Les Canadiens qui souhaitent faire partie de la première vague de voyageurs à se rendre à l’étranger une fois les restrictions aux frontières assouplies devraient porter une attention particulière à ce que leur assurance voyage couvrira et ne couvrira pas, préviennent les experts.

Publié le 29 juin 2021
Salmaan Farooqui La Presse Canadienne

Il peut y avoir de nombreuses exemptions de couverture en ce moment, puisque le gouvernement canadien déconseille toujours les voyages non essentiels dans tous les pays étrangers, souligne notamment l’Association canadienne de l’assurance voyage (ACAV).

En particulier, les voyageurs devraient confirmer que leur police couvre l’annulation de voyage et les urgences sanitaires liées à la COVID-19, note le directeur général de l’ACAV, Will McAleer.

« La principale chose à rechercher est que la police offre une couverture même s’il y a un avis aux voyageurs demandant d’éviter tous les voyages non essentiels », a-t-il affirmé.

Selon M. McAleer, la plupart des assureurs ne couvrent actuellement pas les interruptions de voyage qui se produisent avant le départ et qui sont directement attribuables à la pandémie.

En outre, de nombreux fournisseurs modifieront probablement le montant d’indemnisation autorisé pour les réclamations courantes.

Selon lui, de nombreux assureurs ont plafonné les paiements à un plus faible niveau pour les problèmes liés à la COVID-19 et il est possible qu’ils n’offrent qu’une faible indemnité journalière (per diem )dans certains scénarios, plutôt qu’une importante somme globale.

Par exemple, il souligne que certains assureurs plafonnent les indemnités journalières à environ 150 $ pour les personnes qui contractent la COVID-19 et engagent des dépenses liées aux mesures de quarantaine et aux tests.

Une façon de maximiser ce à quoi on a droit est de se faire vacciner, explique M. McAleer.

L’ACAV affirme que certaines compagnies d’assurance imposent déjà des paiements maximums différents pour les personnes en fonction de leur statut vaccinal. M. McAleer ajoute qu’une agence d’assurance qu’il connaît offre un paiement maximum de 5 millions pour une urgence médicale liée à la COVID-19 pour les clients entièrement vaccinés, contre un paiement de seulement 1 million pour ceux qui ne le sont pas.

Même les voyageurs qui sont les plus prudents et font un maximum de vérifications devraient s’attendre à devoir payer certaines sommes de leur poche si leur voyage était perturbé, remarque pour sa part Ian Lee, professeur agrégé à la Sprott School of Business de l’Université Carleton.

« Il y a beaucoup de restrictions en petits caractères », observe M. Lee.

« À quiconque dirait : ‟Je veux juste être complètement assuré, donc si je pars à l’étranger, je ne dépense pas un sou pour rentrer chez moi », je répondrais que je crois que ce n’est pas une attente valable. »

Selon lui, les voyageurs doivent savoir que les compagnies d’assurance peuvent modifier leurs polices sur un coup de tête, et que ces compagnies doivent se protéger contre la prise de trop de risques.

M. Lee estime que le principal risque auquel sont confrontés les voyageurs est la menace de fermetures de frontières. Celles-ci déclenchent habituellement des ruées folles pour les changements de vol qui permettent de rentrer à la maison.

MM. McAleer et Lee affirment tous deux s’attendre à ce que l’assurance voyage revienne à la normale lorsqu’il y aura plus de certitude autour de la fin de la pandémie et lorsque les pays lèveront leurs avis aux voyageurs.

En attendant, poursuit M. McAleer, les consommateurs devraient examiner attentivement les endroits où ils décident de passer leurs vacances, car les situations de sécurité de certaines destinations ont changé.

La pandémie mondiale a engendré une crise économique et une crise sanitaire, souligne-t-il, et il pourrait y avoir une augmentation de la criminalité dans les pays où les conditions économiques se sont détériorées.

« Certaines des destinations qui étaient autrefois très sûres et sécurisées ne le sont peut-être plus », affirme M. McAleer.

« Le monde pourrait être un peu différent là-bas, et les premiers voyageurs pourraient être plus exposés à certains délits mineurs, des vols à la tire et des choses comme ça. »