soirée, une seconde manifestation regroupant beaucoup moins de personnes a commencé vers 21h25 à la place Émilie-Gamelin, au centre-ville de Montréal. Elle a immédiatement été déclaré illégale par le Service de police de Montréal (SPVM), qui ne rapportait cependant aucun débordement, une vingtaine de minutes après le début de la marche.

Des étudiants, des travailleurs de la santé et de la fonction publique, des enseignants, des personnes retraitées, des représentants de groupes féministes et de différentes organisations de défense collective des droits ont participé aux manifestations. Des mots d'ordre de grève avaient d'ailleurs été lancés par l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ) dans une quarantaine d'établissements post-secondaires.

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