Nourriture étonnante, insectes, longs déplacements, qualité de l’eau, maladies… Un voyage en famille chamboule les habitudes. Mais ça n’a rien d’une mission impossible. Chaque semaine, des experts répondent à une question dans le but de faciliter les escapades avec des enfants.

Maude Goyer
Collaboration spéciale

La question 

Comment gérer les repas en pays étranger lorsqu’on présente aux enfants des aliments qui semblent bizarres, voire repoussants ?

La réponse des experts 

Des bras de pieuvre. Des poissons de toutes sortes. Des fruits exotiques. Des huîtres. De la paella avec des moules. Des plats de fruits de mer. Les enfants de la journaliste et chroniqueuse voyage Isabelle Marjorie Tremblay, âgés aujourd’hui de 9 et 13 ans, ont goûté à tous ces aliments au cours de leurs voyages à l’étranger.

PHOTO FOURNIE PAR ISABELLE MARJORIE TREMBLAY

En voyage avec sa fille Sofia, Isabelle Marjorie Tremblay n’hésite pas à découvrir les spécialités locales. 

« C’est tellement le fun d’incorporer l’aventure culinaire lors d’un voyage avec les enfants », lance la globe-trotteuse. Cela ne veut pas dire que c’est facile ou simple. Les parents doivent (souvent) faire preuve de patience, de persévérance et… d’enthousiasme.

« Nous sommes des modèles pour nos enfants, dit Stéphanie Côté, nutritionniste et mère de deux enfants de 11 et 13 ans. Quand nous-mêmes nous goûtons à quelque chose de nouveau ou de différent, il faut en mettre plein la vue à nos enfants en nous exclamant que c’est bon, qu’on est chanceux, que c’est donc savoureux ! » 

Il est important de rester ouvert et positif si on souhaite influencer les enfants et susciter leur intérêt envers les nouveaux aliments et plats, estime Stéphanie Côté. Un truc ? Préparer toute la famille avant le départ. On peut passer chercher à la bibliothèque des livres qui abordent les habitudes alimentaires du pays qu’on visitera. Encore mieux : on prépare une recette en provenance de notre destination. 

PHOTO FOURNIE PAR MARILOU BÉDARD

Rose, 9 ans, découvre les jus exotiques en Croatie.

« Il faut faire attention de ne pas alimenter une réticence qui n’existe pas, souligne Mme Côté. Les parents ont parfois tendance à penser que certains aliments sont “pour les enfants”… En faisant cela, on leur donne des raisons d’être craintifs. » Isabelle Marjorie Tremblay essaie de contrer cela en se rendant dans les épiceries et en découvrant les spécialités locales… tout en évitant les chaînes de restauration rapide. « Le réflexe peut être d’aller dans un fast-food qu’on connaît pour acheter la paix, dit-elle. Mais on manque vraiment quelque chose si on fait ça ! Il ne faut pas avoir peur du resto de la rue. En fait, s’il y a plein de gens du coin à un établissement, c’est là qu’il faut aller ! » 

Stéphanie Côté est du même avis : se tourner vers des aliments familiers, c’est la dernière solution. « On peut y aller tranquillement, en commandant une assiette pour plusieurs personnes, par exemple », suggère-t-elle. Elle rappelle qu’il faut parfois goûter 10, 15, 20 fois un aliment avant d’en apprécier les saveurs et la texture.

PHOTO FOURNIE PAR CHARLOTTE MARCHESSEAULT

Maeva, 1 an, mord avec gourmandise dans un épi de maïs grillé. 

Et si notre enfant ne veut absolument rien savoir ? On peut se tourner vers des variantes locales de valeurs sûres qu’on connaît, comme des plats à base de riz, des pâtes ou du pain. « Pas de panique si les habitudes alimentaires de notre enfant sont bousculées pour une semaine ou deux, indique Mme Côté. Cela ne menace pas sa santé ! »

Au bout de quelques jours, si on ne met pas de pression et qu’on demeure positif face à la nouveauté, notre petit gourmet va peut-être emboîter le pas… et se laisser tenter. « On le félicite et on renforce ses efforts en insistant sur son esprit de grand voyageur et d’aventurier », dit Stéphanie Côté.

Anecdotes de parents... 

On a voyagé pendant trois mois avec notre fille de 9 mois au Japon, aux Philippines et en Indonésie. Elle adore les biscuits de riz qui goûtent le vieux poisson, selon nous… On doit les cacher car elle ne mangerait que ça !

Charlotte Marchesseault, maman de Maeva, 12 mois 

Notre fille de 2 ans est toujours partante pour tout essayer ! En Grèce, on s’est trompé dans notre commande : au lieu de recevoir un beau filet de poisson, on a reçu des mini poissons entiers panés. Elle en a mangé trois !

Émilie St-Pierre, maman de Stella, 2 ans 

PHOTO FOURNIE PAR MARILOU BÉDARD

Marilou Bédard s’assure de faire manger beaucoup de fruits à ses filles pendant la journée pour qu’elles puissent faire le plein de vitamines. Tant pis si elles mangent des pâtes et du pain le soir !

Notre fils Charles, 6 ans, est le plus difficile de la famille. En voyage, il est plus ouvert aux découvertes. C’est l’aventure ! Cela ne l’a pas empêché, en Alsace, de recracher poliment l’andouillette… J’ai fait exactement comme lui.

Chantal Sanders, mère de Charles, 6 ans, Alexandre, 5 ans, et Ève, 2 ans 

Dans la journée, nous achetons des légumes, des fruits, des yogourts. On s’assure qu’elles auront un peu de vitamines. Au moment du souper, si elles soupent au pain et aux pâtes blanches, je stresse moins !

Marilou Bédard, maman de Rose, 9 ans, et Alice, 5 ans