La crise provoquée par la propagation du coronavirus contraint les croisiéristes à donner un sérieux coup de barre à leurs politiques d’annulation. Et l’appel lancé par le gouvernement canadien exhortant à éviter les bateaux de croisières risque de compliquer les choses pour les voyagistes.

Sylvain Sarrazin Sylvain Sarrazin
La Presse

« Pour moi, le gouvernement a eu une réaction excessive. Il y a 500 000 passagers qui embarquent sur 200 navires chaque semaine. En six semaines, il est arrivé deux situations de crise, à bord du Diamond Princess et du Grand Princess, sur plus d’un millier de possibilités », annonce d’emblée Guy Bergeron, propriétaire de Croisières pour tous, une agence de voyage québécoise spécialisée dans ce type de séjours, qui dit observer environ 10 % d’annulations pour le mois de mars. Son entreprise reste pour l’instant dans l’expectative.

« Les croisières, ce n’est pas comme un tout inclus, ça se vend longtemps en avance, pas à la dernière minute. C’est une crise nouvelle et on est comme le gouvernement : on ne sait pas trop quoi faire avec et on réagit au cas par cas. Pour le moment, on répond aux questions des clients et on les informe sur les politiques des compagnies. »

Ces dernières ont d’ailleurs largement assoupli leurs règles pour accommoder les croisiéristes qui suivraient les recommandations lancées lundi par les autorités de la santé publique. La majorité d’entre elles permettent désormais de conserver le crédit d’un séjour et de le reporter dans les deux années à venir, et ce, avec un délai de préavis minimum de 72 ou 48 heures avant le départ. En temps normal, la plupart des compagnies de croisières refusent les annulations demandées moins de 90 jours avant le lancement de la croisière. « C’est un avantage intéressant, parce que les politiques d’annulation ne sont pas très flexibles. Des contrats et des ententes ont déjà été pris, alors ce report peut faciliter les choses », souligne Marc Leclerc, propriétaire de Croisières Amarc, une autre agence proposant exclusivement des séjours sur bateau.

« Ceux qui ont une assurance annulation pourront s’en prévaloir. C’est le message qui va sortir de tout ça : quand vous achetez un voyage, achetez-vous une bonne assurance », lance M.  Leclerc.

Par ailleurs, une conférence des croisières est programmée le 4 avril à Longueuil, réunissant plusieurs grands noms de l’industrie. Au moment de publier, l’événement est toujours prévu, mais les organisateurs se demandent toutefois s’il est responsable de réunir une foule de participants en ces temps troublés. « Les gens auraient justement des questions à ce sujet pour les croisiéristes. Pour l’instant, c’est encore au programme », indique Marc Leclerc.