Le fiancé accusé d'outrage envers le cadavre

Clément Sabourin
La Presse

Histoire d'amour tragique ou surconsommation de drogue? Vingt-quatre heures après que le corps de Vayolla Brutus eut été découvert sans vie dans son lit, les causes de sa mort demeuraient inconnues. Et pour ajouter au mystère, le fiancé de cette Lavalloise de 24 ans a été accusé hier d'outrage envers son cadavre. Un chef d'accusation très rarement retenu.

Les proches de la jeune femme n'avaient plus eu de contact avec elle depuis dimanche matin. «Je lui avais parlé au téléphone. C'est vrai qu'elle n'était pas elle-même angoissée» a dit une de ses amies, les yeux rougis par le chagrin.

Comme elle, une dizaine d'amis d'enfance de la défunte ont assisté hier après-midi à la comparution au palais de Justice de Laval de Banza Tshiany, le fiancé de Vayolla Brutus. Tous deux se fréquentaient depuis environ sept ans.

«On croyait qu'il s'appelait Paul. On ne le connaissait pas beaucoup. Il refusait toujours d'être pris en photo», a déclaré une autre amie.

M. Tshiany, 30 ans, s'est rendu à la police de Laval mardi soir, vers minuit. Il a été accusé d'outrage, d'indécence et d'indignité envers le cadavre de sa fiancée.

«Ce n'est pas une accusation portée très souvent», a déclaré Jonathan Meunier, procureur aux poursuites criminelles et pénales. Il est reproché au suspect d'avoir «posé des gestes post-mortem», a poursuivi Me Meunier, sans donner plus de détails.

Selon nos informations, le suspect aurait transporté le corps sans vie de sa fiancée jusqu'à sa chambre, au domicile des Brutus.

Des éléments indiqueraient que le décès de la jeune femme n'aurait pas été causé par les blessures qu'elle portait à la tête.

«On n'exclut pas la thèse de la surdose de drogue. On attend les résultats des examens toxicologiques», a indiqué Daniel Guérin, lieutenant-détective à la police de Laval.

À l'issue de l'autopsie et des examens, de nouveaux chefs d'accusations pourraient être portés contre M. Tshiany.

Les proches sous le choc

Toute la journée, parents et amis des Brutus ont afflué dans le quartier de Vimont, où réside depuis 18 ans cette famille originaire d'Haïti.

«C'est une famille en désolation qui vit une tragédie. Cette situation leur demande beaucoup de réflexion sur la vie», a dit leur pasteur, Eden McGuffie.

Voisin et ami de longue date de Max Brutus, le père de Vayolla, Louis-Ulric Pierre-Paul n'a pas cru son fils lorsqu'il lui a annoncé la nouvelle hier matin, au moment où il allait prendre le bus. «Mon fils est allé au secondaire avec elle. Je ne sais pas comment décrire ça, c'est horrible», a-t-il dit, la gorge serrée.

Tenant dans ses mains la photo de sa défunte nièce, Bernadette Innocent n'arrivait pas à contenir ses sanglots. «C'était une jeune fille douce et heureuse qui n'avait aucun problème», a-t-elle déclaré sur le perron de la maison des Brutus.

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