Ce voyage qui faisait tant rêver doit être reporté. Pour ajouter à la déception, tout est fermé et il faut rester à la maison. La solution ? Voyager en pensée en s’attaquant, enfin, au classement des vieilles photos de vacances.

Marie Tison Marie Tison
La Presse

« La majorité des gens que je vois en consultation ont 25 000, 30 000, voire 40 000 images, raconte Carlos Richer, professeur de photographie au Collège Marsan. Ils n’ont jamais fait de ménage là-dedans, ils n’ont jamais trié les images. Souvent, ils ne les ont même jamais regardées. »

La première étape, c’est de trouver les fameuses photos.

« Les gens mettent les images un peu partout : sur le disque dur, sur un disque externe, dans le cloud, commente M. Richer. C’est le premier problème à régler. Oui, on peut importer nos images, mais dès qu’un des périphériques se déconnecte, ou qu’il se brise, ou qu’on perd un lien parce qu’on a cessé de payer un abonnement, on risque de perdre des images. »

Il recommande donc de télécharger les photos à un seul endroit et d’établir un classement logique dès le début. Ça peut être par catégories : famille, voyage, travail, etc. Ça peut aussi être par dates, mais M. Richer ne le recommande pas. En outre, il arrive souvent qu’on oublie de reprogrammer les dates dans un appareil photo lorsqu’on change les piles. Les images sont alors dotées de dates un peu fantaisistes, comme le 31 décembre 1979. Bien sûr, on peut se rappeler que ce fameux voyage en Thaïlande a eu lieu en 2008, mais il se peut qu’on ne retrouve tout simplement plus les photos de 2008.

Le bon logiciel

« Une fois qu’on a défini une bonne structure de travail, il faut choisir un logiciel pour visualiser les images, affirme Carlos Richer. Il n’y en a pas des tonnes. »

Il y en a un qui vient avec le Mac et qui est donc gratuit, Photos.

« Il va permettre de gérer de façon efficace les images, de les voir, de les retoucher, de changer le cadrage, les contrastes, de faire de petites modifications, indique M. Richer. Ça peut être intéressant pour monsieur et madame Tout-le-Monde. »

Il mentionne qu’on peut trouver un équivalent sur PC, l’Explorateur de fichiers, mais qui est « moins évolué » que Photos.

« Si on veut aller une coche plus loin que ceux-là, il faut aller chercher un logiciel beaucoup plus performant, poursuit M. Richer. Le plus populaire présentement dans le monde, c’est Lightroom d’Adobe. C’est un logiciel complet, qui peut aller avec Mac et PC, qui va des fonctions pour les amateurs aux fonctions pour les professionnels. »

Il s’agence très bien avec Photoshop, qui est un classique de la gestion d’images.

M. Richer note que Lightroom permet de travailler sur des copies des images originales. Ainsi, les débutants et les maladroits ne risquent pas d’endommager ou de détruire les originaux lorsqu’ils font des erreurs.

Il mentionne toutefois que plusieurs reprochent à Lightroom d’être uniquement offert par abonnement. Il n’est plus possible de l’acheter comme auparavant.

« On parle de quelque chose comme 15 $ US par mois pour Lightroom et Photoshop. Ce n’est pas très cher lorsqu’on considère qu’ils coûtaient près de 1000 $ US à l’achat. Mais bien des gens n’aiment pas rester pris avec des abonnements. »

Le spécialiste précise qu’il existe aussi des logiciels qu’on peut acheter, comme ACDsee et ON1 Photo RAW.

Les logiciels de gestion d’images permettent de créer des albums, des diaporamas et des galeries virtuelles. Il est également possible de commander de beaux albums bien réels. On peut jouer avec la mise en page à l’aide des modèles fournis.

« Avec Photos, vous commandez auprès d’Apple alors que Lightroom va passer par Blurb, une plateforme d’auto-édition. Ça sera à peu près la même qualité, le même service, les mêmes prix. »

Imprimer ses préférées

Après avoir confectionné leurs propres livres de photos, les voyageurs qui s’ennuient peuvent également penser à la décoration intérieure et faire agrandir leurs photos préférées.

« Il faut se rappeler que la qualité d’impression est relative à la qualité de l’appareil photo, souligne Carlos Richer. Si vous utilisez un téléphone cellulaire, vous ne pourrez pas agrandir très grand, mais si vous avez pris vos images avec un appareil numérique moderne, il n’y a pas de problèmes. »

On peut faire l’impression dans des chaînes comme Jean Coutu et Costco, dans des magasins de photos comme Lozeau, Gosselin ou Royal Photo, ou encore dans des imprimeries spécialisées pour du haut de gamme

« Il y a des années de travail à faire pour les gens qui ont pris beaucoup de photos, lance M. Richer. Je ne veux pas faire de mauvaise blague, mais avant de passer à travers tout ça, le coronavirus peut avoir des impacts pendant encore longtemps. »

Appel à tous : On veut voir vos photos rétro !

Vous prenez du temps pour trier vos vieilles photos de voyage ? Pourquoi ne pas en présenter quelques-unes aux lecteurs de La Presse ? Ça nous ferait un bel album collectif où se plonger en attendant de refaire notre valise pour vrai. Mais attention ! Ce qu’on veut voir, ce sont vos photos rétro, celles de l’époque du Polaroid ou du flash cube, pour témoigner d’une façon de voyager aujourd’hui révolue. Un road trip dans une tente-roulotte rafistolée, un séjour en Gaspésie (ou à Acapulco) dans les années 70, du camping rustique sous une grosse tente en coton ? Tout est bon ! Il suffit de nous envoyer le tout avec, pour chaque photo, un texte explicatif de 300 mots maximum.