La survie d’un individu dépend de trois facteurs : sa volonté de vivre, ses connaissances et le matériel qu’il possède. Si l’on ne choisit pas le moment où l’on se retrouve en pareille situation, au moins peut-on s’y préparer pour mettre toutes les chances de son côté. Voici comment.

Audrey Ruel-Manseau Audrey Ruel-Manseau
La Presse

La feuille de l'ange gardien

PHOTO EDOUARD PLANTE-FRÉCHETTE, LA PRESSE

Bien remplie, la feuille de l’ange gardien peut nettement faciliter la localisation d’un randonneur perdu en forêt.

« Quoi que vous fassiez comme activité extérieure, il faut toujours remplir la feuille de l’ange gardien », indique Alexandre Coser, guide de survie au Centre d’activité nature Kanatha-Aki.

La feuille de l’ange gardien consiste en un formulaire sur lequel on inscrit son nom, ce qu’on porte, ce qu’on possède dans son sac, son itinéraire prévu, son heure de retour approximative, etc.

On donne cette feuille ou on l’envoie par courriel à un proche, qui pourra transmettre ces informations aux autorités en cas de disparition.

« Si c’est bien rempli, normalement, on vous retrouve en moins de 24 heures », témoigne l’expert.

Le matériel 

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Un couteau à lame épaisse capable de couper de grosses branches est à privilégier.

Les trois essentiels qui devraient en tout temps se trouver dans son sac de randonnée ou même dans son coffre à gants : un sifflet, un couteau et une pierre à feu. Trois coups de sifflet signifient « au secours ».

Les Fox 40 et Epic Traveller sont parmi les meilleurs sur le marché, ils atteignent 120 décibels et sont audibles à 2 km à la ronde.

Pour le couteau, mieux vaut opter pour une lame épaisse et non rétractable, qui résistera aux coups durs comme la coupe de grosses branches.

La pierre à feu, contrairement au briquet et aux allumettes, résiste aux intempéries et permet d’allumer un feu n’importe où.

Les priorités

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Alexandre Coser, l’instructeur-guide qui dirige le stage de survie Héli-Extrême de Kanatha-Aki, montre aux participants comment bien vider et nettoyer une truite.

Quatre lettres sont à retenir pour se rappeler l’ordre des priorités : P-S-E-N (protéger, secours, eau et nourriture). D’abord, se protéger.

« C’est égoïste, mais en survie, il faut s’aider soi-même avant d’aider les autres », témoigne le guide expérimenté.

Ensuite, il faut appeler les secours en faisant du bruit, en se rendant visible, notamment grâce à des vêtements voyants.

Le besoin d’eau viendra rapidement, un humain peut survivre un maximum de trois jours sans eau, selon l’environnement.

Puis, la nourriture. Elle est moins importante que l’eau, car un humain peut survivre trois semaines sans manger.

Des objets utiles

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Lingettes d’alcool, antigel pour les serrures de voiture, ficelle de coton, vaseline ainsi que rouge ou baume à lèvres (qui contiennent du pétrole) sont tous de bons combustibles pour faciliter l’allumage d’un feu, au même titre que le ruban adhésif en toile (duct tape), inflammable.

Plusieurs objets ont des propriétés insoupçonnées en survie. Le désinfectant pour les mains — le Purell, par exemple — contient de l’éthanol et peut à lui seul produire de la chaleur en se consumant.

Les lingettes d’alcool d’une trousse de premiers soins, l’antigel pour les serrures de voiture, la ficelle de coton, la vaseline ainsi que le rouge ou baume à lèvres (qui contiennent du pétrole) sont tous de bons combustibles pour faciliter l’allumage d’un feu, au même titre que le ruban adhésif en toile (duct tape), inflammable, qui fera aussi de très bons pansements.

Un tampon hygiénique avec applicateur peut servir de paille filtrante. Le coton du tampon peut protéger une ampoule, une blessure ou servir de combustible.

Des boules de ouate ou du coton enduits de vaseline s’enflamment instantanément. C’est léger et facile à transporter.

Le téléphone portable

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Le téléphone cellulaire est indispensable lors d’un séjour en forêt ou d’une randonnée, et ce, même si l’on ne souhaite pas l’utiliser, car il peut nous sauver la vie de plusieurs façons.

Mieux vaut l’éteindre et l’apporter que de le laisser derrière si l’on veut profiter des bois pour « se débrancher ». Le téléphone cellulaire peut nous sauver la vie.

D’abord, si on a du signal, on peut appeler les secours au *4141 (Sûreté du Québec, là où le 911 ne fonctionne pas). L’essentiel à dire le plus rapidement possible est : « Je suis perdu, localisez mon téléphone. »

Par ailleurs, le GPS intégré de l’appareil permettra aux secours de le localiser ; même sans réseau, quand la pile est à plat, la géolocalisation continue de fonctionner plusieurs heures.

Le téléphone a d’autres utilités, ajoute Alexandre Coser : « Un coup de couteau au dos du téléphone, directement dans la pile, vous aidera à allumer un feu. La vitre est un miroir qui peut servir à signaler votre présence. C’est aussi très tranchant. La plaque magnétique est résistante et peut être convertie en pointe de flèche. »

Les connaissances

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Le guide de vie et survie en forêt et Aventure et survie – Le guide pratique de l’extrême, deux livres que recommande Alexandre Coser.

Le guide de survie a lu plusieurs ouvrages de référence et en a testé les conseils et les recommandations.

Parmi tous les titres, il recommande Le guide de vie et survie en forêt et Aventure et survie – Le guide pratique de l’extrême. 

« J’en ai vu beaucoup. Des fois, c’est à se demander si les auteurs ont testé ce qu’ils conseillent. Ces deux-là sont très bons et les trucs fonctionnent. » 

Il met en garde contre les ouvrages d’autres pays. Par exemple, un ouvrage de survie français dira que la mousse ne pousse que sur une face des roches et indique le nord.

« C’est vrai en Europe, mais pas au Québec. Alors il faut être prudent avec ce qu’on lit », prévient le guide.